La Mostra de Venise 2017

La mostra de Venise constitue avec le festival de Cannes, la Berlinale, et le festival de Toronto, l’un des temps forts de l’année cinématographique. Le festival prend place chaque année dans le cadre de la biennale de Venise, dans ce lieu magique qu’est Venise et le Lido. Avant que Visconti n’immortalise ce lieu avec son adaptation merveilleuse du roman de Thomas Mann Mort à Venise, Goethe, Lord Byron, Hesse, Wagner ou Freud ont foulé les quelques douze kilomètres de plage. 

Le Grand Hôtel des Bains où logeaient Aschenbach et Tadzio n’est plus qu’une façade par endroit délabrée, mais la Mostra s’empare chaque année du Palais des festivals pour que le prestige d’antan perdure, que les étoiles continuent de briller.

Pour vous faire vivre le festival de l’intérieur, nous allons tenir un journal critique, alimenter le site d’articles, mais aussi bien entendu faire vivre nos pages réseaux sociaux. 

La période sera d’autant plus intense que nous aurons cette année le don d’ubiquité, puisque nous serons tout à la fois à Venise mais aussi dans un autre lieu cinéphille, pour un rendez-vous que nous apprécions également tout particulièrement, le festival du film américain de Deauville.

L’échelle de notation appliquée est la suivante :

–        très mauvais film
*         film passable
**       bon film
***     très bon film
****   excellent film
***** chef d’œuvre


EN COMPETITION

Downsizing de Alexander Payne avec Matt Damon, Christoph Waltz, Kristen Wiig, Alec Baldwin, Neil Patrick Harris, Jason Sudeikis

 

Matt Damon and Director Alexander Payne on the set of Downsizing from Paramount Pictures.

Downsizing suit les aventures de Paul Safranek, un homme ordinaire d’Omaha rêvant avec sa femme Audrey d’une vie meilleure. Mais alors que la planète se trouve confrontée à une crise de surpopulation, des scientifiques développent une solution radicale permettant de rétrécir les humains à 13 centimètres de hauteur. Les Hommes découvrent bien vite jusqu’où l’argent peut mener dans un monde plus petit… C’est avec la promesse d’un mode de vie luxueux dépassant leurs rêves les plus fous que Paul et Audrey décident de risquer cette procédure controversée pour se lancer dans une aventure qui changera leur vie à jamais.

Notre avis: **

#Venise2017: Downsizing, Payne en mode comédie gulliverienne


First Reformed de Paul Schrader avec Ethan Hawke, Amanda Seyfried

Un ancien aumonier militaire (Ethan Hawke), survasté par le chagrin après la mort de son fil, vient à conseiller une jeune paroissienne (Amanda Seyfried) et son mari activiste environnemental qui sort juste de prison. L’aumonier retrouve un sens à sa mission en même temps que sa santé lui joue des tours.

Notre avis: ****

#Venezia74: First Reformed, Paul Schräder renaît de ses cendres


La villa de Robert Guediguian avec Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan, Jacques Boudet, Anaïs Demoustier,
Robinson Stévenin, Yann Tregouët, Geneviève Mnich

Dans une calanque près de Marseille, au creux de l’hiver, Angèle, Joseph et Armand, se rassemblent autour de leur père vieillissant. C’est le moment pour eux de mesurer ce qu’ils ont conservé de l’idéal qu’il leur a transmis, du monde de fraternité qu’il avait bâti dans ce lieu magique, autour d’un restaurant ouvrier dont Armand, le fils ainé, continue de s’occuper. Lorsque de nouveaux arrivants venus de la mer vont bouleverser leurs réflexions…

Notre avis: **

Avec la Villa, Guediguian file le film qu’il a commencé il y a plus de trente ans et n’a de cesse de poursuivre, qu’il invite des migrants ou non, qu’il convie Anaïs Demoustier dans son univers politique ou non, qu’il cherche à confronter les générations ou non. C’est certes plutôt bon dans son genre, mais Guediguian, même s’il le fait dire par ses personnages et insuffle de fait une mise en abyme, prêche une cause dont il n’a pas lui même la solution, il mène une lutte dorée sur le terrain des idées humanistes, qui manque d’urgence, d’engagement, de force tout simplement, car sa position est celle de l’observant qui ne manque d’aucun confort. Son discours provencal nostalgique semble terni et rattrapé par une réalité pourtant objet de la lutte première; l’évolution capitaliste, l’embourgeoisement à laquelle Guediguian lui même, à travers ses personnages, ne oeut s’opposer pleinement. Au centre de tout, l’argent, l’attractivité de l’argent. Qu’il s’agisse d’une villa héritée, ou des rapports de séduction. Guediguian tend à vouloir opposer trois générations, une première génération attachée à des valeurs de bien être, de vivre ensemble, mais aussi de construction et de subsistances, une seconde génération à l’origine du virage capitaliste, bien pensante dans le meilleur des cas, qui vise le bien être matériel, et une troisième génération qui se satisfait pleinement  d’une façon de vivre consumériste. Cette vision du monde, qu’elle soit véritable ou non, fait en tout cas ressortir quelques contradictions ou ambiguités morales. Ceci étant dit, le sentiment qu’il en ressort tient davantage de la résignation, du désabus que de la foi, et c’est ici que le bât blesse.


Suburbicon de George Clooney avec Matt Damon, Julianne Moore, 

 

 

Suburbicon est une paisible petite ville résidentielle aux maisons abordables et aux pelouses impeccablement entretenues, l’endroit parfait pour une vie de famille. Durant l’été 1959, tous les résidents semblent vivre leur rêve américain dans cette parcelle de paradis. Pourtant, sous cette apparente tranquillité, entre les murs de ces pavillons, se cache une réalité tout autre faite de mensonge, de trahison, de duperie et de violence… Bienvenue à Suburbicon.

Notre avis: *

George Clooney avec Suburbicon livre une comédie d’époque dont le décor très pré-fabriqué sert une sordide histoire linéaire, sur fond de racisme, comme le cinéma américain aime tant produire. L’univers est foncièrement proche de celui des Coen, dans leur petite forme. Matt Damon et doublement Julianne Moore n’y trouvent assurément pas leur plus grand rôle, sans qu’on n’ait rien à leur reprocher. Divertissant, tout au plus.


Foxtrot de Samuel Maoz, Arik Leibovitch avec Lior Ashkenazi, Sarah Adler, Yehuda Almagor 

 

Après « Lebanon », Samuel Maoz revient sur son expérience de soldat, au travers d’une tragique histoire de deuil et de destinée à la portée universelle.

Notre avis: ****

Un deuxième coup de coeur à #Venise74 avec le troublant Foxtrot. Un film qui se joue des rires et des larmes, qui interroge l’organisation militaire d’une façon presqu’absurde, parfois métaphorique. La forme est personnelle, sans emprunt dans l’ensemble. Le film prend son temps pour mieux tenter de surprendre, façon contre pied. On songe par instant – de façon assez éloignée – au désert des tartares de Zurlini, avec une petite dose de burlesque, de fantaisie, comme on trouve assez fréquemment dans les films israliens. On y retrouve l’acteur Lior Ashkenazi que l’on avait déjà beaucoup apprécié dans Footnote.


Lean on Pete de Andrew Haigh avec Charlie Plummer, Steve Buscemi, Chloë Sevigny

 

Charley, 15 ans, vit avec son père, un homme volage et célibataire qui multiplie les boulots sans lendemain. Livré à lui-même, il se réfugie dans la sellerie de l’hippodrome délabré où il travaille durant l’été. Il se prend d’affection pour Lean on Pete, cheval de courses à la gloire passée, qu’une compétition ratée condamne à l’abattoir. Charley vole alors un pick-up pour rejoindre avec Lean on Pete sa tante afin d’y trouver, il espère, un foyer.
 

Notre avis: **

Lean on Pete …film taillé pour Deauville… portrait mi âpre mi doucereux sous une belle lumière d’été d’un jeune homme qui par la force des choses va devoir devenir adulte; et qui trouve sa quiétude auprès d’un cheval qu’il idéalise. Bien plus classique (au sens film américain) qu’indépendant quelque part .


The insult de Ziad Doueiri avec Adel Karam, Christine Choueiri, Kamel El Basha

Toni, chrétien libanais, arrose les plantes de son balcon. De l’eau s’écoule accidentellement sur la tête de Yasser, palestinien et contremaître du chantier attenant. Une violente dispute éclate. Yasser, excédé, insulte Toni. Blessé dans sa dignité, Toni décide d’attaquer Yasser en justice. S’ouvre alors un long procès où l’affrontement prend une dimension nationale. S’ouvre alors un long procès au cours duquel Palestiniens et Chrétiens libanais s’affrontent…

Notre avis: **

The insult de Ziad Doueiri, à qui l’on doit notamment Lila dit ça,  a un sujet fort et universel. La société de productions de Julie Gayet l’a retenu pour cela. Le film est plutôt bon, en ce qu’il parvient à monter en épingle une dispute entre hommes, pour monter un procès virtuel du pays Liban. Il souffre cependant de moments de relâches, ou de situations qui font sourire quand le sujet mériterait probablement un traitement plus fin, à la Ashgar Faradhi par exemple. Il livre peut être un peu trop ses réponses, probablement pour faire ressortir un souffle pacifique, peut être par innocence.


Three billboards outside Ebbing, Missouri de Martin McDonagh avec Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell

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Suite au meurtre de sa fille, une femme déclare la guerre à la police raciste et corrompue de sa ville.

Notre avis: **(*)

Three billboards outside Ebbing, Missouri, signé d’un dramaturge britannique reconnu, Martin McDonagh, notamment à Broadway, est, diront certains, efficace. Très américain dans son essence, on peut parler d’une ballade folk, d’une Calamity Jane moderne, empli d’un sentiment de vengeance qui la mènera dans une quête prétexte à l’embrasement d’un village missourien, à commencer par le remue ménage provoqué dans la petite station de police, où un shériff mène ses petites affaires avec son équipe de bras cassés, dont le plus caricatural servira tout à la fois d’élement comique principal et de ressort à la narration. Le récit est volontairement rythmé, quelques fausses pistes par ci par là, une absurdité de mise, un rebondissement principal assez difficile à prévoir, des joutes verbales fleuries, un rien de violence, une touche d’humanité – mais pas trop – , nous sommes dans une écriture très proche d’un univers BD, pas si éloigné des films des frères Coen … Est-ce réellement un hasard si l’actrice principale n’est autre que Frances McDormand, femme de Joel Coen et figure récurrente de la filmographie des deux frères – elle reçut notamment un oscar pour son interprétation dans Fargo – .Divertissant, peu formaliste, intellectuel peut être au 4ème degré (venant d’un dramaturge on pouvait s’attendre à un fond moins explosif, plus sur le terrain de l’intériorité), assurément le film sera un succès au vu des réactions en salle à Venise, du rythme soutenu, de l’accessibilité. Par contre, permettez-nous un bémol, ce n’est nullement une oeuvre artististique ou personnelle …


The third murder de Kore-Eda Hirokazu avec

 

 

Shigemori est un avocat commis d’office, chargé de défendre Misumi, suspecté de vol et de meurtre. Ce dernier a déjà fait 30 ans de prison et les chances de gagner le procès sont minces, d’autant que Misumi a avoué son crime. Pourtant, au fil de son enquête, Shigemori commence à douter de la culpabilité de son client.

Notre avis: ****

On a souvent comparé Kore-Eda à Truffaut. C’est à dire à un très bon metteur qu’il est, mais pas un homme au génie incontesté, incontestable (Oui Truffaut est resté dans l’ombre de Godard, comme Mc Cartney est resté dans l’ombre de Lennon). La faute à une prise de risque trop faible dans la filmographie, et à un souci trop impérieux de continuité, de filer une oeuvre par trop linéaire, prévisible, qui se suit et se répond dans une logique prévisible. Il ne s’agit pas de manque de talent, mais probablement d’un rapport au confort différent. Pour dire vrai, Kore-Eda nous a jusqu’à présent plutôt laissé sur notre fin, de bons films, une jolie réflexion, une narration bien amenée, un sentiment de travail bien fait, mais pas de puissance, de chocs, d’émotions brutes. Tel père, tel fils en est probablement l’exemple le plus frappant. C’est bien vu, c’est psychologiquement intéressant, oui mais … Avec The third murder, il semble bien que Kore-Eda ait égaré son public usuel, pour en trouver un nouveau, dont nous sommes ! Certains (dont la critique émerite italienne, réputée l’une des plus grandes critiques internationales  actuelles, qui animait la conférence de presse) vous diront qu’il a viré thriller, il s’en défend, et nous le défendons avec lui ! Que ceux qui pensent aller voir un thriller seront déçus ! Le public n’est pas là! Il ne s’agit absolument pas de cela . Le réalisateur japonais poursuit avec une formule bien plus appropriée, il dit poursuivre depuis le début de sa carrière une ambition de peindre la société, d’être un peintre, qui cette fois seraiet passé  la peinture à huile. La métaphore est très bien trouvée, car ce nouveau film est d’un calibre bien différent de ces précédentes oeuvres. La fiction est certes moins mise en avant, mais c’est au profit du regard, du portrait psychoogique, du sens du détail, et surtout de la puissance de la réflexion. Il tente et réussit ce que Doistoievski avait saisi avant lui quant à la justice des hommes, quant à ce grand manège de la justice, d’une part, mais aussi de la capacité à retourner le procès d’un homme en un procès d’une société toute entière. En multipliant les angles d’attaque techniques, Kore-Eda , parvient comme le maître russe dans les frères Karamasov, à partir d’un fait de justice d’apparence simple, surtout dont les circonstances du meurtre semblant établies à l’avance, pour laisser petit à petit la place à d’autres possibles, tout aussi plausibles, ayant pour effet secondaire de rendre ridicule le processus judiciaire. Le tour relève de quelque chose de magique, de hautement philosophique, de profond. Cette justesse est remarquable, et nous la saluons comme il se doit ! Kore-Eda tient là son dernier métro, son Jules et Jim ! d’autant qu’il trouve également des effets de mises en scène des plus saisissants, qui prolongent la réflexion, interrogeant le face à face, le reflet de miroir, et la juxtaposition des visages mais avant tout des âmes.


Mother! de Darren Aronofsky avec Jennifer Lawrence, Javier Bardem, Michelle Pfeifer

 

 

Un couple voit sa relation remise en question par l’arrivée d’invités imprévus, perturbant leur tranquillité. 

Notre avis: **(*)

Sifflé en séance de presse à #Venizia74. L’iconoclaste réalisateur américain Darren Aronofsky convie Jennifer Lawrence, Michelle Pfeiffer et Javier Bardem dans un film de genre assumé, qui pendant la première heure carbure à l’ordinaire, très loin de la mise en place d’un Black Swan par exemple, pour offrir un final métaphorique assez inoui; dans un tableau tout à la fois très noir, très inspiré, et surtout hautement métaphorique (Jennifer Lawrence n’a pas été choisie par hasard) quant à la condition de stars. Ecrit en seulement cinq jours – ce qui se voit car le scénario est assez juvénile, quoi qu’il file une métaphore biblique (le jour 6 de la création, soit la création de l’homme à son image), par trop simpliste. Très mysanthrope vis à vis du peuple, ce tableau peut faire sourire, comme exaspérer – on peut dire qu’il fait office de bras d’honneur à toute une population. Il est en tout cas très osé et fait toute la sève de ce Mother!, oubliable certes [hormis ce tableau final encore une fois de haute volée], pas au niveau des meilleurs films d’Aronofsky, mais valable quand même ! NB: le tableau final peut également être reproché du rêve final d’Une femme douce de Loznidsa encore à l’affiche, la volonté de montrer une monstruosité humaine qui ne dit pas son nom est identique.

AUTRES SELECTIONS:

 

Espèces menacées de G.BOURDOS avec Alice Isaaz, Vincent Rottiers, Grégory Gadebois, Suzanne Clément France, Belgique / 105’

Trois destins familiaux entrelacés. Joséphine et Tomaz viennent de se marier dans l’allégresse. Mais bientôt, derrière le bonheur solaire des époux, les parents de Joséphine vont découvrir une réalité plus sombre. Mélanie, elle, annonce à ses parents qu’elle attend un bébé mais le père de l’enfant n’a pas du tout le profil du gendre idéal ! De son côté, Anthony, étudiant lunaire et malheureux en amour, va devoir prendre en charge sa mère, devenue soudainement incontrôlable.

Notre avis: ***

G. Bourdos à qui l’on doit le très classique et décrié Renoir, propose un tout autre film, totalement inscrit dans son temps. Il dresse des portraits d’hommes et de femmes qui vivent des épisodes dramatiques. Tout d’abord narré comme un film à sketch, G. Bourdos surprend son spectateur en faisant preuve d’une observation clinique, pour retranscrire des réactions diverses et variées. Il en ressort de saisissants portraits, aux traits psychologiques précis, tout en crédibilité, tout en vérité, mais aussi tout en intensité. Colère, déni, peur, folie passagère, blocage, repli sur soi sont quelques une des couleurs convoquées face aux drames proposées. Le tout est narrativement très bien ficelé, puisque les personnages s’entrecroisent, voire s’entrechoquent. Un bémol cependant sur la tentative de réunifier le tout en une fiction qui aurait nécessairement une fin, il semble qu’une fois les portraits dressés, les fils démêlés les uns des autres, le cinéma fiction reprend les rênes pour emmener le spectateur dans une émotion précise; làs ce qui fonctionnait parfaitement jusqu’alors, dans la justesse, s’en trouve soudain surchargé. Mais ces quelques cinq minutes de trop à notre goût ne doivent pas vous refroidir, ces espèces menacées vous interrogerons, et pour certains, pourraient avoir un effet miroir. L’exercice – le film – est très réussi en tout cas.


West Sunshine

Notre avis: *

En sélection Nouveaux horizons, West Sunshine est un road movie alenti, où la route et la musique trouvent une place importante aux côtés d’une histoire père fils comme on en a pu en voir beaucoup dans le cinéma américain. Très moyen et sans véritable intérêt.


Our souls at night

Our Souls At Night

Notre avis: *

Our souls at night avec Jane Fonda et Robert Redford. Une comédie tout ce qu’il y a de plus industrielle, pleine de bon sentiment et de tendresse. Ca se regarde facilement à la télé un dimanche soir de déprime .


Marvin d’Anne Fontaine avec Charles Berling, Isabelle Huppert, Finegans Oldfield, Grégory Gadebois

Notre avis: *

En sélection Nouvel horizon, Anne Fontaine tente quelque chose avec Marvin, mais qu’elle ne maîtrise pas totalement. Son récit a tendance à s’égarer, à se prolonger; les aller-retour entre deux tranches de vie d’un même personnage s’enchaînent sans apporter de développement; constamment on a l’impression soit qu’il manque quelque chose, soit qu’au contraire, quelques choses ne fonctionnent pas. Ainsi des mises en abymes sans répercussion cérébrale, ainsi des tableaux sociaux, par trop appuyés et distants, ainsi du rythme et de l’intensité, ainsi de la théorie psychanalitique, trop démonstrative, ainsi des intrigues secondaires trop nombreuses, ainsi enfin de l’horizon théatral, trop manichéen. Anne Fontaine semble parler de son sujet avec beaucoup trop de distance, beaucoup trop d’idées arrêtées. Derrière le concept ne se dégage malheureusement pas une vérité, un éclairage ou une perspective mais au contraire le concept en lui même; tout ceci semble fake ou a minima trop orienté. Manqué donc.


Eye On Juillet de Kim Nguyen

Eye on Juliet
photos: Sébastien Raymond.
seb©sebray.com

Notre avis : –

En sélection Giovate Degli Autori, Eye on Juillet de Kim Nguyen ne nous a pas émerveillé (euphémisme, zzz zzz)


Invisible

Notre avis: *

Invisible en sélection Nouvel Horizon est très prévisible. La forme est celle des premiers films des Dardennes, le fond est très mutique et peu empathique. Anecdotique, sans être foncièrement mauvais, le portrait qui est dressé est surtout par trop prévisible


M de Sara Forestier avec Sara Forestier, Redouanne  Harjane, Jean-Pierre Léaud

Notre avis: ****

M de Sara Forestier – Une plume instinctive

Un magazine pour les cinéphiles