Rester Vertical d’Alain Guiraudie

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Le problème, quand on a affaire à un film ou un auteur qui ne ressemblent à rien/personne d’autre au Cinéma, est, paradoxalement de verser dans la comparaison pour donner à voir à quoi l’oeuvre ressemble à nos chers lecteurs…

Alors allons-y : Rester Vertical = Pasolini, Bunuel, Dumont. Mais il s’agit surtout d’un OFNI qui n’est même pas comparable à L’inconnu du lac -sinon pour la crudité sexuelle et l’amour des beaux paysages et l’Art de savoir si bien les filmer.

Mais ce n’est pas une scène sexuelle qui constitue l’une des parties les plus choquantes du film :  c’est une scène d’accouchement, filmée sans oh-que-c’est-beau-de-donner-la-vie, qui a fait se détourner les yeux de journalistes qui en ont vu de bien pires, de mémoires de cinéphiles. Car, comment dire ? Il n’y a pas qu’un enfant qui sort du corps de la femme -on vous épargnera les détails scatologiques qui sont pourtant purement réalistes mais tabous.

Avant d’aller plus loin, parlons de la plus grande qualité de ce film, une qualité notoire : son scénario.

Quand on voit plus d’une centaine de films par an depuis des années, on finit par toujours deviner l’enchaînement des scènes, les rebondissement, la logique narrative, les twists, les ficelles. Ainsi, même les  constructions scénaristiques les plus sophistiquées deviennent prévisibles.

Dans Rester Vertical, il n’en est rien : à chaque séquence, on est cueillis.

 Le film peut être perçu par ses détracteurs comme un « grand n’importe quoi foutraque » quand il est tout simplement surréaliste, parfois absurde, mais positivement absurde, au sens noble du terme.

Tentons l’impossible : pitcher cette histoire impitchable…. Un scénariste allant de Brest  à la Lozère (en inversement) en voiture, on ne sait pourquoi.  Il n’a de scénariste que le nom, car cela fait longtemps qu’il n’écrit plus, mais il réclame tout de même des à- valoirs conséquent, feignant d’être en pleine écriture, histoire de gagner sa vie. Dès le début du film, il rencontre un mignon -tout droit sorti de Satiricon- par lequel il est littéralement obsédé -sexuellement aussi- voire amoureux. Le mignon en question vit chez un papy qui passe ses journées à écouter du Pink Floyd, dont il est féru. Pourtant notre scénariste va se maquer avec une bergère, jusqu’à avoir un enfant avec elle, et n’en avoir que faire, au point que la jeune femme le plante lui et le bébé.

Les loups ont un grande importance dans l’histoire… on ne vous en dira pas plus.

Les fans de Guiraudie retrouveront donc sa virtuosité à filmer de manière originale de beaux paysages et son approche crue, frontale du sexe, jusqu’au tabou ultime -ou presque, mais nous n’avons pas envie de vous spoiler ce morceau de bravoure. On retrouve aussi gros plan de sexe féminin presque aussi beau que L’origine du monde. 

Une dernière chose, non négligeable : le film est férocement drôle.

 

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