Under the silver lake, hyper pop et scoubidouesque

À Los Angeles, Sam, 33 ans, sans emploi, rêve de célébrité. Lorsque Sarah, une jeune et énigmatique voisine, se volatilise brusquement, Sam se lance à sa recherche et entreprend alors une enquête obsessionnelle surréaliste à travers la ville. Elle le fera plonger jusque dans les profondeurs les plus ténébreuses de la Cité des Anges, où il devra élucider disparitions et meurtres mystérieux sur fond de scandales et de conspirations.

Under the silver Lake est un délire permanent dans l’ensemble jouissif. David Robert Mitchell s’en donne à cœur joie et cherche à prouver que parfois « less is NOT more« . Le génial réalisateur américain de The myth of the American sleepover et it follows sait prendre des risques, et il le prouve une fois de plus en changeant de  stratégie:  il ne s’agit plus de tendresse, ou de suggestion elliptique, exit l’histoire collective d’une bande d’adolescents – quoi que les acteurs soient de nouveau conviés, ou que Robert Mitchell s’amuse à diffuser The myth of the American sleepover dans un cinéma de plein air hollywoodien-, non cette fois, il s’agit ostensiblement de démultiplier les chemins du scénario, à l’infini quitte à flirter avec le style auto-parodique.

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Le poirier sauvage : Nuri Bilge Ceylan poursuit son oeuvre

Passionné de littérature, Sinan a toujours voulu être écrivain. De retour dans son village natal d’Anatolie, il met toute son énergie à trouver l’argent nécessaire pour être publié, mais les dettes de son père finissent par le rattraper…

Le poirier sauvage s’inscrit dans la continuité de l’oeuvre de Nuri Bilge Ceylan, qui film après film, dresse des portraits et des tableaux qui se répondent les uns aux autres, se confrontent ou se prolongent. Lorsque nous l’interrogeons en conférence de presse sur ses secrets de fabrication, il nous avoue longuement et humblement, qu’il n’en a pas plus que cela, qu’il cherche la précision, à toute étape,   dans toutes les composantes de son cinéma, qu’il recherche tout simplement l’inspiration en permanence là où son histoire l’emmène. Il cite facilement son attrait pour Doistoievski, ou Tchekov; mais nous pourrions tout aussi bien rapprocher son travail de celui d’un Zola (Les Rougon Macquart) ou d’un Balzac (La comédie humaine)  qui accorderait une large place à l’impression, au visuel [dit autrement au cinéma], tant son regard semble se fixer sur l’homme d’une manière générale, inscrit dans une contemporanéité: une temporalité à la frontière entre tradition et modernité, un pays et une géographie que le maître connait, puisqu’il s’agit de la Turquie. A contrario d’Hugo, il fait évidence que quand Bilge Ceylan nous parlent des autres, il nous parle de lui, de ce qu’il observe, de ce qu’il connaît, de ce qui l’intéresse, le nourrit, et de ce qu’il ressent et pense.

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Les versets de l’oubli – Article 1er : Ne pas oublier

En 2017, Les versets de l’oubli a notamment été présenté dans la sélection Orizzonti de la Mostra de Venise. Son auteur, Alireza Khatami, y a remporté, entre autres, le prix FIPRESCI et celui du meilleur scénario. Dans ce premier long-métrage, le réalisateur aborde les thèmes de la disparition et de l’oubli sous couvert d’un réalisme teinté de poésie. L’absence d’ancrage contextuel et temporel fort rend l’histoire racontée universelle à tous les pays connaissant ou ayant connu un régime dictatorial.

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Ocean’s 8: sans originalité, mais plaisant

Sur le papier, on pouvait s’attendre au pire. Que Gary Ross, réalisateur du très laid Hunger Games, décide de s’attaquer à l’élégante franchise Ocean’s pour remplacer tous les personnages par des nouveaux  (féminins cette fois-ci) ne laissait présager rien de bon. 

On pouvait aussi s’interroger sur la pertinence du titre. A qui Ocean allait-il bien pouvoir référer si le personnage de George Clooney n’était plus de la partie ? La pirouette scénaristique est simple, mais efficace: Debbie Ocean (Sandra Bullock), soeur de Daniel, est la nouvelle protagoniste. A peine sortie de prison, et en hommage à son frère décédé – choix surprenant et audacieux des scénaristes, qui au moins tuent dans l’oeuf l’idée d’un potentiel futur crossover -, elle décide de retrouver son ancienne partenaire de magouilles (Cate Blanchett) pour monter une équipe… Et effectuer le vol ambitieux d’un bijou Cartier lors d’un prestigieux défilé de mode.

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