Dinard Film Festival 2018 – Notre journal critique

Vous trouverez ci dessous notre journal critique des films en compétition au 29ème fectival du film britannique de Dinard, qui cette année, se fait appeler Dinard FIlm Festival pour plus de simplicité.
La note maximale que l’on peut donner est ***** correspondant à nos yeux à un chef d’oeuvre, note que l’on donne très rarement, la note la plus basse est – quand on a trouvé le film très mauvais.


Funny Cow
de Adrian Shergold : 1’42 »
Avec Maxine Peake, Paddy Considine, Stephen Graham

Funny cow est humoriste. Puisant dans son passé difficile pour écrire ses spectacles, elle utilise les scènes des clubs ouvriers du nord de l’Angleterre comme tremplin vers la gloire.

Notre avis: **
Un film présenté rapidement par Hussain Hindi, le directeur artistique du festival comme une comédie, quand il s’agit bien plus du portrait d’une femme en lutte, en quête, victime d’un contexte social et familial qui laisse en elle d’amères blessures. On rit peu, on s’émeut un peu plus, l’actrice principal dégage ce quelque chose de naturellement mélancolique qui sied parfaitement à l’histoire, qui par ailleurs ne surprend pas suffisamment pour rester en mémoire.


The Happy Prince
de Rupert Everett : 1’45 »
Avec Rupert Everett, Colin Morgan, Edwin Thomas, Colin Firth, Emily Watson, Béatrice Dalle

À la fin du XIXe siècle, le dandy Oscar Wilde, intelligent, plein d’humour et scandaleux brille au sein de la société londonienne. Son homosexualité est toutefois trop affichée pour son époque et il est envoyé en prison. Ruiné et malade lorsqu’il en sort, il part s’exiler à Paris. Après avoir tenté tant bien que mal de se réconcilier avec sa femme, il reprend sa désastreuse relation avec le jeune Lord Douglas. Tout ce qui lui reste ce sont ses histoires, dont il se sert pour conquérir l’affection de deux garçons des rues. Soutenu par ses fidèles amis qui essaient de le protéger contre ses propres excès, il conservera son charme et son humour jusqu’à la fin : « Soit c’est le papier peint qui disparaît, soit c’est moi… »

Notre avis: *
Ruppert Everett tente de mettre en image, et en texte, le génie littéraire Oscar Wilde. Il cherche avant tout à montrer que le destin d’un homme peut basculer du tout au tout, quand l’époque retient l’homosexualité comme un crime extrêmement grave. Le résultat est bancal, si l’intention est très probablement la bonne, la poésie recherchée dans les dialogues peinent à produire leur effet, la narration qui passe d’époque en époque, d’amant en amant, perturbe plus qu’elle n’apporte. L’homme ne nous est pas tellement rendu sympathique, ni même antipathique, il ne nous est pas tellement rendu tout court. Il semble que Rupert Everett soit tombé dans le piège de l’image renvoyé par Oscar Wilde. Ce qu’il parvient à restituer tient peu du portrait d’un homme, peut être plus de l’image d’épinal de l’artiste devenu maudit, en perte d’inspiration, en lutte avec ses propres démons, convictions.
Dommage, le sujet était fort intéressant.


Winterlong, de David Jackson : 1’30 »
Avec Francis Magee, Harper Jackson, Carole Weyers, Doon Mackichan ..

 

Quand son ex vient déposer Julien, son fils adolescent, devant la porte de sa caravane, Francis, un braconnier solitaire (mais charmant), doit changer son mode de vie, prendre de nouvelles responsabilités et s’ouvrir au monde extérieur. Alors qu’une relation commence à naître entre le père et le fils, un incident attire sur eux l’attention de la police…

Notre avis: *
Un film qui raconte le rapprochement entre deux hommes qui se sont ignorés, se sont manqués, se sont détestés et se retrouvent. Si le projet d’ausculter la sensibilité masculine, ses apparats, est plutôt réussi, winterlong n’époustoufle aucunement, la faute à des clichés cinématographiques éculés, à des problèmes de rythme manifeste, et à un manque d’originalité. Les rebondissements du récit sont peu crédibles et mal amenés (soit trop souligné, soit pas assez).


Jellyfish, de James Gardner : 1’57 »
Avec Liv Hill, Sinead Matthews, Cyril Nri …

La vie n’est pas facile tous les jours pour Sarah Taylor – en plus de s’occuper de ses petits frère et sœur et de leur mère dépressive, elle se fait chahuter à l’école et exploiter par son patron. Quand un professeur de théâtre lui permet de canaliser ses frustrations et son énergie dans un spectacle comique, Sarah se découvre un talent caché.
Notre avis : ***(*)
Une interprétation magistrale d’une jeune actrice (nous n’avions pas vu une telle révélation depuis Jennifer Lawrence dans Winter Bones) qui porte sur ses épaules le film tout entier. Ce dernier est habile, intéressant, bien ficelée; la jeune actrice fait le reste, pour nous faire traverser avec son personnage un panels d’émotions tour à tour contenues, exprimées, le tout avec rage, pudeur, ou dignité.


Old Boys, de Toby MacDonald : 1’36 »
Avec Alex Lawther, Pauline Etienne, Jonah Hauer-King, Denis Menochet..

Amberson, un élève brillant mais maladroit aide son camarade Winchester – beau mais pas très futé – à séduire la fougueuse Agnès, la fille de leur professeur de français.

Notre avis:**

On retrouve avec plaisir le jeune acteur Alex Lawther qui était remarquable de sensibilité dans Departure, qui avait fait sensation il y a quelques années au festival de Dinard. Il incarne cette fois-ci un jeune homme facétieux, intelligent, et amoureux. Le récit proposé est sympathique, tendre et dans l’ensemble souriant, même s’il n’est pas nécessairement novateur. La romance entre les jeunes gens, les sentiments fraternels nourrissent le film qui pêche peut être par trop de caricature pour toucher plus profondément. Monica Bellucci assise à côté de nous pendant la projection a dans l’ensemble apprécié, légèrement émue au début par la gaucherie et la tendresse que dégage le personnage joué par Alex Lawther, elle a même ri une ou deux fois. Le film fera un parfait prix du public.


Pin Cushion, de Deborah Haywood : 1’29 »
Avec Lily Newmark, Joanna Scanlan …

(Distribution: Stray Dogs)

Mère et fille, Lyn et Iona emménagent dans une nouvelle ville. Déterminée à s’intégrer, Iona devient amie avec Keely, Stacey et Chelsea. Lyn, qui était jusqu’alors la « meilleure amie » de sa fille, se sent délaissée. Chacune de leur côté, elles s’inventent un monde fait de fantasmes et de mensonges.


Un magazine pour les cinéphiles