Sparring : Kassovitz en boxeur antihéros !

 

Quand Mathieu Kassovitz est à l’affiche d’un film, on est tenté d’aller voir un peu plus près car en effet le réalisateur culte de La Haine est aussi, il faut le souligner, un acteur de premier plan en France. On a pu le voir dans des films aussi éclectiques que  Regarde les hommes tomber d’Audiard, Le fabuleux destin d’Amélie Poulain de Jeunet ou encore Vie sauvage de Cédric Khan. Un acteur multifonctions qui a fait ses preuves .

On le retrouve ici en boxeur antihéros qui va faire le sparring d’une vedette de la boxe, qui va être payé pour prendre des coups et aider à l’entrainement du champion. Sparring est il un énième film sur la boxe comparable aux illustres Rocky, Raging bull, Fighter ou encore le récent Creed ? Des modèles du genre. Pas du tout ici le film sous son aspect social et humain serait plus à rapprocher du personnage de Fat City de feu John Huston qui jouait, pour reprendre le titre d’un des livres de Leonard Cohen, un beautiful looser, un perdant magnifique.

En effet, Steve le personnage de Sparring galère pour vivre et pour nourrir sa famille comme les petits boxeurs. On est en présence à l’écran d’un Kassovitz usé, fatigué dans le déclin de sa carrière. La lassitude du corps et de l’esprit d’un boxeur vieillissant est à ce titre une thématique assez récurrente dans les films de boxe. Nulle flamboyance est au rendez vous dans les combats. Le personnage est éprouvé bien souvent, il représente les sans grades dans l’ombre des grands. A ce titre le film montre l’art noble qu’est la boxe comme un gagne pain douloureux du quotidien . Kassovitz est un ouvrier besogneux qui part au charbon chaque matin .

L’amour que Steve porte à sa femme et ses enfants est un peu sa raison de se battre , d’endurer les coups . L’ amour père-fille plein de tendresse est au cœur du film et vient sans effet tire-larme adoucir les maux du boxeur, cautériser les plaies. Ce dernier veut trouver l’argent nécessaire pour lui acheter un piano. La bande-son est stimulante et enveloppe une mise en scène efficace pour parler de ce sport comme symbole ultime d’une lutte sociale. C’est l’histoire somme toute d’un type ordinaire qui se bat pour vivre.

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