Mis à jour le 22 mai, 2026
Un film de Lukas Dhont
Avec: Valentin Campagne, Emmanuel Macchia, Jonas Wertz
Pendant la Première Guerre mondiale, le jeune soldat Pierre veut faire ses preuves au front. Derrière les lignes, il rencontre Francis, qui a pour mission de trouver un moyen de remonter le moral des troupes.
Notre avis : ★★
Coward de Lukas Dhont, sans surprise, met en images, en sons, en musique et en chants, une romance sensationnaliste, sur fond de guerre 14-18. Soigné, appliqué, précis, aux silences appuyés, le flirt de 2h, aux respirations espacées, constamment menacé peut toucher, bouleverser comme laisser de marbre, en fonction de l’emprise que l’univers visuel, sonore voire haptique exerce sur chacun, selon que l’on y perçoit une impression de réel (une sensation) ou au contraire une manipulation par trop visible. Quand Ira Sachs met en scène des états d’âme changeante, Dhont s’intéresse davantage à des identités permanentes, qui s’accompagnent d’une lecture pulsionnelle, instinctive, plus que psychologique ou passagère. Il insiste donc sur des évidences, laissant par ailleurs planer un mystère permanent sur le devenir, l’histoire en elle même dans laquelle la relation s’inscrit valant principalement décor, en l’occurrence un décor masculinisé, avec toute l’ambivalence que cela comprend pour qui ressent de l’attirance pour le corps et le genre masculin, ou de la répulsion pour la toxicité de son univers, mais aussi, évidemment, un champs miné, un décor mortuaire qui impose plus encore l’énergie vitale, l’énergie collective. Lukas Dhont s’en sert donc comme un dispositif, les joies collectives, les chants, et autres travestissements venant faire oublier, ou tenter de le faire, l’atrocité des charniers dans lesquels les jeunes hommes sont amenés à combattre. En quelques mots, Dhont propose un cinéma de l’instant, un cinéma au présent – quoi qu’il regarde le passé, mais de façon universel, pour le citer, mieux vaut l’amour que la guerre – qui gagne en maturité vis à vis de ses premiers films, lesquels, par delà le sensationnel, visaient également à invoquer les bons sentiments, les lumières chatoyantes, et à éveiller chez le spectateur un sentiment d’injustice, stratagème qu’il met ici de côté pour uen matière plus brute (mais jamais brutale).










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