Des nouvelles de la planète Mars: Dominik Moll revient à ses premiers amours

En sortie DVD, Des nouvelles de la planète Mars marque le retour du du duo formé par Dominik Moll et Gilles Marchand à un genre qui leur a valu succès critique comme populaire.

Philippe Mars, ingénieur informaticien divorcé, essaye tant bien que mal de mener une vie tranquille, entre un fils collégien devenu subitement végétarien, une fille lycéenne obsédée par la réussite, une soeur artiste peintre aux oeuvres terriblement impudiques et une ex-femme qui bosse à la télé… L’irruption accidentelle de Jérôme, un collègue légèrement perturbé, achève de transformer son existence en chaos. Mais dans un monde qui a perdu la raison, la folie est-elle vraiment si mauvaise conseillère ?

On était resté en ce qui concerne Dominik Moll soit sur cette adaptation peu réussie du Moine de Lewis, soit pour les amateurs de série sur Tunnel.

Gilles Marchand de son côté a écrit notamment le scénario plutôt insignifiant de La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil, alors que sa dernière réalisation était le très mauvais L’autre monde. Pourtant ce duo, au début des années 2000 était des plus prometteurs, et notamment apportait un souffle de renouveau dans la production française. Avec Harry un ami qui vous veut du bien, puis Lemming,  réalisés par Dominik Moll et co-écrits avec Gilles Marchand, un nouveau cinéma était en train de s’affirmer qui rencontrait tout à la fois son public et l’estime de la presse.  Gilles Marchand ne tardait pas à confirmer les espoirs placés en lui, Qui a tué Bambi, son premier long métrage, tirait pleinement parti du jeu glaçant d’un Laurent Lucas symbole de la réussite des deux amis.

Leu écriture se distingue par la propension à introduire une dimension fantastique dans un récit à la trame des plus classique. Leurs films se situent à la frontière d’un genre, il s’en dégage une impression rare, tout à la fois haletante et se jouant du malaise. Très clairement, en ce qui les concerne, on peut parler de patte, nous sommes entre le film de genre à l’espagnol et le film d’auteur à la française.

L’un comme l’autre prendront leur temps pour proposer une nouvelle production à l’écran et 2010 marquera leur retour très attendu, d’autant plus que leurs projets sont très ambitieux: l’adaptation du Moine de Lewis  avec Vincent Cassel pour Dominik Moll, tout comme l’autre monde, film se jouant de la réalité virtuel, sélectionné à Cannes pour Gilles Marchand, font beaucoup parlé d’eux avant leur sortie en salle tant ils représentent des paris vivifiants, intéressants. Mais, à notre grande désillusion, le résultat s’avère décevant pour Dominik Moll, navrant pour Gilles Marchand. La magie semble éteinte.

Le retour de Dominik Moll derrière la caméra était donc cette fois-ci bien moins attendu, la publicité plus rare, ou en tout cas tournée vers la distribution et non centrée sur le nom de son réalisateur. François Damiens au casting, le film, jusque dans sa bande annonce, prend des apparats de comédie, visant un public large. Il faut reconnaître que l’élément comique a toujours trouvé sa place dans les films de Dominik Moll, notamment par ce procédé qu’il affectionne plus que de raison qui consiste à introduire un élément perturbateur dans la routine familiale. La perturbation produit des effets étranges, et parmi ceux-ci certains sont vecteurs de comique.

Dans Des nouvelles de la planète Mars, l’élément perturbateur est joué par l’acteur le plus représentatif du nouveau cinéma d’auteur français, Vincent Macaigne

Tous aiment à tirer profit des contrastes et des failles que son jeu propose, empruntant – à leurs débuts- à  Gérard Depardieu (la voix se faisant douce, un phrasé particulier) comme à Michel Blanc (la peur des renards la nuit, le rapport à la séduction, le caractère frêle mais au final enjoué, l’anti-héros par excellence qui s’avère le héros d’une âme ouverte).

Et le résultat est à découvrir tout simplement ! Il s’avère très proche dans son esprit des débuts de Dominik Moll, le comique est présent certes, mais il n’est pas le sujet véritable, la motivation première du film. Bien au contraire, le film s’aventure de nouveau aux frontières d’un genre, le concilie avec des aspirations narratives des plus classique, pour intriguer, interroger, parfaitement servi en cela par la rigueur du jeu de François Damiens, et la fantaisie apportée par Vincent Macaigne.

La forme est, par ailleurs, elle aussi très soignée, avec notamment une photographie intéressante.

 

 

 

 

 

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