Le festival d’Angoulême 2017

Le festival du Film Francophone d’Angoulême (FFA) a été créé par les producteurs Marie-France Brière, Dominique Besnehard et Patrick Mardikian. Il met en avant la francophonie dans le cinéma actuel, et en rappelle l’importance.

Le jury de cette 10ème édition du festival du FFA est présidé par l’acteur, producteur, scénariste et réalisateur John Malkovich.

Les membres du jury sont la journaliste Claire Chazal, le scénariste et réalisateur Lucas Belvaux, les actrices Laura Smet et Stéfi Celma, l’écrivain, dramaturge et scénariste Philippe Besson, le chanteur Raphaël, la productrice Denise Robert et le responsable éditorial à Canal Plus Cinéma Ivan Guyot.

Le jury Étudiant est présidé par l’actrice Cristiana Reali.

L’échelle de notation appliquée est la suivante :

–        très mauvais film

*         film passable

**       bon film

***     très bon film

****   excellent film

***** chef d’œuvre


La compétition

Les dix films en compétition concourent aux quatre prix suivants attribués par le jury :

  • Valois de Diamant
  • Valois de la Mise en scène
  • Valois de l’Acteur
  • Valois de l’Actrice
  • Valois du Scénario
  • Valois René Laloux (meilleur court métrage d’animation)
  • Valois de la Musique

C’est le cœur qui meurt en dernier

d’Alexis Durand-Brault (2016) – IMDb

SynopsisDe job en job, à 47 ans, Julien vivote encore, éternel mésadapté. Mais voilà qu’il vient de publier un récit autobiographique relatant ses souvenirs et sa relation particulière avec sa mère. Révélations troublantes d’une vie familiale où ont pesé de lourds secrets. Et ce roman «C’est le cœur qui meurt en dernier» connait un grand succès.

Sa mère, avec qui il a, depuis des années, coupé les ponts, prisonnière d’une Villa Soleil, ignore encore que son fils ait pu oser raconter l’impensable dans son livre. Sans savoir, elle va chercher à le revoir, renouer contact, racheter le temps perdu, et lui demander de l’aider à «lever le flye», à «achever», ne se doutant pas qu’elle fera ainsi revivre les souvenirs enfouis.

Notre avis () : Pas encore vu

Demain et tous les autres jours

de Noémie Lvovsky (2017) – IMDb

Synopsis : Mathilde a 9 ans. Ses parents sont séparés. Elle vit seule avec sa mère, une personne fragile à la frontière de la folie. C’est l’histoire d’un amour unique entre une fille et sa mère que le film nous raconte.

Notre avis (-) : Dans la scène d’introduction de Demain et tous les autres jours, Noémie Lvovsky s’interroge sur la syntaxe d’une question quelle vient de poser à son interlocuteur. Au-delà de cette première scène déjà maladroite, nous aurions davantage préféré voir la réalisatrice s’appesantir sur la grammaire cinématographique. A la bassement descriptive voix-off qui hante le début du film, succède un autre procédé exaspérant, celui d’un animal domestique qui parle… L’heureux élu est ici un hibou détenteur de la vérité et fidèle dicteur des actions que la jeune « héroïne » (Luce Rodriguez, agaçante) s’empressera de réaliser. En tête d’affiche, Mathieu Amalric et Anaïs Demoustier devront se contenter d’une brève apparition en fin de métrage, le premier nommé étant gratifié de la désormais traditionnelle (et toujours aussi laide) scène via Skype. Mal « écrite » la fable onirique voulue vire très rapidement au non-sens dont le seul foisonnement est celui de scènes inutiles. Comme le chante William Sheller, « Maman est folle, on n’y peut rien » mais chez Noémie Lvovsky rien ne nous console…

Et au pire, on se mariera

de Léa Pool (2017) – IMDb

SynopsisComme l’enfer, l’amour est pavé de bonnes intentions. Et au pire, on se mariera, c’est l’histoire d’Aïcha, de ceux qui l’aiment, de cet amour qui dévore et qui détruit. Seule avec sa mère Isabelle, Aïcha ne pardonne pas à celle-ci d’avoir mis à la porte son beau-père algérien qu’elle adorait. Elle espère toujours qu’il reviendra la chercher. Lorsqu’elle rencontre Baz, un gars qui a le double de son âge, c’est le coup de foudre, le vrai, le fort, celui qui fait mal. Lui ne veut qu’aider cette jeune fille qui semble perdue mais elle désire bien plus de lui et elle est prête à tout pour l’obtenir. Suivre Aïcha, c’est entrer dans un labyrinthe pour s’y perdre autant qu’elle…

Notre avis () : Pas encore vu

Frontières

de Apolline Traoré (2017) – IMDb

Synopsis : Adjara, Emma et Sali se rendent à Lagos. Les trois femmes se rencontrent dans un bus sur le trajet Bamako, Cotonou via Ouagadougou. Le voyage est un parcours de combattants. Elles subissent des pannes de voitures, affrontent des coupeurs de routes et sont témoins de vols entre passagers.

Mais leur pire cauchemar reste le franchissement des frontières où elles sont exposées à la corruption, aux violences faites aux femmes et au trafic. Pour s’en sortir, Adjara, Emma et Sali sont obligées de se serrer les coudes et de prendre soin les unes des autres.

Notre avis (*) : Dans Frontières, Apolline Traoré s’empare de combats au féminin depuis le Sénégal au fil d’un périple d’une durée inconnue et dont la destination finale ne nous sera révélée qu’à mi-parcours. Le film échappe ainsi à un aspect programmatique toujours redouté mais n’évite pas une certaine répétitivité au fil des frontières franchies. Si la réalisatrice prend soin de ménager une progressivité dans la tension des événements mis en images, cette tension peine à perdurer à cause d’un récit trop didactique composé de problèmes locaux à la résolution nécessairement rapide avant le début de l’étape suivante à destination de la prochaine frontière géographique. Les motivations avancées par le film ne seront révélées qu’en fin de film par le biais d’un récit en voix-off. Le choix d’introduire au moins partiellement ces motivations en début de métrage aurait été une bonne alternative.

La belle et la meute

de Kaouther Ben Hania (2017) – IMDb

SynopsisLors d’une fête étudiante, Mariam, jeune Tunisienne, croise le regard de Youssef. Quelques heures plus tard, Mariam erre dans la rue en état de choc. Commence pour elle une longue nuit durant laquelle elle va devoir lutter pour le respect de ses droits et de sa dignité. Mais comment peut-on obtenir justice quand celle-ci se trouve du côté des bourreaux ?

Notre avis () : *

https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=MWUoukJ0xYs

La surface de réparation

de Christophe Regin (2017) – IMDb

SynopsisFranck est, depuis dix ans, l’âme damnée d’un club de foot de province. Vivant de petits trafics le jour et de la surveillance des joueurs la nuit, il rencontre un jour Salomé, maîtresse éconduite d’un attaquant de l’équipe. Ils deviennent amants. Mais Djibril Azembert, vieille gloire du foot français, vient finir sa carrière au club. Entre Salomé, Franck et Djibril, un curieux marivaudage se met alors en place.

Notre avis () : Pas encore vu

Maryline

de Guillaume Gallienne (2017) – IMDb

SynopsisMaryline a grandi dans un petit village. Ses parents ne recevaient jamais personne et vivaient les volets clos. À 20 ans, elle « monte à Paris » pour devenir comédienne. Mais, elle n’a pas les mots pour se défendre. Elle est confrontée à tout ce que ce métier et le monde peuvent avoir d’humiliant mais aussi de bienveillant. C’est l’histoire d’une femme, d’une femme modeste, d’une blessure.

Notre avis (**) : L’une des répliques du nouveau film de Guillaume Galienne indique que les seuls films qui vaillent sont ceux avec une part de mystère. Maryline reste mystérieux sur un point : quel est le propos porté par ce film ? Maryline souffre aussi d’une construction en blocs « narratifs » successifs et parfaitement étanches les uns des autres. Seul le personnage-titre interprété par Adeline d’Hermy (de la comédie française) sert de fil « directeur ». Les rôles secondaires apparaissent dans un bloc narratif pour disparaître à jamais une fois ledit bloc clos. De ce film-épisode, seul le bloc central présente un peu d’intérêt grâce à la présence de Xavier Beauvois et Vanessa Paradis interprétant respectivement un réalisateur et une actrice. Pour le spectateur, il demeure difficile de ne pas rester étranger à ce schéma narratif trop mécanique pour satisfaire.

Money

de Gela Babluani (2017) – IMDb

SynopsisLes temps sont durs pour Danis et Eric, deux amis d’enfance qui peinent à boucler leurs fins de mois en travaillant sur les docks du Havre. Un après-midi, Alex, la sœur d’Eric, assiste inopinément à la remise d’une valise remplie de billets, et décide de suivre l’homme ayant récupéré le pactole. Alex convainc Eric et Danis que cette valise d’argent pourrait changer leurs vies. Les trois amis décident d’aller cambrioler la maison. En arrivant, ils découvrent un homme sur le point de se pendre, Mercier, dont ils ne connaissent ni l’identité, ni l’importance. Un jeu du chat et de la souris au scénario implacable va alors se refermer sur eux et transformer leur nuit en enfer.

Notre avis (**) : Armé de moyens franco-géorgiens limités, Gela Babluani parvient à réaliser un thriller assez convaincant. La description faite du film par Louis-Do de Lencquesaing en ces termes « film fauché de luxe » paraît des plus appropriées. Et, si l’intrigue n’est pas sans faille, elle affiche une certaine complexité preuve d’une attention particulière apportée à l’écriture d’un scénario ne souffrant d’aucun temps mort.

Petit paysan

de Hubert Charuel (2017) – IMDb

SynopsisPierre, la trentaine, est éleveur de vaches laitières. Sa vie s’organise autour de sa ferme, sa sœur vétérinaire et ses parents dont il a repris l’exploitation. Alors que les premiers cas d’une épidémie se déclarent en France, Pierre découvre que l’une de ses bêtes est infectée. Il ne peut se résoudre à perdre ses vaches. Il n’a rien d’autre et ira jusqu’au bout pour les sauver.

Notre avis (***) : Hubert Charuel signe un premier long-métrage très documenté sur le monde de l’élevage de bovins dont il est issu. Petit paysan demeure avant tout une œuvre fictionnelle singulière, un drame rural qui bascule progressivement vers le thriller social et mental. Le film se fait témoin d’une descente aux enfers d’un homme (Swann Arlaud, possible candidat à un Cesar d’interprétation), de la lente agonie de son univers et de sa vie. Petit paysan est un beau film d’auteur réussi, brillant que nous aimons à rapprocher du cinéma de Claire Denis. Un premier long-métrage qui nous rend déjà impatient de voir la prochaine réalisation de ce très jeune cinéaste.

Une famille syrienne

de Philippe Van Leeuw (2017) – IMDb

SynopsisDans la Syrie en guerre, d’innombrables familles sont restées piégées par les bombardements. Parmi elles, une mère et ses enfants tiennent bon, cachés dans leur appartement. Courageusement, ils s’organisent au jour le jour pour continuer à vivre malgré les pénuries et le danger, et par solidarité, recueillent un couple de voisins et son nouveau-né. Tiraillés entre fuir et rester, ils font chaque jour face en gardant espoir.

Notre avis (**) : Comme nous l’a indiqué Philippe Van Leeuw avant la projection de son film, Une famille syrienne n’est pas un film de guerre. La présence de cette dernière se limite à quelques détonations hors cadre. Mais le réalisateur est dans l’erreur quand il indique qu’il s’agit d’un film « sur la guerre » à moins de considérer les agissements d’un sniper comme des actes guerriers qu’ils ne sont pas… Ce film est un drame purement familial en huis clos placé dans un contexte d’une guerre anonyme que seul le titre du film permet de situer en Syrie. Il n’est jamais fait témoignage de la situation syrienne utilisée ici uniquement pour prétexte. Par un évènement d’une lâcheté extrême, Philippe Van Leeuw sacrifie toute possibilité d’empathie envers ses personnages à l’exception de son héroïne centrale victime pour sa part d’une sur-dramatisation confondante. On se réjouit qu’un sniper loupe sa cible mais on ne peut afficher le même satisfecit pour un cinéaste qui loupe aussi la sienne. Mais, nul doute que ce film sera récompensé… pour de mauvaises raisons.


Les avant-premières

Au revoir là-haut

de Albert Dupontel (2017) – IMDb

SynopsisNovembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l’un dessinateur de génie, l’autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l’entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire…

Notre avis (****) : Dans son précédent long-métrage, 9 mois ferme, Albert Dupontel avait réalisé quelques beaux plans-séquences dont celui qui ouvrait le film. Bis repetita dans Au-revoir là haut qui se montre encore plus aérien. La longue séquence liminaire parfaitement réalisée en appelle d’autres qui viendront émailler un film imaginé comme un long flashback narré par le réalisateur-scénariste. A la légèreté qu’affichait 9 mois ferme, Au-revoir là haut répond par un propos plus sombre, plus signifiant mais sachant toujours ménager quelques notes humoristiques dans lesquelles on reconnaît aisément la patte d’Albert Dupontel à nouveau devant et derrière la caméra. En 2014, 9 mois ferme avait été récompensé par deux Cesar. En 2018, Au-revoir là haut pourrait être gratifié d’un même succès et possiblement plus ce qui ne viendrait que justement saluer l’ambition affichée.

Nous reviendrons plus longuement sur Au-revoir là haut lors de sa sortie en salle prévue le 25 octobre prochain.

Bonne pomme

de Florence Quentin (2017) – IMDb

SynopsisGérard en a marre d’être pris pour une bonne pomme par sa belle-famille. Il quitte tout et part reprendre un garage dans un village niché au fin fond du Gâtinais. En face du garage, il y a une ravissante auberge, tenue par Barbara : une femme magnifique, déconcertante, mystérieuse, imprévisible. Leur rencontre fera des étincelles…

Notre avis () : Pas encore vu

C’est tout pour moi !

de Nawell Madani et Ludovic Colbeau-Justin (2017) – IMDb

SynopsisDepuis toute petite, Lila veut devenir danseuse, n’en déplaise à son père. Elle débarque à Paris pour réaliser son rêve… Mais de galères en désillusions, elle découvre la réalité d’un monde qui n’est pas prêt à lui ouvrir ses portes. A force d’y croire, Lila se lance dans une carrière d’humoriste. Elle n’a plus qu’une idée en tête : voir son nom en haut de l’affiche, et surtout retrouver la fierté de son père.

Notre avis () : Pas encore vu

Coexister

de Fabrice Eboué (2017) – IMDb

SynopsisSous la pression de sa patronne, un producteur de musique à la dérive décide de monter un groupe constitué d’un rabbin, un curé et un imam afin de leur faire chanter le vivre-ensemble. Mais les religieux qu’il recrute sont loin d’être des saints…

Notre avis () : Pas encore vu

Corps étranger

de Raja Amari (2016) – IMDb

SynopsisSamia, échoue comme beaucoup de clandestins sur les rivages de l’Europe. Hantée par l’idée d’être rattrapée par un frère radicalisé qu’elle avait dénoncé, elle trouve d’abord refuge chez Imed une connaissance de son village, puis chez Leila pour qui elle travaille. Entre les trois personnages, le désir et la peur exacerbent les tensions…

Notre avis () : Pas encore vu

Jalouse

de David et Stéphane Foenkinos (2017) – IMDb

SynopsisNathalie Pêcheux, professeure de lettres divorcée, passe quasiment du jour au lendemain de mère attentionnée à jalouse maladive. Si sa première cible est sa ravissante fille de 18 ans, Mathilde, danseuse classique, son champ d’action s’étend bientôt à ses amis, ses collègues, voire son voisinage… Entre comédie grinçante et suspense psychologique, la bascule inattendue d’une femme.

Notre avis (*) : Nathalie Pêcheux (Karin Viard dans le registre qu’on lui connaît) est plus pessimiste tendance odieuse que jalouse. Ses pettes mésaventures personnelles et essentiellement affectives donc existentielles ne sont (très mécaniquement) pas sans conséquences sur ses relations avec son entourage. A l’image de nombreuses comédies françaises, Jalouse cumule les saynètes façon série TV sans délivrer la moindre profondeur de traitement tant sur le fond que sur la forme. Nous devinons sans peine les deux emplacements dans lesquels viendront s’installer les publicités lors de la diffusion de ce film à la télévision, média pour lequel ce film des frères Foenkinos est destiné. Ces coupures publicitaires viendront en complément des placements produits déjà présents dans Jalouse.

L’école buissonnière

de Nicolas Vanier (2017) – IMDb

SynopsisParis 1930. Paul n’a toujours eu qu’un seul et même horizon : les hauts murs de l’orphelinat, sévère bâtisse de la banlieue ouvrière parisienne. Confié à une joyeuse dame de la campagne, Célestine et à son mari, Borel, le garde-chasse un peu raide d’un vaste domaine en Sologne, l’enfant des villes, récalcitrant et buté, arrive dans un monde mystérieux et inquiétant, celui d’une région souveraine et sauvage. L’immense forêt, les étangs embrumés, les landes et les champs, tout ici appartient au Comte de la Fresnaye, un veuf taciturne qui vit solitaire dans son manoir. Le Comte tolère les braconniers sur le domaine mais Borel les traque sans relâche et s’acharne sur le plus rusé et insaisissable d’entre eux, Totoche. Au cœur de la féérique Sologne, aux côtés du braconnier, grand amoureux de la nature, Paul va faire l’apprentissage de la vie mais aussi celui de la forêt et de ses secrets. Un secret encore plus lourd pèse sur le domaine, car Paul n’est pas venu là par hasard…

Notre avis (*) : Un jeune parisien orphelin est placé dans une famille vivant à la campagne. Pour ce jeune citadin balloté entre une maman adoptive attentionnée, un papa garde-champêtre employé dans le vaste domaine du comte voisin, plutôt buté et zélé notamment envers Totoche, braconnier rebelle et sans attache se dessine un récit initiatique. A travers ces personnages peu originaux et pour certains caricaturaux, Nicolas Vanier fait vivre sa narration sur des sentiers, fussent-ils de la Sologne, maintes fois battus. Les événements racontés ne brillent pas non plus par leur originalité. Le mal titré L’école buissonnière navigue entre Les choristes et Vipère au poing pour finalement échouer à fournir la moindre scène originale et imprévisible. Vaste œuvre de recyclage impersonnelle, L’école buissonnière excelle dans la complaisance et le bien-pensant. Film parfaitement calibré.

L’un dans l’autre

de Bruno Chiche (2017) – IMDb

SynopsisDeux couples, Pierre et Aimée, et Eric et Pénélope, partagent tous les quatre plusieurs années d’amitié sans nuage. Seul souci, Pénélope et Pierre sont devenus amants… La situation devenant intenable, ils décident de rompre. Mais après une ultime nuit d’amour passionnée, le sort leur joue un tour : Pierre et Pénélope se réveillent chacun dans le corps de l’autre ! Pour protéger leur secret, ils se retrouvent chacun à devoir vivre la vie de l’autre. C’est le début des complications…

Notre avis () : Pas encore vu

La douleur

de Emmanuel Finkiel (2017) – IMDb

SynopsisJuin 1944, la France est toujours sous l’Occupation allemande. L’écrivain Robert Antelme, figure majeure de la Résistance, est arrêté et déporté. Sa jeune épouse Marguerite, écrivain et résistante, est tiraillée par l’angoisse de ne pas avoir de ses nouvelles et sa liaison secrète avec son camarade Dyonis. Elle rencontre un agent français de la Gestapo, Rabier, et, prête à tout pour retrouver son mari, se met à l’épreuve d’une relation ambiguë avec cet homme trouble, seul à pouvoir l’aider. La fin de la guerre et le retour des camps annoncent à Marguerite le début d’une insoutenable attente, une agonie lente et silencieuse au milieu du chaos de la Libération de Paris.

Notre avis () : Pas encore vu

Le petit Spirou

de Nicolas Bary (2017) – IMDb

SynopsisPetit Spirou, comme toute sa famille avant lui, a un destin professionnel tout tracé. Quand sa mère lui annonce qu’il intègrera dès la rentrée prochaine l’école des grooms, Petit Spirou, avec l’aide de ses copains, va profiter de ses derniers jours de classe pour déclarer sa flamme à Suzette. Et pas n’importe comment. Ils décident de vivre une aventure extraordinaire.

Notre avis () : Pas encore vu

Le prix du succès

de Teddy Lussi-Modeste (2017) – IMDb

SynopsisBrahim est un humoriste en pleine ascension. Sa réussite, il la doit à lui-même et à l’amour qu’il porte à Linda. Bon fils, il soutient les siens depuis toujours. Mais pour durer, Brahim doit sacrifier son grand frère, manager incontrôlable. Si l’échec peut coûter cher, Brahim va payer un tribut encore plus lourd au succès.

Notre avis () : Pas encore vu

Le rire de ma mère

de Colombe Savignac et Pascal Ralite (2017) – IMDb

SynopsisAdrien, onze ans, est un enfant anxieux et contemplatif. Il partage son temps entre ses parents divorcés : Romain, homme rassurant, qui a refait sa vie avec Gabrielle, et Marie, mère impulsive et passionnée. Il est amoureux d’Elsa qu’il observe à l’atelier de théâtre du Collège, sans oser y participer. Un jour, Adrien est témoin d’un événement qui va bouleverser la vie de Marie et de toute la famille…

Notre avis () : Pas encore vu

Le sens de la fête

de Éric Toledano et Olivier Nakache (2017) – IMDb

SynopsisCe soir, Pierre et Héléna se marient dans un sublime château du 17ème siècle. Pour organiser cette fête, Max, le traiteur, va devoir comme à son habitude coordonner ses équipes, ceux qui travaillent dans l’ombre pour maintenir la féérie du moment. C’est à travers leur regard, celui des serveurs, des cuisiniers, des plongeurs, des musiciens, des chanteurs, des photographes, que nous allons vivre cette soirée. Des préparatifs jusqu’à l’aube, tous devront compter sur leur qualité commune : Le sens de la fête.

Notre avis () : Pas encore vu

Les grands esprits

de Olivier Ayache-Vidal (2017) – IMDb

SynopsisFrançois Foucault, la quarantaine est professeur agrégé de lettres au lycée Henri IV, à Paris. Une suite d’évènements le force à accepter une mutation d’un an dans un collège de banlieue classé REP +. Il redoute le pire. A juste titre.

Notre avis () : Pas encore vu

Mon garçon

de Christian Carion (2017) – IMDb

Synopsis : Passionné par son métier, Julien voyage énormément à l’étranger. Ce manque de présence a fait exploser son couple quelques années auparavant. Lors d’une escale en France, il découvre sur son répondeur un message de son ex femme en larmes : leur petit garçon de sept ans a disparu lors d’un bivouac en montagne avec sa classe. Julien se précipite à sa recherche et rien ne pourra l’arrêter.

Notre avis () : Pas encore vu

Otez-moi d’un doute

de Carine Tardieu (2017) – IMDb

SynopsisErwan, inébranlable démineur breton, perd soudain pied lorsqu’il apprend que son père n’est pas son père. Malgré toute la tendresse qu’il éprouve pour l’homme qui l’a élevé, Erwan enquête discrètement et retrouve son géniteur : Joseph, un vieil homme des plus attachants, pour qui il se prend d’affection. Comme un bonheur n’arrive jamais seul, Erwan croise en chemin l’insaisissable Anna, qu’il entreprend de séduire. Mais un jour qu’il rend visite à Joseph, Erwan réalise qu’Anna n’est rien de moins que sa demi-sœur. Une bombe d’autant plus difficile à désamorcer que son père d’adoption soupçonne désormais Erwan de lui cacher quelque chose…

Notre avis () : Pas encore vu

Prendre le large

de Gaël Morel (2017) – IMDb

SynopsisEdith, 45 ans, ouvrière dans une usine textile, voit sa vie bouleversée par un plan social. Loin de son fils et sans attache, plutôt que le chômage, elle est la seule à choisir de rejoindre son usine délocalisée au Maroc…

Notre avis () : Pas encore vu


Autres sections

Un beau soleil intérieur

de Claire Denis (2017) – IMDb

SynopsisIsabelle, divorcée, un enfant, cherche un amour. Enfin un vrai amour.

Notre avis (***) : « Open », tel est le qualificatif avancé à Isabelle (Juliette Binoche rayonnante) par le personnage interprété par Gérard Depardieu dans l’inattendue et savoureuse scène qui accompagne le générique de fin. Cet ultime face-à-face succède à de nombreux autres. Chacun, filmé comme un rendez-vous pas toujours galant, confronte Isabelle à ses conquêtes masculines passagères. Les portraits masculins tracés sur fond de questions existentielles servent à dessiner celui d’Isabelle qui pourrait se révéler être le plus sombre de tous. Animé par un casting impressionnant, Un beau soleil intérieur brille de reflets narratifs si ténus et subtiles qu’ils ne seront perceptibles qu’aux yeux des spectateurs « open » au cinéma de Claire Denis.

Mais aussi:

Chronique d’un monde d’images

de Christian Guyonnet (2017)

SynopsisCette année marque les 70 ans du CNC et de sa politique de soutien en faveur du cinéma ce qui constitue une page importante dans l’histoire des industries culturelles. En réalisant un film constitué d’interviews et d’extraits des œuvres des cinéastes qui marquent ou ont marqué l’histoire du cinéma, le CNC a souhaité témoigner de la richesse et de la vitalité du cinéma français.

Notre avis (***) : Les cinq premières minutes de ce documentaire sont consacrées à des témoignages élogieux de réalisateurs à l’adresse du CNC. Passée cette introduction en forme d’auto-promotion, le documentaire gagne en intérêt en alternant extraits de films et interviews en français de réalisateurs reconnus (Gavras, Haneke, Polanski, Mungiu, Varda, Kaplish, etc.). En interrogeant ces cinéastes sur ce qu’est le cinéma, un film, la cinéphilie ou encore les motivations à réaliser un long-métrage, Chronique d’un monde d’images éclaire le 7ème art d’une lumière nouvelle.

L’interprète

de Olivier Meliehe Koné (2016) – IMDb

Synopsis : Naturelle, jeune mère, épouse et travailleuse acharnée est l’une des meilleures interprètes du pays. Si dans son travail, elle excelle au point de glaner tous les lauriers, sa vie de couple frise la catastrophe. Quand elle se retrouve à faire l’interprète pour Michael Newman, elle se redécouvre une nouvelle féminité et commence à entretenir une relation amoureuse avec lui. Tout semble aller bien jusqu’au jour où elle demande à son amant d’assassiner son époux. La descente aux enfers commence alors pour les deux.

Notre avis (-) : La dixième édition du festival du Film Francophone d’Angoulême rend hommage au cinéma ivoirien. Parmi les productions les plus récentes du cinéma ivoirien, on compte L’interprète réalisé en 2016 par Olivier Meliehe Koné. Ce film doit beaucoup à Kadhy Touré à la fois actrice principale (l’interprète du titre), scénariste et très impliquée aussi dans le processus de production de ce long-métrage. Las, ce film narcissique ne convainc ni dans la forme ni dans le fond. La première moitié peine à captiver son auditoire alors que la deuxième partie cumule les rebondissements rocambolesques avant un épilogue qui aura pris tout le monde de court.

Le redoutable

de Michel Hazanavicius (2017)

SynopsisParis 1967. Jean-Luc Godard, le cinéaste le plus en vue de sa génération, tourne La Chinoise avec la femme qu’il aime, Anne Wiazemsky, de 20 ans sa cadette. Ils sont heureux, amoureux, séduisants, ils se marient. Mais la réception du film à sa sortie enclenche chez Jean-Luc une remise en question profonde. Mai 68 va amplifier le processus, et la crise que traverse Jean-Luc va le transformer profondément, passant de cinéaste star en artiste maoïste hors système aussi incompris qu’incompréhensible.

Notre avis (***) : Michel Hazanavicius adapte au grand écran le livre Un an après écrit par Anne Wiazemsky sur Jean-Luc Godard qui était son époux durant le période 1967-1968 couverte. Le récit d’une double rupture pour l’auteur du Mépris. Une rupture sentimentale entre les deux protagonistes et une rupture cinématographique pour cinéaste après l’échec commercial de La chinoise. Une libre adaptation teintée de comédie exact reflet de la perception du livre par Michel Hazanavicius. Sans prétendre concurrencer son modèle, l’auteur de The artist s’inspire volontiers de celui-ci notamment d’un point de vue visuel, mois d’un point de vue formel. Michel Hazanavicius se montre convaincant dans son inspiration mais l’est moins quand il cherche, par instants, copier le chef de file de la Nouvelle Vague. Le redoutable ne vaut pas pour témoignage (ce n’est notamment pas un biopic) mais son ton plaisamment orienté vers la comédie laisse en mémoire quelques belles scènes. On regrettera cependant que le fameux épisode de Cannes 1968 soit limité à un simple enregistrement sonore.

mais aussi:

 

Comme des rois

de Xabi Molia (2017)

SynopsisJoseph a embarqué son fils Micka dans sa petite entreprise d’escroquerie au porte-à-porte, mais il ne parvient plus à joindre les deux bouts. Pour récupérer les nombreux loyers en retard, le propriétaire de l’appartement où vit toute sa famille a choisi la manière forte. Joseph n’a plus qu’une semaine pour trouver l’argent. Plus que jamais, il a besoin de son fils. Mais Micka rêve en secret d’une autre vie. Loin des arnaques, loin de son père.

Notre avis (**) : Ce 22 août, Comme des rois est présenté pour la première fois au public à l’espace Franquin, salle Bunuel, c’est-à-dire à l’endroit-même où les scènes de casting du film ont été tournées. L’idée du scénario est venue à Xabi Molia lors d’une rencontre dans une gare d’un individu qui se lança dans le récit d’une histoire imaginaire mais parfaitement plausible. Un véritable travail de narrateur mais aussi d’arnaqueur qui valait amplement les 20 euros alors demandés par le conteur. Sous ce « titre à jeu » (Comme des rois est aussi une réplique du film entendue avant l’action finale) tel que revendiqué par le jeune réalisateur se cache le récit d’une tentative d’émancipation d’un fils (Kacey Mottet Klein toujours convaincant) vis-à-vis d’un père-arnaqueur dans l’échec (Kad Merad façon Baron noir). Une photographie peu soignée et quelques raccourcis scénaristiques (peut-être liés à des choix de montage) viennent ternir une narration alerte et fluide jusqu’à un épilogue qui n’était probablement pas le plus optimiste des sept fins imaginées et écrites par Xabi Molia, ici réalisateur et scénariste.

Du soleil dans mes yeux

de Nicolas Giraud (2017)

SynopsisIrène va mieux. Elle a un projet. Vivre à nouveau avec son fils. Elle profite des vacances d’été pour le retrouver chez sa grand-mère à La Rochelle. Mais elle fait la rencontre de Yann…

Notre avis (*) : Du soleil dans mes yeux est le premier long-métrage réalisé par Nicolas Giraud jusqu’alors remarqué devant la caméra. Du soleil dans mes yeux ne brille ni par son scénario, ni par sa mise en scène. Le récit ténu manque d’originalité. Trop intime, il reste prévisible et s’appuie exclusivement sur la versatilité de son personnage féminin incarné par Clara Ponsot. La luminosité sous-entendue par le titre est absente du film. La belle luminosité de la ville de La Rochelle est étonnamment rendue imperceptible par l’abus de clair-obscur et la mise hors-champ des charmes de cette ville côtière.

Le ciel étoilé au-dessus de ma tête

de Ilan Klipper (2017)

SynopsisBruno a publié un fougueux premier roman en 1996. La presse titrait : « Il y a un avant et un après Le ciel étoilé au-dessus de ma tête ». Vingt ans plus tard, Bruno a 50 ans. Il est célibataire, il n’a pas d’enfants, et vit en colocation avec une jeune Femen. Il se lève à 14h et passe la plupart de ses journées en caleçon à la recherche de l’inspiration. Pour lui tout va bien, mais ses proches s’inquiètent…

Notre avis (****) : Bruno (Laurent Poitrenaux remarquable) était un écrivain à succès à 30 ans, « Le coup de cœur de Jean d’Ormesson ». Vingt ans plus tard, aucun nouveau livre publié, divorcé, en « manque de lien social » et d’inspiration, Bruno végète, victime de « la solitude de la tique ». Mais il peut compter sur « l’aide » de ses parents et de ses amis…

Surprenant premier long-métrage d’Ilan Klipper dont l’ambiance décalée est installée dès la première scène. Présenté à Cannes dans la sélection ACID, Le ciel étoilé au-dessus de ma tête est un film libre tourné en douze jours dont il émane une réelle volonté de proposition cinématographique. Ilan Klipper se refuse à tout académisme au risque de se détourner d’un public rétif aux produits non formatés. Les libertés observées dans le montage technique du film et l’aisance perçue dans la gestion des variations de ton sont très prometteur. Assurément, un jeune cinéaste à suivre de près.

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