Notre rencontre avec Liv Hill l’interprète principale de Jellyfish

Nous avons insisté pour pouvoir rencontré Liv Hill, car avant même que le jury du Dinard Film Festival emmené par sa présidente Monica Bellucci ne lève le voile sur le palmarès, nous savions qu’il était impossible que Jellyfish n’y figure pas, tant l’interprétation de Liv Hill y est remarquable.

Cette jeune actrice a un talent né, comme l’ont parfois les jeunes acteurs (on pense à Jean Pierre Léaud dans les 400 coups, ou encore au jeune acteur de Capharnaum révélation du dernier festival de Cannes. La dernière fois qu’une actrice nous avait à ce point surprise, il s’agissait d’une étoile pas encore montante, et encore moins filante: la toute jeune Jennifer Lawrence dans Winter’s Bone. Nous en avons échangé avec Liv.

 

Le palmarès de la 75ème Mostra de Venise

La sélection de la 75ème Mostra de Venise était, comme souvent à Venise, très disparate, pour ne pas dire très inégale.
Autant à Cannes, les propositions en sélection officielle sont, en général, des propositions assez singulières vis à vis de ce que l’industrie cinéma produit au quotidien – quoi que les films américains échappent parfois à cette règle, qaund il s’agit d’inviter des stars sur le tapis rouge- , autant à Venise, une place a de tout temps été accordée en sélection au cinéma  « tout public », et la dernière édition en atteste puisque Guillermo Del Toro – président du jury de cette édition 2018 – était reparti de la Mostra 2017 avec le lion d’or pour La forme de l’eau, une sorte d’E.T. revisité, qui ostensiblement cherche à plaire au plus grand nombre.

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#Venise98 – 22 Juillet – y a quoi sur TF1 ce soir ?

22 July

22 Juillet film de Peter Greengrass, en sélection officielle à la 75ème Mostra de Venise, avec Thorbjørn Harr, Anders Danielsen Lie

22 juillet 2011, en Norvège. Après s’être rendu responsable d’un attentat à la bombe meurtrier à Oslo, le terroriste d’extrême droite Anders Behring Breivik se rend sur l’île d’Utøya déguisé en policier et commet un massacre, tuant 69 personnes et en blessant par balle 33.

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Peterloo – trop de verbe tue le verbe

Peterloo de Mike LEIGH

Avec Rory Kinnear, Maxine Peake, Neil Bell, Philip Jackson

Inspiré du massacre de Peterloo en 1819…

 

Peterloo de Mike Leigh est indéniablement indigeste. ll n’a de cesse de nous plonger dans des joutes politiques interminables, aux dialogues certes brillants de rhétorique, mais qui s’avèrent si rébarbatifs que l’on en vient parfois à se demander – quand assoupi on se réveille – si on n’a pas été intoxiqué à la chaîne de l’assemblée nationale pendant notre sommeil.

Certes, notre critique est réductrice, et fort peu objective – après tout, la politique est une passion tout aussi respectable que la pêche, la brocante, la philatélie ou la taxinomie… Rappelons que les dialogues sont d’une rare maîtrise, précisons que le film s’inscrit dans une époque, et que celle-ce est rendue de fort belle manière, que les décors et autres costumes sont particulièrement bien travaillés, du très bel ouvrage donc… mais puisque le film est en compétition à Venise, nous voudrions pouvoir l’apprécier en tant qu’oeuvre et non qu’ouvrage …

PETERLOO

Il convient alors de préciser que le spectateur patient, pourra trouver dans la dernière partie du film, l’explication de tant de débats, tant de points de vu en première apparence aussi stériles que bien amenés. Celui qui s’intéresse à l’histoire de l’angleterre y trouvera également matière à culture, car Peterloo s’intéresse à l’un des fondamentaux de la Grande Bretagne … Parlons donc de cette épique scène finale, violente et habile. Le temps de la politique s’y efface net pour laisser place à l’action, sanguinaire. Cette scène comprend une force anti-proportionnelle à l’ennui qui a pu se dégager lorsque l’éveil politique naissait, du côté des conservateurs comme des réformateurs … Bien filmée – les moyens sont de mise, une bravoure s’en dégage manifestement, à l’instar des scènes de combat de Braveheart de Gibson par exemple.

Ce film Amazon présente donc une épaisseur manifeste que l’on ne reniera pas, certains relaieront probablement la portée historique et le souci du détail, ou encore loueront la technicité – Game of Throne n’est-elle pas une série à succès ? – , mais entre nous soit (re)dit, quel ennui … !

Les frères Sisters de Jacques Audiard: le dernier western ?


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Les frères Sisters de Jacques AUDIARD

Avec John C. Reilly, Joaquin Phoenix, Jake Gyllenhaal, Riz Ahmed.

Charlie et Elie Sisters évoluent dans un monde sauvage et hostile, ils ont du sang sur les mains : celui de criminels, celui d’innocents… Ils n’éprouvent aucun état d’âme à tuer. C’est leur métier. Charlie, le cadet, est né pour ça. Elie, lui, ne rêve que d’une vie normale. Ils sont engagés par le Commodore pour rechercher et tuer un homme. De l’Oregon à la Californie, une traque implacable commence, un parcours initiatique qui va éprouver ce lien fou qui les unit. Un chemin vers leur humanité ?

The sisters brothers est certes un western, mais sans rien dévoiler du film, cette classification n’est pas, selon nous, celle qui lui sied le mieux. On pourrait parler de « horse movie », de film de cavale, car les relations qui sont dépeintes entre deux frères puis entre quatre personnages sont évolutives au fur et à mesure de la ballade à dos de cheval proposée, mais là encore, il nous semble que nous pouvons trouvé un  meilleur qualificatif.

Les frères Sisters est avant toute chose un film sur la transition vers une ère civilisée, un film qui fait de l’opposition entre deux frères (un bon interprété par John C Reilly / une brute interprétée par Joachim Phoenix– manque le truand mais il n’est pas loin) si différents l’un de l’autre mais réunis par le sang, le miroir parfait du changement qui s’opère entre les règles qui sévissent au far-west et la vie moderne qui s’instaure en Californie. Pour une fois, le scénario de Thomas Bidegain (issu d’un livre recommandable) fonctionne bien. Exit les défauts habituels de son écriture, l’histoire n’est pour une fois pas à la recherche continue de sensations fortes, ce qui laisse la place pour faire ressortir des aspects psychologiques, avec reconnaissons le, une certaine retenue, tout à fait appropriée. Certes, l’épaisseur de trait – ou de la ficelle – reste parfois un peu trop visible – notamment le caractère très marqué des quatre personnages masculins héros de cette histoire [Jake Gyllenhaal, Riz Ahmed viendront compléter le duo des deux frères]; mais le décor s’y prête pleinement … 4 personnages, 4 niveaux de conscience, 4 niveaux de raffinement…

Le western, il faut le dire, présente cette particularité de narrer des histoires de cowboy, d’hommes durs, le plus souvent violent, potentiellement au coeur tendre.  Les traits des personnages sont marqués, par essence , la dure loi du Far west, et il suffit d’un rien pour que naisse le comique. Ainsi les BD se sont emparés du style, ainsi des western spaghetti ou des western des frères Coen. Dans un tel univers, où le réalisme ne compte pas, les grosses ficelles de Bidegain trouvent un écho particulier.

Par ailleurs, et cela se remarque, Jacques Audiard n’hésite pas à mettre en avant la référence qu’il avait en tête pour ce film – se reconnaissant par ailleurs peu féru en western : La nuit du chasseur.

Le film a reçu de très soutenus applaudissements en séance de presse lors de sa projection presse à la Mostra de Venise – quelques journalistes français bien bruyants, excès de Spritz ? –  mais avouons-le, nous qui sommes de fervents opposants au succès d’un prophète, nous qui avons détesté De rouille et d’os de tout son long, et exécré la seconde partie de Dheepan, oui,  ce Audiard là, bah on aime bien !

 

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