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Articles étiquetés comme “Quinzaine des réalisateurs”

Trois souvenirs de ma jeunesse d’Arnaud Desplechin

Trois souvenirs de ma jeunesse, Affiche
Trois souvenirs de ma jeunesse, Affiche

Paul Dédalus va quitter le Tadjikistan. Il se souvient… De son enfance à Roubaix… Des crises de folie de sa mère… Du lien qui l’unissait à son frère Ivan, enfant pieux et violent…Il se souvient… De ses seize ans… De son père, veuf inconsolable… De ce voyage en URSS où une mission clandestine l’avait conduit à offrir sa propre identité à un jeune homme russe… Il se souvient de ses dix-neuf ans, de sa sœur Delphine, de son cousin Bob, des soirées d’alors avec Pénélope, Mehdi et Kovalki, l’ami qui devait le trahir… De ses études à Paris, de sa rencontre avec le docteur Behanzin, de sa vocation naissante pour l’anthropologie… Et surtout, Paul se souvient d’Esther. Elle fut le cœur de sa vie. Doucement, « un cœur fanatique ».

desplechin

Rupture et continuité dans l’œuvre d’Arnaud Desplechin

Arnaud Desplechin revient à Cannes, en sélection La Quinzaine des Réalisateurs, 2 ans après avoir été en compétition officielle avec Jimmy P. Psychothérapie d’un indien des plaines. Ce dernier marquait une rupture forte dans la filmographie d’Arnaud Desplechin.  Figure de proue du cinéma français dit intellectuel ou intellectualisant, le réalisateur proposait pour la première fois un film produit aux Etats-Unis, s’attaquait à un sujet d’ordre sociologique, et si Mathieu Amalric tenait un rôle important, il partageait la tête d’affiche avec une star internationale en la personne de Benicio Del Toro. Desplechin avouait à cette occasion en conférence de presse que les conditions de tournage – une seule prise et non une multitudes – l’obligeait à se concentrer, à condenser, à saisir l’essentiel, en prenant comme référence John Ford, pour un résultat intéressant dans sa forme comme sur le fond. La prise de risque nous avait séduit, quand elle pouvait désarçonner quelque peu son public habituel, intéressé par les dimensions intellectuelles – littéraires, philosophiques, ou psychologiques-, ou bien celle intime et personnelle que l’on rencontre le plus souvent dans la filmographie déjà bien remplie de Desplechin. Elle permettait, si besoin en était, de montrer un savoir-faire bien différent de celui si souvent loué, et par ailleurs, dénaturé par quelques critiques, las d’un certain enfermement des productions françaises dans des œuvres à ambitions intimes, ou aux dialogues trop prédominants.