Marie et les naufragés – loufoque !

« Marie est dangereuse » , a prévenu Antoine. Ce qui n’a pas empêché Siméon de tout lâcher, ou plus exactement pas grand-chose, pour la suivre en secret. Oscar, son co-locataire somnambule et musicien, et Antoine, le romancier en mal d’inspiration, lui ont vite emboîté le pas. Les voilà au bout de la Terre, c’est-à-dire sur une île. Il est possible que ces quatre-là soient liés par quelque chose qui les dépasse. Peut-être simplement le goût de l’aventure. Ou l’envie de mettre du romanesque dans leur vie…

Le nouveau projet de S. Betbeder marque un véritable virage dans sa filmographie, un virage qui tend franchement vers la comédie. Comme souvent avec lui, on retrouve un casting intéressant mêlant jeunes acteurs en vogue (le très juste Pierre Rochefort, l’alerte Vimala Pons); avec des acteurs confirmés (Eric Cantona) tout en confiant des seconds rôles à d’illustres comédiens (André Wilms, Emmanuelle Riva) tout à la fois en clin d’œil et en hommage. L’alchimie entre ces cinq là n’est pas évidente à trouver assurément, surtout si on s’essaye à un film à la trame narrative classique – le moindre que l’on puisse dire est que chacun de ses acteurs embarque avec lui son univers, ce pourquoi les réalisateurs les retiennent. Alors entre le phrasé si particulier d’un André Wilms, la douceur d’une Emmanuelle Riva, l’espièglerie d’une Vimala Pons, la force d’un Eric Cantona, et l’intériorité d’un Pierre Rochefort, comment bâtir un récit qui tienne la route ?

La réponse est simple et évidente. On la trouve tout à la fois dans la référence la plus assumée de S. Betbeder, Alain Resnais !, et dans son choix de compositeur, Sebastien Tellier !

Quoi que très écrit, avec toujours ce signe distinctif  propre à l’écriture de S. Betbeder qui consiste à ce que les personnages eux même soient leur propre narrateur omniscient, que l’acteur prenne le temps d’une ellipse le pas sur le personnage, Marie et les naufragés choisit le parti de l’univers décalé – plutôt qu’absurde- ,  du rythme, de la comédie, de l’imprévisible. Et le résultat est particulièrement loufoque ! (pour ne pas dire réussi puisqu’il s’agit bien de l’intention de l’auteur!).

Très plaisant, sympathique, Marie et les naufragés nous embarque dans une aventure où les effets de lumières, et l’ambiance sonore ne cherchent aucunement la sobriété. D’autant plus agréable, que ce genre de comédie n’est pas des plus courus, on reste très loin des nombreux projets formatés, aux trames répétitives et convenues, on peine à rattacher le film à un genre particulier. Une comparaison qui nous est suggérée par S. Betbeder lui même et qu’on lui concède bien volontiers est Mon oncle d’amérique.

Retrouvez notre long entretien avec S. Betbeder, la deuxième partie étant consacrée à Marie et les naufragés.

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