Appuyez sur “Entrée” pour passer au contenu

La vie d’une femme de Charline Bourgeois-Tacquet

Mis à jour le 1 juin, 2026

Un film de Charline Bourgeois-Tacquet

Avec: Léa Drucker, Mélanie Thierry, Charles Berling, Laurent Capelluto, Marie-Christine Barrault, Yumi Narita

Gabrielle, 55 ans, se consacre corps et âme à son métier. Chirurgienne et cheffe de service dans un hôpital public, elle court et se démultiplie, assaillie de responsabilités. Il lui reste peu de temps pour sa vie privée — un mari qui l’aime et une mère dont elle doit s’occuper. Lorsqu’une romancière vient passer quelques semaines dans son service pour les besoins d’un livre, son équilibre vacille. Dans le quotidien que Gabrielle s’est construit, y a-t-il de la place pour l’inattendu ?

Notre avis : ★()

Malgré ses quelques beaux plans amoureux, La vie d’une femme ne nous convainc pas pleinement. Charline Bourgeois-Tacquet compose son récit sur la base de quelques motifs, qui alternent entre vie professionnelle et vie privée. Des motifs qui hélas virent rapidement au cliché, Léa Drucker ayant une trop grande tendance à jouer le ton sur ton. Assurément trop produit, à l’écriture trop mécanique, et plurielle, qui rappelle de nombreuses réalisations françaises depuis Polisse et Hippocrate, jamais l’ensemble ne parvient pas à tirer les larmes, les subterfuges étant par trop voyants, quand ils ne sont pas annoncés ou soulignés. Étrangement, dans sa part plus lumineuse, plus solaire, construite en parfait échappatoire, en contraste avec la difficulté du quotidien affairée, au planning trop rempli ne laissant pas cinq minutes devant soi, ne permettant pas de vivre autrement que selon un unique programme qui se répète, mais que la vocation impose, Charline Bourgeois Tacquet retrouve une inspiration bien plus singulière, elle nous semble soudainement moins encombrée de recettes contre-productrices, quelque part à l’instar de son héroïne, d’un coup d’un seul, elle ne nous parle plus des femmes, maladroitement, mais d’une femme, ouverte à la vie, à la facétie, qui se déleste du sérieux que son métier impose, et sent naître en elle de nouveaux horizons de penser, de nouveaux espaces pour aimer. Cette ode, que l’on imagine à l’image des rêveries de sa réalisatrice, se révèle pleine de charme inattendu, mais ne suffit pas à relever l’ensemble tant la mécanique qui consistait à nous apitoyer sur le combat quotidien aura pesé sur notre jugement, d’autant plus que le film concoure en compétition à Cannes, et qu’à ce titre, nos exigences s’en trouvent réhaussées.

Soyez le premier a laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.