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#Berlinale2020 – Sélection officielle – Notre journal critique

Afin de pouvoir suivre en direct nos impressions sur les films en compétition à la #Berlinale2020, outre nos réseaux sociaux twitter et facebook (et notre chaîne youtube sur laquelle nous relayons nos interviews ainsi que des captations des conférence de presse), nous vous proposons comme pour chaque édition un cahier critique.

L’échelle de notation qui y est appliquée est la suivante:

–         très mauvais film
*         film passable
**       bon film
***     très bon film
****   excellent film
***** chef d’oeuvre


Compétition officielle:

Sommerhaus Filmproduktion; Produzenten: J. Laube, M. Jungfleisch; Regie: Burhan Qurbani; Kamera: Yoshi Heimrath

Berlin Alexanderplatz
Allemagne / Pays-Bas
de Burhan Qurbani
avec Welket Bungué, Jella Haase, Albrecht Schuch, Joachim Król, Annabelle Mandeng, Nils Verkooijen, Richard Fouofié Djimeli

NOTRE AVIS: ***(*)

Une adaptation moderne du roman éponyme d’Alfred Dublin – déjà réalisé par Fassbinder en 1980 – qui, malgré beaucoup de changement dans la procédé narratif, reste fidèle dans l’ensemble à l’univers Fassbinderien. Le personnage principale(un pure allemand dans la version originale) est devenu ici un refugié africain sans papier et sans argent, ce qui représent une décision radicale de la part du cinéaste, et qui rajoute un sens plus profonde, plus réel, et un aspect plus contemporain à l’histoire. Les relations amoureuses déstructives(rappellant la série de Fassbinder et Tous les autres s’appelent Ali par exemple) sont au coeur du film, et l’esthétique visuelle semble bien travaillée.


DAU. Natasha
Allemagne / Ukraine /GB / Russie
de Ilya Khrzhanovskiy, Jekaterina Oertel
avec Natalia Berezhnaya, Olga Shkabarnya, Vladimir Azhippo, Alexei Blinov, Luc Bigé

NOTRE AVIS: **

Un film très long qui renvoie à l’époque soviétique, avec dux femme qui gérent un cantine comme personnages principaux.


Domangchin yeoja (The Woman Who Ran)
Corée du Sud
de Hong Sangsoo
avec Kim Minhee, Seo Younghwa, Song Seonmi, Kim Saebyuk, Lee Eunmi, Kwon Haehyo, Shin Seokho, Ha Seongguk

NOTRE AVIS: (*)

Ce dernier film de Hong San-Soo en compétition à la #Berlinale2020 ne devrait pas rester dans les annales. Il s’agit d’un film bâclé, très peu pensé, et très peu ambitieux sur le plan artistique. On a connu le réalisateur coréen bien plus inspiré, même si, quelques thématiques chères à Hong San-Soo transparaissent ici ou là, et même si entre les lignes, un sujet nous interroge, qui est la femme qui courre … Hong San Soo l’avoue lui même en conférence de presse, il ne le sait pas.


Effacer l’historique (Delete History)
France / Belgique
de Benoît Delépine, Gustave Kervern
avec Blanche Gardin, Denis Podalydès, Corinne Masiero

NOTRE AVIS: ***

Avec Effacer l’historique, Gustave Kervern et Benoît Délépine font une nouvelle fois preuve d’un sens de l’humour corrosif, d’un sens de l’observation rare, et de justesse dans le ton. Une nouvelle fois, ils nous proposent un regard mi-amer, mi-aimant, s’amusent de et rendent hommage tout à la fois à des anonymes englués dans leurs conditions. Un film drôle, dense, qui fonctionne parfaitement de tout son long.Leur place en sélection officielle à la #Berlinale2020 n’est aucunement usurpée


El prófugo (The Intruder)
Argentine / Mexique
de Natalia Meta
avec Érica Rivas, Nahuel Pérez Biscayart, Daniel Hendler, Cecilia Roth, Guillermo Arengo, Agustín Rittano, Mirta Busnelli

NOTRE AVIS: PAS VU


Favolacce (Bad Tales)
Italie / Suisse
de Damiano & Fabio D »Innocenzo
avec Elio Germano, Barbara Chichiarelli, Lino Musella, Gabriel Montesi, Max Malatesta

NOTRE AVIS: *

Un film qui propose 15 bonnes premières minutes, qui rappelle l’Italie vue sous l’oeil aiguisée d’Ettore Scola, à mi chemin entre Affreux, sales et méchants et Léolo, mais qui rapidement s’embarque dans un récit très prétentieux et ennuyeux au possible; les quelques belles images de ci de là, ni les interprétations plutôt convaincante ne parvenant pas à sortir le film des ornières dans lesquels il s’est engouffré.


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First Cow
USA
de Kelly Reichardt
avec John Magaro, Orion Lee, Toby Jones, Scott Shepherd, Gary Farmer, Lily Gladstone

NOTRE AVIS: ***

Un beau western revisité, qui tente de garder, malgré ces aspects modernes, certains éléments fondamentaux du western classique: l’amitié masculine, le désir de nouvelle civilisation (symboliquement incarné par une vache qui vient de l’Europe), la lutte pour survivre, le chemin personnel des personnages « hors la loi »… Les deux protagonistes arrivent à sortir de l’état sauvage et « habiter » grâce au lait de cette vache précieuse, ce qui marquera finalement leur destin tragique. Kelly Reichardt raconte cette histoire avec justesse et humour, proposant au passage de belles images de paysages naturels. A souligner enfin, le caractère sympathique des personnages, et l’interprétation convaincante des acteurs.


Irradiés (Irradiated)
France / Cambodge
de Rithy Panh

NOTRE AVIS:

Un documentaire comme on a pu en voir pleins sur la guerre, sans développement d’une histoire personnelle, d’une intrigue particulière, ou d’un angle artistique original. Si ce n’est le sujet, le documentaire n’a rien de fort … et lasse d’emblée. A réserver à un public très averti donc.


Le sel des larmes (The Salt of Tears)
France / Suisse
de Philippe Garrel
avec Logann Antuofermo, Oulaya Amamra, André Wilms, Louise Chevillotte, Souheila Yacoub

NOTRE AVIS: *

Philippe Garrel livre certes un énième récit sur l’amour, sentiment qu’il continue d’ausculter sous tous ses angles, notamment connexes, mais ici il prend le parti pris de s’intéresser à un jeune homme très différent de ses protagonistes habituels. Son héros, un jeune homme égoïste, attaché à son père dont il suit les prérogatives, ne présente pas un caractère cérébral, introspectif ou torturé. Sa philosophie est simple, il avance et ne se pose pas trop de questions, notamment quant aux attentes/sentiments qu’il crée sur son entourage. Difficile d’y reconnaître la patte Garrel, son héros semble presque incarner un défi que le réalisateur se serait lancer, de parler de son opposé. Difficile également d’entrer en empathie avec lui, et de fait, les défauts du film se voient comme rarement. Les situations accélérées notamment, provoquent des rires, preuve d’un manque de réalisme; il n’est pas du tout certain que l’intention était là. Si l’intention ne se matérialise pas, si le noir et blanc pour une fois nous semble beaucoup plus artificiel que pertinent, si l’évolution de la psychologie du personnage, de la lâcheté à l’âge adulte, ne suscite pas plus d’intérêt que cela, peut être tout simplement nous faut-il reconnaître que Le sel des larmes n’est pas un bon opus …


CS_024_0941080 Talia Ryder stars as Skylar in NEVER, RARELY, SOMETIMES, ALWAYS, a Focus Features release. Credit: Courtesy of Focus Features

Never Rarely Sometimes Always
USA
de Eliza Hittman
avec Sidney Flanigan, Talia Ryder, Théodore Pellerin, Ryan Eggold, Sharon Van Etten

NOTRE AVIS: ***

Never Rarely Sometimes Always appartient à ce genre de film que l’on estampille naturellement Sundance. Le film américain indépendant bien fait et touchant par excellence. Il n’embrasse qu’un seul objectif et ne s’en écarte jamais. Particulièrement bien interprété: la jeune actrice symbolise par ses regards, ses non dits, ses attitudes, tous les états d’âme par lesquelles elle passe, interrogeant simplement la question de l’avortement de l’intérieur, et rendant compte également d’un pan de l’amérique. Bien fait.


Francis (Welket Bungué)

Rizi (Days)
Taiwan
de Tsai Ming-Liang
avec Lee Kang-Sheng, Anong Houngheuangsy

NOTRE AVIS:

Tsai Ming Liang propose un meta-film qui expose un certain nombre de tableaux qu’il choisit volontairement d’étirer. En filigranes, des éléments essentiels au développement d’un récit, que l’on retrouve dans tout scénario: l’exposition des protagonistes, qui ils sont, ce qu’ils font, ce qu’ils vivent, endurent, puis petit à petit, les relations qu’ils vont développer l’un, l’autre. Aussi, le film choisit de s’attacher à un jeune homme qui à l’écran, n’est autre que lui-même dans la vie, un jeune laosien qui survit à Bangkok, et accumule les différents métiers, et qui s’adonnent à la prostitution. Sur le papier, donc, le film possède une qualité indéniable, un concept voire un parti-pris résolument cinématographique. Mais le résultat en lui-même s’avère si différent … Le long métrage de plus de 2h pouvait très aisément se réduire à un court métrage de 20 min, et ici le bât blesse …


JAVIER BARDEM as Leo; ELLE FANNING as Molly

The Roads Not Taken
GB
de Sally Potter
avec Javier Bardem, Elle Fanning, Salma Hayek, Laura Linney

NOTRE AVIS:

Si ce n’est le casting, difficile de considérer The roads not taken comme un film méritant sa place en sélection à la Berlinale. Le scénario a beau cherché à rendre l’histoire racontée plus complexe qu’elle n’est réellement, quelque chose ne fonctionne absolument pas, et ce dés le départ. Il est très étrange de noter que Sally Potter se soit inspirée de sa propre histoire personnelle, (son frère), car l’angle d’attaque, pour évoquer les rares instants de clairvoyance d’une personne en proie à une confusion mentale très avancée, l’émotion qu’elle génère à ceux qui luttent et s’accrochent, ne prend ici absolument pas. Les larmes d’Elle Fanning sonnent faux comme rarement, Salma Hayek, joue les mexicaines de service, un rôle sans aucune profondeur, et Bardem ne parvient jamais à nous convaincre dans ses instants de conscience, et encore moins dans ses rêveries. Probablement Sally Potter a-t-elle eu tort sur le fond de vouloir livrer une vérité, une vision, donner un sens à la confusion mentale – ici le personnage de Javier Bardem revit mentalement une période de sa vie passée, oubliée – comme elle a eu tort de vouloir immiscer un propos politique très appuyé et sans finesse. Il manque résolument à ce film, ce qui aurait pu le rendre intéressant, une part d’intime, une part de mystère, une part d’humilité, et un questionnement. En lieu et place, Sally Potter nous donne à voir des réponses très orientées, des interprétations particulièrement farfelues qui ne s’appuient sur pas grand chose si ce n’est son propre imaginaire. L’effet produit ne se fait pas attendre: désintérêt, aseptisation, et finalement rejet. Dommage.


Schwesterlein (My Little Sister)
Suisse
de Stéphanie Chuat, Véronique Reymond
avec Nina Hoss, Lars Eidinger, Marthe Keller, Jens Albinus, Thomas Ostermeier, Linne-Lu Lungershausen, Noah Tscharland, Isabelle Caillat, Moritz Gottwald, Urs Jucker

NOTRE AVIS 1:

Il s’agit d’un film très courant en France, sur une relation entre un frère, mourant (Cancer à un stade évolué) et sa sœur presque jumelle, il s’agit de nous tirer les larmes … Et cela prend ou ne prend pas … A noter, outre le casting taillé pour la Berlinale – 2 stars outre-rhin réunies à l’écran, Nina Hoss et Lars Eidinger-, une réflexion sur la volonté d’un artiste de pratiquer son art jusqu’au bout, sur le modèle, avoué par l’une des deux réalisatrices suisses, de Michel Bouquet, qui à un âge très avancé continuer d’arpenter les planches.

NOTRE AVIS 2: **


Mohammad Rasoulov

Sheytan vojud nadarad (There Is No Evil)
Allemagne/ Republiqie Tchèque / Iran
de Mohammad Rasoulof

NOTRE AVIS: ****

Notre ours d’or. Un film intéressant, qui s’intéresse à une question précise, et l’interroge en quatre courts métrages qui se complètent et se répondent. Nous partons de Téhéran pour arriver en campagne en Iran. Le film possède une force politique indéniable, et si parfois il manque un peu de mystère, il reste confondant de vérité et puissant. Intelligent, et urgent.


Siberia
Italy / Germany / Mexico
d’ Abel Ferrara
with Willem Dafoe, Dounia Sichov, Simon McBurney, Cristina Chiriac

NOTRE AVIS: ****

Abel Ferrara nous invite à un trip éthéré, dont il convient de souligner l’effort esthétique, la grande créativité/liberté artistique, qui compensent, par ailleurs, le peu d’émotion que le film suscite par ses personnages, si ce n’est quelques situations qui prêtent à sourire;
Le voyage très intérieur, très délirant, a de quoi dérouter, choquer même, par ses images ou ses visions macabres ou sexualisées. Ferrara a probablement pensé son film comme un cauchemar en continue, ou bien, comme un passage vers la mort, avec des images qui continuent de hanter l’âme. Troublant dans l’ensemble, virtuose par instants.


Todos os mortos (All the Dead Ones)
Brésil / France
de Caetano Gotardo, Marco Dutra
avec Mawusi Tulani, Clarissa Kiste, Carolina Bianchi, Thaia Perez, Alaíde Costa, Leonor Silveira, Agyei Augusto, Rogério Brito, Thomás Aquino, Andrea Marquee

NOTRE AVIS: *****

Un chef-d’oeuvre du cinéma brésilien que l’on n’attendait pas nécessairement. Le film parle d’une période particulière de l’histoire du Brésil, en se concentrant sur une famille : la mère, les soeurs, la bonne… L’esthétique visuelle et narrative est bien travaillée, en s’inspirant de peintures notamment des tableaux d’intérieurs de 19ème siècle, du théâtre – on pense aux pièces de Tchekov ou de Lorca, de la littérature latino-américaine (le réalisme magique)
pour créer un espace hybride entre le monde des morts et celui des vivants. Le personnage de la soeur malade assure ce passage entre le « souterrain » et la « maison ». Film de femmes – jeu très remarquable des actrices, toutes inconnues -, enfermées dans une maison quasiment de début à la fin (sauf le dernier plan, qui rappelle « l’Apollonide » de Bonello), le projet est formellement et politiquement d’une ambition multidimensionnelle, et le résultat, très réussi.


Undine
Allemagne/ France
de Christian Petzold
avec Paula Beer, Franz Rogowski, Maryam Zaree, Jacob Matschenz

NOTRE AVIS: (*)

Undine de Christian Petzfold est parfaitement décevant. Rien à voir avec Transit. Le film carbure de tout son long à l’ordinaire, sans éclat, sans teinte particulière. Rien de bien passionnant.


Volevo nascondermi (Hidden Away)
Italie
de Giorgio Diritti
avec Elio Germano

NOTRE AVIS: ***

Une belle histoire plutôt bien racontée, si l’on excepte les premières minutes au style volontairement plus abstrait, qui s’intéresse à un passé sombre. Le film est principalement porté par l’interprétation très saisissante de son acteur principal, qui, par ses gestes et regards parfaitement maîtrisés, parvient à émouvoir, non seulement quelques personnes bienveillantes
dans le film, mais aussi le spectateur. Le destin de cet homme atypique comporte certes des passages difficiles, dans une italie fasciste, mais l’accent principal est mis sur une période heureuse. Le film s’intéresse aussi aux questions de l’art thérapie, et de l’art tout court; La forme comprend quelques jolis plans, et quelques belles idées, mais dans l’ensemble reste très classique.