Décès de Raoul Coutard, l’un des plus grands chef op

S’il n’y en avait qu’un, ce serait lui. Le plus grand chef opérateur qui fut vient de nous quitter. Raoul Coutard, c’était Monsieur Lumière de Godard et Truffaut à la fois, Costa Gavras, Oshima, Barratier, Schoendoerffer, Rouch et Philippe Garrel firent aussi appel à ses services. Rien que cela.

On lui doit la photographie noir et blanc d’A bout de souffle, de Sauvage Innocence, de La naissance de l’amour, de Jules et Jim, de Tirez sur le pianiste, de Lola, de Alphaville ou celle en couleur de Week end, Le Mépris, Z,  Max mon amour, Le crabe tambour, …

Il a même travaillé avec Mocky

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Mercenaire – Odyssée rugbystique

Soane, jeune Wallisien, brave l’autorité de son père pour partir jouer au rugby en métropole. Livré à lui-même à l’autre bout du monde, son odyssée le conduit à devenir un homme dans un univers qui n’offre pas de réussite sans compromission.

Un récit original

Mercenaire frappe par l’originalité de son scénario qui met en scène un jeune rugbyman wallisien, Soane sobrement interprété par Toki Pilioko, venu tenté sa chance en métropole. Le récit ne porte donc pas sur un travailleur étranger mais sur un Français d’ailleurs au sein d’un environnement particulier, celui du sport professionnel.

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Le Locataire – De Rosemary à Trelkovsky

Comme une réponse de soi à soi-même. Le Locataire (1976) de Roman Polanski fait écho à son Rosemary’s Baby américain de 1968. Le scénario que Gérard Brach et le cinéaste adaptent du roman de Roland Topor (Le locataire chimérique, publié en 1964) retrouve les thèmes qui firent mouche, huit ans auparavant, en outre-Atlantique : l’isolement d’un personnage (Trelkovsky (Roman Polanski)) à l’intérieur de l’espace clos d’un appartement, propice à une paranoïa introspective prenant pour source l’étrangeté du monde qui gravite autour d’un univers proprement subjectif. Alors qu’Halloween a pris fin, votre Mag Cinéma s’est dit que prolonger de quelques jours la fête des morts pouvait s’avérer intéressant. Dont acte avec ce film à l’étrange poésie.

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Voyage à travers le cinéma français – Suivez le guide

Ce travail de citoyen et d’espion, d’explorateur et de peintre, de chroniqueur et d’aventurier qu’ont si bien décrit tant d’auteurs, de Casanova à Gilles Perrault, n’est-ce pas une belle définition du métier de cinéaste que l’on a envie d’appliquer à Renoir, à Becker, au Vigo de l’Atalante, à Duvivier, aussi bien qu’à Truffaut ou Demy. A Max Ophuls et aussi à Bresson. Et à des metteurs en scène moins connus, Grangier, Gréville ou encore Sacha, qui, au détour d’une scène ou d’un film, illuminent une émotion, débusquent des vérités surprenantes. Je voudrais que ce film soit un acte de gratitude envers tous ceux, cinéastes, scénaristes, acteurs et musiciens qui ont surgi dans ma vie. La mémoire réchauffe : ce film, c’est un peu de charbon pour les nuits d’hiver.  Continuer la lecture de Voyage à travers le cinéma français – Suivez le guide

Muriel ou le temps d’un retour – Critique humaine

Comment appréhender Muriel ou le Temps d’un retour (1963) ? Alain Resnais semble nous forcer à détourner les approches habituelles de l’analyse. L’image ne dépend plus de mais constitue l’essence même du récit ; le montage n’associe plus mais fait voir la matière des interstices ; la musique fait entendre plutôt qu’elle accompagne. Ce n’est plus le critique qui parachève le processus visuel et sonore de l’oeuvre, mais celle-ci qui produit sur son spectateur un prolongement de son propre inconscient. Il nous faut ajuster notre regard à la fêlure d’un événement, d’une histoire et de sa mémoire. Un exercice auquel nous invite la publication récente du monumental Alain Resnais, les coulisses de la création (Armand Colin, 2016) de François Thomas.

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Un magazine pour les cinéphiles