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Cadet de Adilkhan Yerzhanov

Un film de Adilkhan Yerzhanov

Avec Anna Starchenko, Sharip Serik, Ratmir Yusupzhanov, Alexei Shemes

Accompagnant sa mère venue enseigner dans une école militaire très stricte, un jeune garçon subit le harcèlement et les coups de ses camarades, avant d’adopter lui-même un comportement inquiétant.

Cadet, le dernier long métrage d’Adilkhan Yerzhanov, confirme l’audace formelle du cinéaste kazakh, mais oscille entre réussite visuelle et contraintes narratives.  

Le film s’appuie sur une photographie remarquable — un grain de pellicule dense et glacé qui confère à l’école militaire une atmosphère presque tactile, froide et sans âme. Cet usage du cadre figé, loin d’être gratuit, cherche à matérialiser l’immobilisme et la violence institutionnelle du lieu. Pourtant, ce parti pris stylistique, s’il peut être justifié comme un miroir de la rigidité militaire, devient rapidement répétitif, desservant la progression dramatique.

Sur le plan narratif, le huis clos oppressant dans l’académie sert de cadre à une critique sociale plus profonde: la pression des normes de genre, le harcèlement, et la violence latente d’un système éducatif-militaire qui broie l’individualité. Le film emprunte au genre horrifique non seulement des motifs classiques — apparitions, ambiance spectralement lourde — mais aussi pour explorer la psychologie de la peur collective et l’héritage d’une autorité obsolète.  

Saluons l’usage du son et la capacité du film à susciter la peur sans jump scares conventionnels. En revanche, il manque de la tension narrative et du mouvement nécessaires pour que la mise en scène ne se résume pas à une répétition statique.  

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