Un film d’Antoine Fuqua
Avec: Jaafar Jackson, Colman Domingo, Nia Long, Juliano Krue Valdi, KeiLyn Durrel Jones, Miles Teller, Kendrick Sampson, Joseph David-Jones, Jamal Henderson, Rhyan Hill
Michael dresse le portrait cinématographique de la vie et de l’héritage de l’un des artistes les plus influents de notre époque. Le film raconte l’histoire de Michael Jackson au-delà de la musique, depuis la découverte d’un talent hors du commun en tant que leader des Jackson Five, jusqu’à l’artiste visionnaire dont l’ambition créative a alimenté une quête incessante pour devenir le plus grand artiste au monde. Mettant en lumière sa vie hors scène et ses performances les plus emblématiques de ses débuts en solo, le film offre au public une place au premier rang pour découvrir Michael Jackson comme jamais auparavant.
Notre avis : ★

Le film Michael (qui a connu de multiples retards : prévu initialement pour avril 2025 puis octobre 2025, avant d’être reporté à avril 2026) nous propose, de manière pédagogique, de revenir sur la vie de Michael Jackson, de ses débuts à la sortie de son septième album « Bad » en août 1987, et de la sorte, contenter la base de fans : voir le « King of Pop » au sommet de sa gloire, enchaîner ses tubes légendaires mais aussi, dans le même temps, entrer dans l’histoire familial marqué par les sévices de son père violent Joe Jackson interprété par Colman Domingo, glaçant, qui de scène en scène rend palpable la tension qu’il partage avec son fils.
Mickael met également en vedette Nia Long dans le rôle de Katherine Jackson, la mère de Michael, ainsi que Miles Teller dans celui de son manager John Branca. Jaafar Jackson, 29 ans, deuxième plus jeune fils de Jermaine Jackson, membre des Jackson 5 et frère de Michael, tient le rôle principal et livre une performance tout simplement impressionnante. Il reproduit à la perfection les gestes, la démarche, la présence scénique et cette vulnérabilité si particulière de son oncle. Absolument saisissant, parfois même troublant de justesse. Mention spéciale également à Juliano Krue Valdi, excellent dans la peau du jeune Michael, même si son temps à l’écran reste limité à l’époque des Jackson 5.

Le long-métrage (d’une durée d’un peu plus de deux heures), avec beaucoup de séquences live, retrace, comme nous l’évoquions, l’ascension fulgurante de Michael Jackson, du petit garçon membre des Jackson 5 à la superstar planétaire, jusqu’à son émancipation, qui passe par une libération progressive de l’emprise de son père. Il culmine avec un concert triomphal de la tournée Bad en 1988. A noter qu’aucune scène controversée ne figure pouvant venir ternir l’image de l’Icône, que les affaires et scandales ont parfois rattrapée.
Probablement en lien avec cette aspiration à lisser le récit, la mise en scène d’Antoine Fuqua déçoit par manque de relief. Tout demeure très sage, convenu, presque télévisuel. Nous n’y trouvons ni vraie prise de risque ni révélation marquante ou émotion profonde. Parfois, une impression nous traverse l’esprit, celle que le vrai film, celui qui approfondirait vraiment la vie de Michael Jackson, se situerait plutôt dans une suite dont le présent ne serait que le préquel. D’autant qu’aux côtés de MJ, nous notons quelques absences de taille dans le film : la fratrie n’existe pas au complet. Si celle de Rebbie (l’ainée) et Randy (le cadet) peuvent se comprendre, celle de Janet interpelle. Née en 1966, devenue l’autre immense icône mondiale de la famille, elle nouait une relation particulière avec son frère. Nous attendions tout autant que la relation de MJ avec sa meilleure amie, Diana Ross, mentor historique, figure mythique du label Motown, principale chanteuse des Supremes fusse développée, en vain. Aucun mot sur l’influence qu’elle a pu avoir sur la trajectoire de Michael, musicale comme personnelle. Idem, l’absence de l’actrice Elizabeth Taylor nous semble tout aussi regrettable : elle qui fut la confidente et l’autre grande alliée de Michael Jackson au sein du show-business, évincée d’un récit aux choix discutables.
A n’en pas douter, ceci dit, le simple fait qu’un biopic s’intéresse à l’immense vedette qu’était Mickael Jackson devrait suffire à attirer un très large public, au delà de la base des fans inconditionnels (Selon le magazine américain Variety, Lionsgate table sur 700 millions de dollars de recettes mondiales pour le film), grâce notamment aux performances vocales et chorégraphiques exceptionnelles de Jaafar Jackson.












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