Voyages à travers le cinéma français – Cinéastes oubliés ou méconnus

Comme pour ses cinéastes de chevet, Bertrand Tavernier consacre deux épisodes de sa série documentaire Voyages à travers le cinéma français à des réalisateurs oubliés ou méconnus. L’exercice qui consistait à distinguer les premiers des seconds était délicat et l’emmena à faire des choix arbitraires. Nous avons donc jugé opportun de vous livrer notre synthèse des épisodes 6 et 7 dans une unique publication.

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Andreï Roublev – L’art pictural pour témoin

Andreï Roublev (1966) est le deuxième long-métrage réalisé par Andreï Tarkovski après L’enfance d’Ivan, un premier essai très remarqué quatre ans plus tôt. L’ambition démesurée qui anime cette œuvre cinématographique installera définitivement le cinéaste russe parmi les très grands maîtres du 7ème art.

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Rétrospective Tarkovski – du grand, du très grand cinéma

La cinémathèque française a consacré une rétrospective à Andrei Tarkovski, en Juillet. Dans le cadre de différents partenariats, cette rétrospective trouve également écho dans des salles d’art et essai, comme par exemple celle du cinéma TNB à Rennes. Nous ne pouvons que vous enjoindre à redécouvrir ou à découvrir, au travers de 5 copies de son oeuvre restaurées, l’immense talent de Tarkovski, à classer assurément parmi les plus grands cinéastes, toute époque confondue.

Les films projetés sont l’enfance d’Ivan, Solaris, le miroir, Andrei Roublev, et Stalker.

Nous ferons évoluer cet article sous peu, avec nos avis sur chacun de ses films, mais commençons avec Stalker, un récit initiatique très étrange et très inspiré.

Stalker

Stalker propose un scénario complexe et simple à la fois. Son rythme est très particulier, parfaitement étudié. Le spectateur embarque avec un homme dont l’identité apparaît très floue vers une Zone dont l’évocation même n’est pas sans nous rappeler le goût de la science fiction mystique de Tarkovski, que nous avions découverts avec Solaris.

Le cinéma de Tarkovski est différent de tout autre cinéma, il est presque impossible de le rapprocher d’un autre auteur, tant il propose ses propres formes. Stalker n’échappe pas à cette règle. Là où de nombreux réalisateurs excellent en multipliant, ou plus exactement, en additionnant les qualités artistiques- la photographie, le son, la lumière, le scènario, la peinture… Tarkovski, lui,  se distingue en ce que son art n’est pas un mélange dont on devine les couleurs primaires, n’est pas une composition  bien sentie. Il emprunte évidemment à la poésie de son père, qu’il entremêle de réflexions philosophiques de haute volée, il use sans cesse de symbôles et en convoquent de nouveaux, réels ou imaginaires, il excelle dans l’alternance entre silences, dialogues, jamais anodins.

Tout se répond presque magiquement, images et sons, réflexions et décors. Jamais le spectateur ne peut lire les expressions, à aucun moment Tarkovski ne choisit un chemin pour lui, bien au contraire, il fait le choix permanent de l’impression. Il illusionne, intrigue, étourdit, entretient un mystère plannant, à la frontière de quelque chose de quasi indicible.

Stalker est résolument à la frontière de. Il est sans genre. Impossible d’y voir un film de science fiction, un film religieux, un film angoissant. Il n’est rien de tout ceci, et un peu de tout cela tout à la fois. Il questionne, perturbe, éveille les sens et la réflexion.

Les éléments sont comme toujours dans les films de Tarkovski au centre même du projet. L’eau, la terre dominent ici sur le feu et l’air, présents par ailleurs,  rappelant que Tarkovski fils se destinait à devenir géologue.

Les images et les cadres sont particulièrement soignées, les décors parlent et se confondent parfaitement avec les discours des personnages.  Les mots prononcés ne semblent jamais provenir des personnages en tant qu’individus, mais bien plus d’un au-delà autrement plus symbolique, d’une Force régnante, qui nous semble tenir tout à la fois de la création, divine ou non, de l’âme russe, des tourments relatifs à la question vitale, qu’ils prennent forme de philosophie ou de poésie.

Stalker tout entier exprime un sentiment mélancolique, profond, lyrique et angoissé. Sa forme n’est ni théatrale ni littéraire, quoi que placée sous l’égide de la poésie, elle n’obéit pas plus à une aspiration chorégraphique, ou à une recherche picturale.

Pourtant il s’agit assurément d’une figure de style totale, que l’on ne peut que nommer Cinéma.

Andrei Roublev

Andreï Roublev – L’art pictural pour témoin

Max Ophüls – L’Amérique teintée de noir

Max Ophüls

Du 29 novembre et jusqu’au 31 décembre 2017, Max Ophüls est à l’honneur à la Cinémathèque française.  Bien connue des cinéphiles, l’œuvre du réalisateur est fréquemment citée en exemple d’élégance et de maîtrise. Le Mag cinéma s’est donc creusé la tête pour trouver une approche qui lui permettrait de couvrir cet évènement avec un minimum d’originalité. Face aux nombreux chefs-d’œuvre réalisés par Ophüls en France et en Allemagne, nous avons choisi de nous arrêter sur des productions plus intimes mais non moins essentielles correspondant à la courte période américaine du réalisateur.

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ArteKino Festival dévoile sa sélection !

La seconde édition d’ArteKino Festival se déroule du 1er au 17 décembre. Dès demain après-midi vous pourrez visionner gratuitement sur la plateforme du festival cinq films (si vous êtes en France), 8 films (si vous êtes en Allemagne) et davantage encore si vous êtes dans un autre pays européens – 45 territoires sont concernés par l’opération ArteKino Festival cette année. Les dix films de la sélection seront projetés à la Cinémathèque française. Certains films seront également projetés dans d’autres salles parisiennes – Le Christine21, Les 7 Parnassiens – dans plusieurs salles en France (à Strasbourg, Amiens, Caen, Saint-Etienne…) et dans quelques villes européennes : Berlin, Londres, Bucarest, Madrid, Sarajevo.

La sélection :

Bright Nights* (Helle Nächte) de Thomas Arslan (Allemagne-Norvège, 2017)

Chevalier* de Athina Rachel Tsangari (Grèce, 2015) photo en tête de texte

Colo* de Teresa Villaverde (Portugal-France, 2017)

Godless* (Bezbog) de Ralitza Petrova (Bulgarie-France, 2016)

Scarred Hearts (Inimi cicatrizate) de Radu Jude (Roumanie-Allemagne, 2016)

The Giant*(Jätten) de Johannes Nyholm (Suède, 2016)

The Last Family (Ostatnia rodzina) de Jan P. Matuszynski (Pologne, 2016)

Soleil battant de Laura et Clara Laperrousaz (France, 2017)

Living and Other Fictions (Vivir y otras ficciones) de Jol Sol (Espagne, 2016)

Frost de Sharunas Bartas (Littuanie-France-Ukraine-Pologne, 2017)

Un magazine pour les cinéphiles