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#Gerardmer2023: Notre journal critique

Nous vous proposons un journal critique des films vus lors du festival du film fantastique de Gérardmer 2023.

L’échelle de notation qui est appliquée est la suivante:

–       très mauvais film
*         film passable
**       bon film
***     très bon film
****   excellent film
***** chef d’œuvre


Séances spéciales

Soirées d’inauguration et de clôture

Les cérémonies d’inauguration et de clôture sont suivies de la projection d’un film en avant-première

Ouverture – Blood de Brad Anderson

Avec Michelle Monaghan, Skeet Ulrich, Finlay Wojtak-Hissong, June B. Wilde, Skylar Morgan Jones

Après un divorce compliqué, Jesse emménage avec sa fille et son jeune fils Owen dans une vieille ferme. Peu de temps après, Owen est mordu violemment par un chien. À l’hôpital, il se réveille avec une étrange soif de sang. Sa mère fera tout pour lui en procurer et le maintenir en vie.

Notre avis:

Que s’est-il passé entre The Machinist en 2005 et Blood ? Brad Anderson nous dépeint une histoire vampirique sans réelle ambition ni tension voire aucun sursaut. Chaque scène théoriquement horrifique est plutôt à la limite du risible tant cela s’avère ridicule. Par ailleurs, le film se résume à un mot « prévisible » concernant les jumpscare et le dénouement.


Clôture – Knock at the Cabin de M. Night Shyamalan

Avec Dave Bautista, Jonathan Groff, Ben Aldridge, Nikki Amuka-Bird, Kristen Cui, Abby Quinn, Rupert Grint

Alors qu’ils passent leurs vacances dans un chalet isolé en pleine nature, une jeune fille et ses parents sont pris en otage par quatre étrangers armés qui exigent d’eux un choix impossible afin d’éviter l’imminence de l’apocalypse. Alors qu’ils n’ont pratiquement aucun moyen de communication avec le reste du monde, ils vont devoir seuls prendre et assumer leur décision.

Notre avis: ***

M. Night Shyamalan reste un génie de la tension narrative et cela se retrouve dans le huit clos Knock at the Cabin où jusqu’à la fin du film, le spectateur doute de la véracité des événements racontés par ces quatre inconnus. Nous nous positionnons du point de vue des protagonistes dans la maison avec des plans séquences subjectifs et de nombreux gros plans montrant les émotions de tous les personnages. Par ailleurs, le spectateur entre véritablement dans le jeu de la vérité et ne connaît pas les prochaines péripéties. Ainsi Knock at the Cabin délivre un message d’humanité puisque pour la sauver, il faut faire preuve d’abnégation.


Compétition longs métrages

The Nocebo Effect de Lorcan Finnegan

Avec Eva Green, Mark Strong, Chai Fonacier, Billie Gadsdon, Cathy Belton

Une créatrice de mode est soudain frappée par une mystérieuse maladie qui déconcerte ses médecins et contrarie son mari. Mais l’arrivée d’une nurse philippine, adepte de la médecine locale traditionnelle, révèle la terrifiante origine du mal qui la frappe.

Notre avis:


La Montagne de Thomas Salvador

Avec Thomas Salvador, Louise Bourgoin, Martine Chevallier, Laurent Poitrenaux, Andranic Manet, Sylvain Frendo, Catherine Lefroid, Lucie Vadot, Alexandre Marchesseau, Adam Pouilhe

Pierre, ingénieur parisien, se rend dans les Alpes pour son travail. Irrésistiblement attiré par les montagnes, il s’installe un bivouac en altitude et décide de ne plus redescendre. Là-haut, il fait la rencontre de Léa et découvre de mystérieuses lueurs.

Notre avis:


Hors compétition

King on Screen de Daphné Baiwir (documentaire)

Avec Frank Darabont, Mick Garris, Taylor Hackford, Mike Flanagan, Scott Hicks, Tom Holland, Tom McLoughlin

Une plongée intimiste dans l’univers de Stephen King auprès des réalisateurs qui ont adapté ses livres à l’écran, pour comprendre comment tant de ces films ont eu un impact si crucial dans l’histoire du cinéma, élaborant notamment sur son conflit avec Stanley Kubrick, l’influence de sa femme Tabitha sur son travail ou encore la place qu’il a acquise dans la pop culture actuelle.

Notre avis: ***

L’univers fantastique et horrifique de Stephen King se prête volontiers au cinéma si bien que certains nombres de ses romans ont été adaptés en film. King on Screen retrace l’impact de ces œuvres cinématographiques dans le monde du point de vue de leur réalisateur. S’agissant pourtant d’un documentaire, le film de Daphné Baiwir commence et se termine en fiction par rapport à différents éléments des livres de Stephen King facilement reconnaissable pour le public. La réalisatrice rend un véritable hommage à cet écrivain notoire par le biais de références, de secrets de tournage… En revanche, le point de vue des lecteurs et spectateurs aurait été interessant dans ce film.


En plein feu de Quentin Reynaud

Avec Alex Lutz, André Dusollier

Alors qu’un incendie de forêt ravage la région depuis des semaines, Simon, 41 ans, et son père Joseph, 74 ans, doivent quitter leur maison et prennent la route suite aux alertes d’évacuation. Mais le vent se lève, rendant le feu impossible à contrôler. Prisonniers de leur véhicule et seuls dans une forêt transformée en brasier géant, Simon et Joseph réussiront-ils à s’en sortir ?

Notre avis: **

Bien qu’En plein feu ait été tourné un an avant les événements destructeurs de 2022, il pourrait s’apparenter au film d’anticipation puisque le récit se déroule durant un incendie ravageur dans les Landes. Quentin Reynaud met ici en scène les remarquables et émouvants Alex Lutz et André Dusollier oppressés et encerclés par les flammes – particulièrement réaliste et avec une photographie méticuleuse -presque dans un huit clos introspectif. Toute cette tragédie devient alors l’occasion pour les protagonistes de réfléchir sur la relation père-fils qu’ils entretiennent et également celle que Simon (Alex Lutz) tente de renouer avec son propre fils.


Thématique Gémellité


Faux-semblants de David Cronenberg

Avec Jeremy Irons, Geneviève Bujold, Hedi von Palleske, Barbara Gordon, Shirley Douglas

Deux gynécologues réputés sont des jumeaux qui partagent tout : leur appartement, leur clinique et les femmes. Lorsque l’un des deux jumeaux tombe amoureux d’une nouvelle patiente, il refuse de la « partager ». C’est le début d’une descente vers la folie.

Notre avis: ***

Véritable maitre de l’horreur, David Cronenberg signe en 1988 un film légèrement plus doux. En effet, moins de sang mais davantage de psychologie avec le transcendant Jeremy Irons jouant deux jumeaux fortement liés mais sensiblement opposés. Faux-semblants développe les dangers de l’auto-médication jusqu’à devenir une drogue. La folie ainsi que les expérimentations chirurgicales à outrance entrainent les personnages à commettre l’irréparable.


Trouble d’Harry Cleven

Avec Benoit Magimel, Natacha Régnier, Nathan Lacroix, Olivier Gourmet, Hanna Novak

Matyas partage une existence heureuse avec Claire, enceinte de huit mois, et son petit garçon, Pierre. Matyas est orphelin depuis l’âge de six ans et n’a gardé aucun souvenir de sa petite enfance. Un jour, il apprend à la fois le décès de sa mère qu’il croyait morte depuis longtemps et l’existence de son frère jumeau, Thomas.

Notre avis:


Bienvenue à Gattaca d’Andrew Niccol

Avec  Ethan Hawke, Uma Thurman, Jude Law, Gore Vidal, Xander Berkeley, Elias Koteas

Gattaca est un centre d’études spatiales pour des jeunes gens au patrimoine génétique parfait. Afin de réaliser son rêve de voyager dans l’espace, Vincent au cœur fragile prend l’identité de Jérôme, candidat idéal, qui a vu sa vie détruite par un accident…

Notre avis:


Compétition courts métrages

Il y a beaucoup de lumière ici de Gonzague Legout

Avec David Massot, Anastasiya Massot, Nataliya Piontek, Mykhaylo Pavlov, Katsiaryna Taletskaya, Andrei Taletski, Yosvany Rodriguez Pena, Marcelo Rodriguez

Tandis que dehors une menace mortelle approche, la troupe d’un cirque se prépare à jouer son dernier spectacle.

Notre avis: ***

Malgré la courte durée de ce film et aucun dialogue, les images expriment la beauté de la vie. Il y a beaucoup de lumière ici de Gonzague Legout est une leçon d’humanité dans la mesure où cette troupe de cirque continue de jouer même sans public, l’ombre devient la lumière. Le noir et blanc, le format pellicule, la musique forment un tout cohérent et poétique.


Les Algues maléfiques d’Antonin Peretjatko

Avec Alma Jodorowsky, Pauline Chalamet, Esteban, Clarisse Lhoni-Botte, Fred Tousch

Bretagne. Algues vertes. Des promeneurs disparaissent…

Notre avis: *****

Un véritable plaisir de regarder Les Algues maléfiques d’Antonin Peretjatko empreint de fraîcheur, d’humour noir, de codes du film de zombie et d’actualité. En effet, la boucle au début et à la fin du récit révèle le parfait ficelage du scénario et celui-ci nous fait rire à chaque instant. Si un prix du public avait pu être décerné aux courts métrages, ce film l’aurait emporté haut la main étant donné que les spectateurs étaient généreux envers Les Algues maléfiques malgré les attaques explicites sur l’environnement, l’écologie, la pandémie et la différence.


Growing d’Agata Wieczorek

Avec Dominika Walo, Viktoria Zmysowska, Micha Wodarczyk, Angelika Korzeniowska

La vie d’Ewa est apparemment monotone, mais la bande-son qui l’accompagne crée une véritable cacophonie. Au premier plan, il y a les appels d’une mère lancinante ou les tirades d’infirmières enseignantes faites sur un ton robotique. Exposée à un mélange de bons conseils, d’interdictions et de bêtises conservatrices, l’esprit d’Ewa commence à lui jouer des tours.

Notre avis: **

Agate Wieczorek nous emmène avec Growing dans l’ivresse hospitalière du point de vue d’une jeune infirmière en maternité qui apprend tous les gestes et soins durant un accouchement. Cet enseignement s’effectue auprès de poupées et mannequins ce qui renforce la monotonie de la vie d’Ewa (Dominika Walo) si bien qu’elle s’ombre peu à peu dans la dépression.


Les Racines sauvages de Nicolas Millot

Avec Anthony Martin, Jehanguir Byramjee

Adam, un jeune chasseur, est persuadé qu’un danger rôde dans une forêt en proie à d’étranges phénomènes. Mais lorsqu’un de ses amis y est retrouvé mort, cette crainte devient une certitude. Adam décide alors de retourner dans les bois, déterminé à trouver la source de cette menace.

Notre avis: *

La photographie et les images naturelles sont véritablement remarquables. Cependant, le scénario demeure difficile à assimiler.


La Machine d’Alex de Mael Le Mée

Avec Lomane de Dietrich, Manon Drugmant, Rio Vega

Alex est la seule fille de sa promo de BTS « biomécanique automobile ». Pour son examen de fin d’études, elle a choisi de construire un moteur en chair artificielle. Une nuit, Chloé, qui partage sa chambre d’internat, découvre qu’Alex prend un plaisir singulier à travailler sur sa machine vivante…

Notre avis: ***(*)

Mael Le Mée a pris au pied de la lettre le terme « biomécanique » et l’a représenté de manière visuelle dans son court métrage La Machine d’Alex. Le spectateur oublie presque qu’il s’agit d’un moteur de voiture tant le réalisme des chairs artificielles s’avère irréprochable. À travers cette découverte du fonctionnement de la machine, Alex (Lomane de Dietrich) et son amie (Manon Drugmant), nous y voyons la métaphore de la sexualité voire du refoulement de l’homosexualité, notamment lorsque personne ne semble comprendre les agissements des adolescentes.