Au FID Marseille, on a eu le plaisir de rencontrer Caroline Milcent et Louise Leroy autour de Chicken Soup, premier long métrage de la réalisatrice, remarqué dès sa première mondiale. Un film frais, particulièrement bien rythmé, et remarquablement interprété.
Les États-Unis s’apprêtent à réélire Trump. À New York, Lili, jeune femme impétueuse et fauchée, vit de petits boulots et vient de se faire larguer. Brillamment incarnée par Louise Leroy, elle enchaîne les situations absurdes et burlesques jusqu’à ce qu’un contrôle de police bascule tout : sans green card, elle se retrouve prise dans le système migratoire américain. Ce qui commence comme une chronique sociale corrosive prend alors des allures de fable politique, sans jamais perdre son sens du comique ni sa tendresse.
Chicken Soup est un premier film étonnamment maîtrisé. Caroline Milcent y force le trait avec finesse, joue des clichés, fait basculer le ton du burlesque au quasi-thriller, et signe une comédie qui rit jaune. On ne s’inquiète jamais tout à fait pour Lili – sa nationalité, sa jeunesse et ses privilèges la protègent –, mais on sent parfaitement que ça aurait pu très mal tourner.
Lors de notre rencontre, Caroline Milcent a raconté la genèse du film : un voyage à New York qui n’a pas eu lieu, des expériences de baby-sitting, les galères administratives d’une amie, et l’envie de fixer un moment précis, celui des élections de novembre 2024. Le personnage de Lili est clairement nourri de son propre parcours : une jeune femme occidentale désorientée, en quête de sens, confrontée à une réalité collective plus rude qu’elle ne l’imaginait.
Quant à Louise Leroy, elle s’est imposée très vite. Caroline Milcent l’avait vue dans un film de Claude Schmitz et avait été frappée par sa spontanéité. Malgré un temps très court, l’actrice a porté le rôle avec une précision et une énergie remarquables, passant du français à l’anglais en quelques semaines. Le résultat est là : une interprétation vive, juste, jamais démonstrative, qui porte tout le film.
Tourné à New York en deux semaines, avec un budget minuscule, sans autorisations et une équipe réduite, Chicken Soup a quelque chose d’urgent. C’est peut-être ce qui lui donne cette fraîcheur et ce rythme si particulier. Un premier film qui arrive déjà très abouti, et qui confirme que le FID reste un excellent endroit pour découvrir des voix nouvelles.
Retrouvez notre entretien avec Caroline Milcent et Louise Leroy en vidéo.







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