Cannes 2018: Notre Journal critique Compétition Officielle

Nous mettons en place comme chaque année un journal critique du festival de Cannes. La note maximale que l’on peut donner est ***** correspondant à nos yeux à un chef d’oeuvre, note que l’on donne très rarement, la note la plus basse est – quand on a trouvé le film très mauvais.

Y’aura-t-il cette année un problème d’ordre grec qui pourrait empêcher la venue de Jean-Luc Godard sur la croisette ?  Bref, suspense, quant à sa venue. Tout comme les venues de Jafar Panahi, et de Kirill SEREBRENNIKOV, tous deux cinéastes en proies à de grandes difficultés avec les autorités de leur pays. Autre très fortes attentes, le retour de Spike Lee. Aurait-il enfin retrouver son talent ?   


Sélection Officielle

Film d’Ouverture :


Film d’Asghar FARHADI
TODOS LO SABEN  avec Penélope Cruz, Javier Bardem,  Ricardo Darín, Bárbara Lennie, Eduard Fernández, Inma Cuesta

Notre avis: **(*) 

Tout le monde le sait – même le spectateur


Film de Stéphane BRIZÉ
EN GUERRE avec  Vincent Lindon, Mélanie Rover, Jacques Borderie
Notre avis: 
Ne viendra pas probablement. On en a marre des Lindoneries à Cannes.


Film de Matteo GARRONE
DOGMAN avec Adamo Dionisi, Edoardo Pesce, Marcello Fonte
Notre avis: ***
Nous avons eu deux avis très différent. Emilie a tout simplement adoré … Critique plus longue à venir.


Film de Jean-Luc GODARD
LE LIVRE D’IMAGE avec acteurs inconnus
Notre avis: *
Godard revient en Sélection Officielle de son avoeu même bien plus pour faire de la publicité à la petite association suisse qui l’a aidé à finir son essai filmé que pour prétendre à la palme d’or. Le mashup qu’il propose poursuit une réflexion qu’il mène depuis qu’il a déclaré que le cinéma était mort. Il cherche à filmer ce qui ne se fait pas plus que ce qui se fait, et est de plus en plus persuadé que le cinéma doit être un geste révolutionnaire, qui se fait avec les mains, et non avec le cerveau. Il propose ainsi à l’écran des images extraites de très nombreux films – il a vu plus de films que Thierry Frémeaux en un an avoue-t-il- qu’il fait correspondre avec des citations prises ici ou là, parmi ses nombreuses lectures. Réflexions géo-politiques, réflexions sur le rapport aux images, réflexions sur la peinture, blagounettes glissées ici ou là, place nette à la guerre, focus sur le monde arabe. Peut passionner comme ennuyer. Plus à lire qu’à voir …


Film de Ryusuke HAMAGUCHI
NETEMO SAMETEMO (ASAKO I & II) avec  Masahiro Higashide, Erika Karata, Koji Seto
Notre avis: ***(*)
On va y revenir.  On a apprécié ce film fin, kawai, qui bénéficie d’une  très belle narration.


Film de Christophe HONORÉ
PLAIRE AIMER ET COURIR VITE avec Vincent Lacoste, Pierre Deladonchamps, Denis Podalydès
Notre avis: **(*)
Le film nous a divisé. Nous taisons l’avis plutôt contre pour faire place au coup de coeur:

Honneur à Honoré


Film d’Eva HUSSON
LES FILLES DU SOLEIL avec Golshifteh Farahani, Emmanuelle Bercot, Erol Afsin
Notre avis: ***(*)
https://lemagcinema.fr/films/top/les-filles-du-so…r-en-competition/


Film de JIA Zhang-Ke
ASH IS PUREST WHITE  avec Zhao Tao, Fan Liao, Feng Xiaogang 
Notre avis: **
Les éternels (#JiangHuErNv) n’est pas un grand  Jia Zhang Ke , ça veut dire que c’est un bon à très bon film. Le réalisateur continue d’ausculter la Chine contemporaine comme personne tout en proposant une love story bien acide. Peut faire penser à Lune de fiel.


Film de KORE-EDA Hirokazu
SHOPLIFTERS avec Lily Franky, Sakura Andô, Kengo Kora
Notre avis: *(*)
 Une affaire de famille (#ManbikiKazoku)  est un Kore-Eda très mineur. Certes joliment narré, le fil conducteur du film est bien trop prévisible pour que l’on accroche plus que cela d’autant que les thèmes sous-jacents, récurrents chez Kore-Eda (la paternité, la filiation, l’enfance, la transmission), sont bien mieux auscultés dans ses précédentes oeuvres. Décevant, d’autant plus que nous avions bien mieux apprécié The Third Murder à Venise.

 

Film de Nadine LABAKI
CAPHARNAÜM
Notre avis: ****
Un film puissant comme avait réussi à le faire Kechiche avec la Vie d’Adèle. La première version du film faisait pas loin de 12h, Nadine Labaki a du ensuite n’en retenir que la sève, pour une déambulation citadine, dans une Syrie refabriquée au Liban, aux côtés d’un jeune acteur né, dont la prestation est sidérante. La palme d’or semble promise à Nadine Labaki si on en croit ce qui se dit ici ou là, et nous sommes assez d’accord. Capharnaum peut certes rappeler les scènes d’ouverture de Slumdog millionnaire, peut certes un peu déranger par son pathos très appuyé, mais les choix formels sont très intéressants, comme le fait de filmer en 365°, le montage très dynamique (à la Polisse), mais aussi et surtout le casting (sauvage) qui donne toute sa vérité au film.


Film de LEE Chang-Dong
BURNING avec Yoo Ah-In, Steven Yeun, Jeon Jong-seo
Notre avis: **(*) 

LeeChangDong revient à #Cannes2018 avec Burning, proposition très différente de Poetry en sélection en 2010,  mais toujours d’inspiration littéraire. Cette fois, nous sommes du côté de Faulkner sans conteste. Nous notons la bonne maîtrise qui permet au récit de prendre forme strate après strate. L’ellipse est au centre du projet, mais aussi une confrontation entre deux Corées, qu’un élement pertubateur va faire naître. Le récit comprend quelques fausses pistes qui permet de maintenir un mystère, une tension narrative. Le portrait qui sera proposé ne sera pas forcément celui que l’on attendait. Si ce n’est les premières 30 min qui méritaient quelques coupes, le film se distingue par une réelle habilité pour suggérer.


Film de Spike LEE
BLACKKKLANSMAN avec John David Washington, Adam Driver, Laura Harrier
Notre avis: ****
On va y revenir. Spike Lee is back ! Yes ! Enragé – furieux, virevoltant, drôle – oh qu’il est loin le temps d’Inside Job tout d’un coup – et formidablement rythmé ! oh yeah …


Film de David Robert MITCHELL
UNDER THE SILVER LAKE avec Andrew Garfield, Riley Keough, Topher Grace
Notre avis: ***

Under the silver lake, hyper pop et scoubidouesque


Film de Jafar PANAHI
THREE FACES avec acteurs inconnus
Notre avis: 
A venir à la fin du festival, on l’a manqué pour l’instant …


Film de Pawel PAWLIKOWSKI
ZIMNA WOJNA avec Joanna Kulig, Agata Kulesza, Tomasz Kot
Notre avis: ***
Hormis la scène finale, Cold War ressemble à s’y méprendre à un film de Truffaut, parmi ses plus belles oeuvres. Léché, épuré, et surtout romanesque. Très bon, on vous dit.


Film d’Alice ROHRWACHER
LAZZARO FELICE avec Nicoletta Braschi, Sergi López, Alba Rohrwacher
Notre avis: 
A venir en fin de festival, on a fait l’impasse pour le moment.


Film d’A.B SHAWKY
YOMEDDINE avec Rady Gamal, Ahmed Abdelhafiz
1er film

Notre avis: *
Simple, simplissime, le film nous a rappelé Une histoire vraie de David Lynch, dans sa linéarité. On part d’un personnage émouvant, formidablement bien interprété, d’un point A pour aller à un point B. Road movie très fabriqué, très limpide, qui évidemment diffuse un message universel (tout le monde n’a pas eu la chance de naître dans les bonnes conditions, la lèpre est une maladie traumatisante, qui suscite des regards doubles – pitié et aversion).


Film de Kirill SEREBRENNIKOV
LETO (L’ÉTÉ) avec Irina Starshenbaum, Teo Yoo, Roman Bilyk
Notre avis: 
A venir, on voulait le voir, mais il était diffusé si tôt …


Film de Yann GONZALEZ
UN COUTEAU DANS LE CŒUR (KNIFE + HEART)  avec Vanessa Paradis, Kate Moran, Nicolas Maury
Notre avis: 
A venir … Un premier avis est très négatif … Un mixte entre une série Z (tribute raté à De Palma), une série X (On songe au cinéma de Jean Rollin multi diffusé sur Cine-FX, et Yann Gonzales l’a avoué en conférence de presse, son titre est emprunté à Le couteau sous la gorge un film de Claude Mulot avec Brigitte Lahaie, un ersatz de Les amours d’  Astrée et Céladon (kitshissime du fait de choix de mises en scènes désuets) de Rohmer, et un hommage à un cinéma français porté par Jacques Nolot (référence passée), Bertrand Mandico  (référence présente), mais aussi Cyril Collard (Romane Bohringer). Le film semble se prendre les pieds dans le tapis de son concept.


Film de Sergey DVORSEVOY (Russie)
AYKA

Notre avis: 
A venir


Film de Nuri BILGE CEYLAN
AHLAT AGACI (THE WILD PEAR TREE / LE POIRIER SAUVAGE) 

Notre avis: *****

Le poirier sauvage : Nuri Bilge Ceylan poursuit son oeuvre

 


Un magazine pour les cinéphiles