Appuyez sur “Entrée” pour passer au contenu

Minotaure d’Andreï Zviaguintsev

Mis à jour le 21 mai, 2026

Un film d’Andreï Zviaguintsev

Avec: Дмитрий Мазуров, Ирис Лебедева, Varvara Chmykova, Juris Žagars, Анатолий Белый, ולדימיר פרידמן, Anastasia Mischenko, Yuriy Zavalnyouk

Gleb, directeur d’entreprise russe sur le point de licencier ses employés, découvre que sa femme entretient une liaison.

Notre avis : ★★

Nous placions beaucoup d’espoir dans le nouveau film d’Andrei Zvyagintsev, de retour sur la croisette après plus de dix ans d’attente avec Minotaur. Nous ne savions pas exactement à quoi nous attendre, allions-nous retrouver un Zvyagintsev inspiré ou non. Cependant, des bruits couraient sur la croisette que le film se rapprochait d’un film que nous ne citerons pas, car en procédant de la sorte, irrémédiablement une partie du mystère du film s’évapore… quand il est préférable de se laisser porter sans connaissance de quelque contexte.

Minotaur dés ses premières images s’inscrit dans un milieu bourgeois, favorisé, à l’écart du peuple, dans un intérieur raffiné. L’image, élégante, tout comme la scénographie, clinique, instaurent une certaine distance que le spectateur est invité à prendre avec les protagonistes, et plus particulièrement le maître de maison, un homme riche, puissant, occupé; un dominant. Le film s’inscrit dans un registre classique, celui du thriller froid. Les dialogues vont à l’esentiel, le portrait de famille se pose, lui ramène l’argent, elle s’occupe des enfants et du domicile, leur amour et leur attachement n’est plus qu’un lointain souvenir; lui n’y voit pas d’inconvénient, elle s’ennuie, se fâne. Le récit, part d’un portrait familial dans un espace clos et limité, et comme souvent dans la filmographie de Zviaguintsev, ira vers une dénonciation de la société, ses rouages, l’homme n’en étant qu’une articulation, l’histoire individuelle n’étant qu’un exemple d’un tout gangréné, de mécanismes universels. Quoique l’image soit soignée, notamment dans ses cadres et teintes bleutées, ses décors épurés, Minautor souffre rapidement d’un rythme un peu trop lent, Zviaguintsev s’apesantit un peu trop, son intrigue devient étrangement limpide, par trop simple, quand par le passé il nous avait habitués à être beaucoup plus mystérieux sur ses intentions, Minotaur va droit au but, inéluctablement, directement, sans échappatoire ni biais.

L’intrigue policière qui s’est invitée vampirise le récit, les enjeux psychologiques s’en trouvent réduits à quelques fondamentaux, avant qu’une porte ne s’ouvre, que l’on puisse revenir à un cinéma plus politique, qui s’appuie sur une qualité d’observation pour dénoncer la classe bourgeoise russe d’aujourd’hui et ses fonctionnements, à l’instar de ce cinéaste français de la nouvelle vague qui y consacra les trois quarts de sa filmographie, mais dont nous tairons le nom, et surtout le film auquel Minautor effectivement se rapproche (raccroche ?).

Soyez le premier a laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.