El Abrazo de la serpiente – un voyage initiatique

 

Karamakate, chaman amazonien, le dernier survivant de son peuple, vit isolé dans les profondeurs de la jungle. Il est devenu un chullachaqui, la coquille vide d’un homme, privée d’émotions et de souvenirs. Sa vie bascule lorsqu’Evan, un ethnobotaniste américain, débarque dans sa tanière à la recherche de la yakruna, une mystérieuse plante hallucinogène capable d’apprendre à rêver. Karamakate se joint à sa quête et ils entreprennent un voyage au cœur de la jungle.

El Abrazo de la serpiente est le troisième film de Ciro Guerra, qui a déjà connu les honneurs du festival de Cannes et obtenu de nombreuses récompenses pour ses premiers films. Il est en compétition pour la Quinzaine des Réalisateurs 2015.

Ciro Guerra s’attaque au travers de « El Abrazo de la serpiente » à un projet très ambitieux, retranscrire une part de ce que recèlent l’Amazonie et les peuples amazoniens. Il convie au casting notamment Jan Bijvoet déjà très remarqué dans l’excellent Borgman.

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En recoupant deux récits d’explorateurs en Amazonie, Ciro Guerra nous propose à un voyage initiatique. On peut résolument parler de pirogue movie, respectant tous les codes du genre – inventés pour l’occasion. La nature, mère nature, est omniprésente évidemment, son influence sur l’homme également. L’homme face à la nature, l’homme face à sa nature. En filigrane, le conte proposé évoque la destruction massive de savoirs ancestraux des indiens d’Amazonie.

 

Nous sommes au plus prêt de l’esprit de Karamakate, dans une logique si éloignée de la logique occidentale, et qui nous semble pourtant si sensée.

Pour traduire la beauté et le mystère des paysages, le réalisateur choisit un noir et blanc très maîtrisé qui fera règle tout le long du récit avant de s’autoriser pour une vision mystique la couleur. Le récit nous plonge progressivement dans la forêt, au plus prêt des jaguars et des anacondas, quelques feuilles de coca vous seront probablement nécessaires pour ne pas trop avoir le vertige. Les échos en salle étaient parfois dithyrambiques « C’est le meilleur film que j’ai vu de ma vie » ne pouvait s’empêcher de répéter inlassablement une petite dame venue presque par hasard.

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Nous louons pour notre part la démarche, le style du réalisateur, le soin apporté à la réalisation, et l’ambition tout à la fois noble et riche. Il s’agit d’une véritable proposition cinématographique, qui peut rappeler notamment, par son ambition écologique, un film comme « Les bêtes du sud sauvage » de Benh Zeitlin. Le spectateur sera convié à un voyage géographique, écologique, sensoriel et initiatique.

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