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Revenir: Niels Schneider toujours plus magnétique

Last updated on 25 février, 2020

C’est la ferme où Thomas est né. C’est sa famille. Son frère, qui ne reviendra plus, sa mère, qui est en train de l’imiter, et son père, avec qui rien n’a jamais été possible. Il retrouve tout ce que qu’il a fui il y a 12 ans. Mais aujourd’hui il y a Alex, son neveu de six ans, et Mona, sa mère incandescente.

Jessica Palud était ravie de pouvoir présenter son premier long métrage Revenir à Venise, en sélection Orrizonti, accompagnée de ses deux acteurs principaux Niels Schneider et Adèle Exarchopoulos.

Le film présente quelques singularités, quelques partis pris qui le distinguent. Le premier concerne le sujet, la famille dans le milieu rural, la dureté des relations entre parents et enfants en lien avec le métier, la difficulté de communiquer également. Ce sujet, qui peut sembler une matière cinématographique relativement pauvre, était déjà au cœur de quelques œuvres de Bresson. Si Revenir ne peut se comparer raisonnablement à Au hasard Balthazar par exemple, il présente ceci dit une ambition assez similaire: sonder l’âme humaine, interroger la douleur, les blessures enfouies et non avouées. Jessica Palud opte pour un récit très épuré, très raccourci dans sa durée même, ce qui lui permet de parvenir à une certaine intensité, dans l’émotion non avouée, mais aussi dans le mystère qui entoure son personnage principal, ses motivations passées, lorsqu’il a fui, et ses motivations présentes, lorsqu’il revient au chevet de sa mère mourante, et rencontre sa belle sœur, qui le trouble – intéressante Adèle Exarchopoulos.

Si cette intensité ressort, si l’intention de la réalisatrice nous parvient malgré un style à l’opposé du cinéma spectacle, qui en impose, on le doit en grande partie au jeu impressionnant de Niels Schneider, tout simplement magnétique tout au long du film. La caméra s’agrippe à lui, à ses gestes, à ses regards, à ses mouvements, et jamais ne le quittera. Le spectateur est invité à un voyage intime, Jessica Palud fait le choix de tout montrer sous le prisme de son personnage principal, ses vues, ses ressentis. Voilà la matière véritable de Revenir ! On le suit, le découvre, le questionne. Le portrait de ce jeune adulte raisonne, il dresse un portrait plus global d’une France rurale, sonne particulièrement juste dans ses non dits notamment.

Très bien servi par un rythme au final alerte – du fait de la durée raccourcie- Revenir se révèle un film impressionniste plus que réaliste, il questionne, comprend ses zones d’ombre, diffuse une impression bien plus qu’il ne livre de réponses, de jugements, ou d’explications.

Impressionné par la finesse et la force de l’interprétation de Niels Schneider (2019 a vraiment été l’année de la confirmation pour lui), nous l’avions rencontré à Venise:

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