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Deux films, une critique : Greta et Ma -faux semblants

Greta et Ma sont sortis à la même période avec un pitch et une ambition similaires. Soit des dames entre deux âges qui sympathisent très fortement avec une adolescente -ou un groupe d’adolescents-, les attirant chez elles, avec des intentions a prori sympatiques, pour le pire.

Le but ? Filer la trouille, thriller ou film d’horreur. Choisissez.

Greta de Neil Jordan (The crying game, Entretien avec un Vampire) est supérieur à Ma. Tourné peu après Elle de Paul Verhoeven, il n’offre pas les égards auxquels est habituée notre insubmersible super actrice, Isabelle Huppert : la lumière, dure, peu amène, la vieillit (Huppert joue très souvent les femmes entre 45 et 50 ans ; ici le film nous affiche son âge véritable, ce que même -et surtout- Verhoeven n’avait pas osé). Le jeu de la « machine à jouer » (dixit Jean-Pierre Lavoignat) est fort intéressant, car elle ne joue pas dans sa langue natale, ce qui lui donne une innocence, une liberté, une absence de truquages ou de tics glanés au fil d’une très longue et foisonnante carrière. Elle campe donc une fausse gentille femme d’un certain age isolée et abandonnée de tous, qui drague dans ses filets une gentille jeune fille orpheline de mère (la très « poupon » et angelique Chloë Grace Moretz) par un stratagème calculé -l’oubli d’un sac avec adresse dans le métro. Si le film fait le job, et verse un peu dans l’horreur, nous n’atteignons pas le niveau de The Crying Game ; dommage car Huppert avait accepté le film pour travailler avec Jordan. Ce rôle dessiné à gros traits, et qui est une resucée de plein d’autres qu’elle a déjà endossé (Merci pour le chocolat, La pianiste) manque d’humanité, de subtilité et d’une psychologie crédible. L’avantage ? Le divertissement jetable bat son plein sur le moment.

Octavia Spencer as Sue Ann in Ma, directed by Tate Taylor.

Ma, donc, est construit sur la même trame. Le rôle de la fausse gentille dame chez qui il fait bon passer du temps est endossée par Octavia Spencer (La couleur des sentiments du même réalisateur Tate Taylor à qui l’on doit également Get on up). Son personnage n’est pas intrinsèquement mauvais -celui de Greta, sans trop spoiler, est né méchant. Ses calculs néfastes sont issus d’un traumatisme initial, de ces choses qui vous gâchent une adolescence puis une vie… mais le film vire grand guignol, les thèmes abordés (le syndrome de Muchausen par exemple) vite balayés sans trop d’explications, le personnage de Ma est sans aucune nuance (il ferait passer celui de Greta pour de la dentelle de haut vol) ; ici aussi le personnage est absolument mauvais alors qu’il était quelqu’un de gentil et vulnérable adolescent ; le film tient à aller « straight to the point » : une exposition rapide de tous les personnages, la tactique de sympathisation et les bons moments passés ensemble, le découverte de la nature de « Ma » et du pourquoi de ses intentions, puis l’explosion ridicule et grossières d’actes plus ridicules et grossiers pour un final qui ne l’est pas moins.

Résultat ? Greta remporte le match.

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