Marlene Dietrich – Au sommet de l’Olympe

Marlene Dietrich

Mise à l’honneur par le moteur de recherche Google, Marlene Dietrich est née le 27 décembre 1901, il y a 116 ans exactement.  Le Mag cinéma vous propose un petit retour sur l’œuvre de cette immense actrice.

L’Ange bleu

Figure emblématique du classicisme hollywoodien, l’actrice d’origine allemande a commencé sa carrière dans des spectacles de revue. Ce goût pour le spectacle scénique réapparaîtra dans la plupart de ses films. Après différents rôles qui lui permettent d’acquérir une certaine réputation, L’Ange bleu (1930) de Josef von Sternberg lui assure un grand succès auprès du public européen. Littéralement subjugué par sa comédienne, le réalisateur la convainc de le suivre à Hollywood. Cœurs brûles (1930) avec Gary Cooper fait d’elle une véritable star. L’actrice connaît déjà les règles du métier, joue avec la caméra et les lumières, reprenant à son compte les artifices du dispositif cinématographique.

Cœurs brûlés

Tandis que Sternberg confère à ses gros plans une aura quasi-mystique proche de la nature de l’icône picturale, Dietrich entretient son image autour d’une ambiguïté latente. L’esthétique du cinéaste fait de son regard son principal atout stylistique. Minimaliste, l’expressivité de Dietrich s’accorde avec les conventions formelles du cinéma hollywoodien, rejoignant les imprécations du sous-jeu propice au développement du découpage de la transparence.

L’Ange des maudits

Séductrice et femme d’action dans Agent X 27 (Josef von Sternberg, 1931) et L’Ange des maudits (Fritz Lang, 1952), l’actrice décale son rapport à la féminité en déjouant les rapports entre genres. Associé au travestissement (Blonde Vénus, Josef von Sternberg, 1932), ce saphisme implicite fait d’elle une figure paradoxale et marginale, entre le débordement charnel et l’asexualité idéelle (Ange, Ernst Lubitsch, 1937).

Témoin à charge

L’attrait pour le déguisement se déporte du côté d’une méthodologie marquée par le double-jeu (Témoin à charge, Billy Wilder, 1957), lui permettant d’incarner une nature duelle et une morale trouble (Le Grand Alibi, Alfred Hitchcock, 1950). Dans La Soif du mal (1958), Orson Welles synthétise cette singularité en lui offrant le rôle d’une mystérieuse gitane, sorte de sorcière shakespearienne démiurgique et fascinante.

La Soif du mal

À l’instar de Greta Garbo, Marlene Dietrich occupe une place particulière au sein de l’Olympe hollywoodien, incarnant le grand art d’une période à présent révolue.

Blonde Vénus
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