Mis à jour le 2 juin, 2026
Un film d’Ira Sachs
Avec: Rami Malek, Tom Sturridge, Luther Ford, Rebecca Hall, Ebon Moss-Bachrach, Maisy Stella, Sasha Lane
Synopsis: Aucune description disponible.
Notre avis : ★★
Ira Sachs sans trop de surprise fait de l’Ira Sachs. Il filme des états d’âmes, prend son temps, raconte par petites touches un homme qui se meurt, se raccroche à son art, et les deux hommes qui l’aiment. Si le sujet tarde à se dévoiler, c’est pour mieux se familiariser avec un homme attachant, auquel Rami Malek prête ses traits, un performer, admiré, aimé, convoité, auquel on prête mille talents. Puis les indices se font plus précis, un voile se lève. Sachs nous parle autant d’art, de performances artistiques plus précisément, que d’une époque, d’un homme, que d’une communauté; il évoque une maladie, et l’infinie vide qu’elle laisse derrière elle. Alors, face à un destin brisé, face à un trop plein de vie, il ne reste plus que des instants, à rendre vibrants, des passions, à cultiver, des projets, à mener jusqu’au bout, et un entourage. La mise en scène s’invite dans la mise en scène, Ira Sachs, à ce niveau, semble convoquer Fassbinder, un artiste plein, débordant, qui vit au travers du regard des autres, et se voit dans l’incapacité à se limiter, à s’interdire quoi que ce soit. Un regard des autres qui le façonne, mais aussi le déconstruit, et dont il se détâche. Un regard qu’il recherche et provoque, mais qui jamais ne le contente et dont il se lasse. Une sexualité débridée, une consommation de drogues excessives, une fureur de vivre auto-destructrive qui va de pair avec une ambition créative elle aussi sans limite. Mourir sur scène, puisqu’il s’agit de mourir, d’accomplir un dernier geste. Sachs intitule son film The man I love, nous ne pouvons nous empêcher de nous questionner sur l’identité de celui qui ici l’inspira, tant le geste cinématographique verse dans l’éloge, dans l’hommage, mais aussi dans la carte postale intime, les petits détails affinant le portrait semblant tous plus précis les uns que les autres, dans une apparente simplicité, que l’exposition initiale n’annonçait guère.










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