Seul sur Mars, très imparfait et ambitieux tout à la fois

Lors d’une expédition sur Mars, l’astronaute Mark Watney (Matt Damon) est laissé pour mort par ses coéquipiers, une tempête les ayant obligés à décoller en urgence. Mais Mark a survécu et il est désormais seul, sans moyen de repartir, sur une planète hostile. Il va devoir faire appel à son intelligence et son ingéniosité pour tenter de survivre et trouver un moyen de contacter la Terre. A 225 millions de kilomètres, la NASA et des scientifiques du monde entier travaillent sans relâche pour le sauver, pendant que ses coéquipiers tentent d’organiser une mission pour le récupérer au péril de leurs vies.

Ridley Scott, dont le chef d’oeuvre inconstestable est Blade Runner, mais à qui l’on doit également Alien, les duellistes, Thelma et Louise, Legend, ou encore Gladiator revient avec un projet très hollywoodien, dans l’ère du temps, tiré du roman éponyme  Seul sur Mars (The Martian).031963.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Le moins que l’on puisse dire est que le projet sur le papier est ambitieux, que ce soit d’un point de vue technique – la planète Mars est à transcrire à l’écran, les vaisseaux spatiaux, les scènes dans l’espace, en apesanteur, ont du donner du fil à retordre, et des dollars, aux studios en charge des effets spéciaux, mais aussi sur le plan du scénario.

En effet, il s’agit de filer une dramaturgie rythmée et crédible, tout en laissant une large place à l’imaginaire, mais aussi à la réflexion et de façon pas si anecdotique à l’humour. Avant toute chose, le récit permet de s’intéresser à des recherches en cours, qu’elles soient scientifiques, de tout ordre, la botanique, science mineure en apparence si on la compare à la cosmologie ou à l’aéronautique, y trouve une très large place, tout comme l’informatique d’ailleurs, avec le bon vieux code ASCII mis en avant comme une prouesse technique.

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Mac Gyver doit réussir à cultiver ses pommes de terre sur Mars pourrait-on résumer.
Ce n’est absolument pas crédible, avouons-le, quoi qu’à l’instar de ce qu’avait pu faire Fincher pour The social network, le vrai est utilisé pour défendre le faux, les détails très précis peuvent tromper son monde et donner une impression de parfaite maîtrise. Le verbiage n’est cependant nullement abscons et le dosage somme toute respectueux, quitte à dire n’importe quoi, autant ne pas trop insister, non ?

Ce défaut très évident pourrait nous inviter à vous déconseiller très fortement de dépenser votre argent, tout comme l’effet 3D toujours aussi peu intéressant, mais l’intention du film ne nous semble pas être dans le réalisme, mais bien ailleurs. Ainsi, les personnages n’ont de cesse de se moquer de la situation dans laquelle ils se trouvent, et de proposer quelques dialogues décalés bienvenus; on ne se prend pas tant que cela au sérieux.

Cela n’empêche nullement l’auteur d’interroger le spectateur sur des aspects déontologiques. Si on est très loin d’un brûlot antimilitariste comme peut l’être Les sentiers de la gloire de Kubrick, la volonté de préserver l’image, de conserver le pouvoir, l’irresponsabilité et les négligences d »hommes de pouvoir, prêts à sacrifier un homme pour leurs intérêts personnels, et même les conditions de travail s’invitent ainsi aux rangs des thématiques abordées.

Le tout n’est pas le grand émerveillement que l’on pouvait en escompter certes – les clichés se succèdent (combien de fois a-t-on vu cette salle de contrôle ?)-  mais est plutôt malin; le rythme en lui même également obéît à une trame somme toute peu prévisible – même si on lui reprochera de nombreux raccourcis qui accélèrent l’impression de grande incohérence, l’absence de soins dans les détails, le survival movie de départ laisse place petit à petit à une fable sociale d’anticipation, qui surfe sur la vague gravitationnelle (Gravity like) et ose la romance.

Divertissant et léger au final, le couple formé par Matt Damon et Jessica Chastain a de quoi faire rêver, d’autant plus que l’interprétation du premier est tout ce qu’il y a de plus honnête.

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