Le fidèle, rocambolesque et ennuyeux

Le fidèle est le nouveau film de  Michaël R. Roskam à qui l’on doit notamment le très remarqué (quoi que nous en soyons pas franchement les plus grands défenseurs, sic) Bullhead, fer de lance du nouveau cinéma belge multi-récompensé et qui représenta la Belgique aux Oscars pour le meilleur film étranger.

Le film suivant de M. R. Roskam, Quand vient la nuit, était une grosse production américaine passée relativement inaperçue, qui réunissait pourtant à l’affiche Tom Hardy, Naomi Rapace, Matthias Schoenhaerts, et le regretté James Gandolfini.

Présenté hors compétition à Venise – ce qui laissait présager d’une faible qualité – Le fidèle réunit à l’écran Matthias Schoenhaerts fidèle et reconnaissant envers son copain à qui il doit sa renommée et la suite de sa carrière, et Adèle Exarchopoulos dans un rôle viril de jeune pilote casse-cou qui suit ses instincts peu importe ses origines bourgeoises.

M.R. Roskam a clairement voulu présenter un film fait d’adrénaline, de passion et a cherché à mettre à l’écran un récit d’amour fou, tout en restant sur un cinéma qu’il affectionne, un cinéma en constante recherche d’efficacité. Nous noterons à ce sujet une très belle scène de braquage, empruntée à Lelouch, qui a demandé une logistique très particulière et nécessitait que tout soit millimétré, façon Mission Impossible.

Pour le reste, quand M.R. Roskam nous parle d’amour, il nous semble surtout qu’il nous parle de grosses cylindrées, de gangs, et de guns. Le récit ne s’embarasse pas de subtilité, nuances, au contraire, il est très appuyé, rocambolesque, fort peu crédible. Surtout il s’étire plus que de raison, M.R. Roskam nous semblant parfois très complaisant avec lui même, se regardant filmer, et proposant des scènes érotiques bien plus gratuites qu’électrisantes, surfant sur les réputations et plastiques de ses deux acteurs principaux.

Clairement, nous sommes sur un film proche de l’univers d’Audiard, à l’écriture simpliste. Outre le peu de crédibilité que l’on accorde à ce scénario, très fabriqué, le ressenti principal est celui d’une intrigue qui s’étire bien plus que de raison, eut égard au faible doute qu’elle laisse, à son faible intérêt narratif: Nul mystère, nulle ambiguïté, des vérités toutes faites, des clichés vus et revus. Peut être qu’avec une heure de moins le fidèle eut été plus efficace justement …

Ce que nous retiendrons du fidèle sera bien plus la performance d’Adèle Exarchopoulos, qui alors même qu’elle n’avait pas encore le permis incarne avec beaucoup d’aplomb et de vérité une pilote de course rebelle ainsi que  son discours sur l’amour en conférence de presse à Venise.

 

 

 

 

 

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