Les meilleurs films de l’année 2016, côté animation

Comme chaque année, vos revues préférées vous proposeront leur top 3, 5, 10 et pourquoi pas 20 de leurs films préférés. Le Mag cinéma ne déroge pas à la règle. On mentionnera donc les incunables de l’année 2016 : l’époustouflant The Revenant d’Alejandro Gonzalez Inarritu (qui de façon assez idiote est considéré sur les réseaux comme un film de 2015 à la grâce d’une sortie unique fin décembre) ; Sully du maestro Clint EastwoodSnowden d’Oliver Stone (dont on vous reparlera bientôt, promis !) ; et pourquoi pas  l’anti-héroïque Deadpool  (Tim Miller) dont le commentaire méta finissait par se détacher de l’audace escomptée et pouvait s’avérer rapidement ennuyeux.  Mais 2016 fut aussi l’année de l’animation grand public. Entre la prise de vue réelle et le dessin animé, les techniques du numérique ont affirmé le règne de l’hybridation maximum. Les images de synthèse se démultiplient, certes, mais assurent par ailleurs la pérennité de techniques plus traditionnelles quoiqu’à présent informatisées. On reviendra donc sur trois de ces œuvres clés.

1. Zootopie

Soyons honnêtes : Disney apparaît aujourd’hui comme la société de production la plus intéressante en matière de stratégie économique. Après Miramax et Pixar, le rachat de Lucasfilm s’avère être une véritable réussite. La maison mère de l’Oncle Walt opère toujours de la même manière, offrant à ses nouveaux associés une (presque) totale autonomie du point de vue créatif tout en assurant la commercialisation de leurs produits. D’abord co-producteur attitré des longs métrages Pixar, la Walt Disney Company a finalement racheté l’ensemble du studio en 2006. On aurait alors pu craindre le pire pour l’équipe de John Lasseter, mais il en a été tout autrement. Le savoir-faire de l’équipe Pixar s’est imposé au sein des studios Disney et, à travers le renouveau de l’animation 3D, a su offrir aux artistes maison  de nouvelles perspectives de création. Zootopie (Jared Bush, Byron Howard, Rich Moore) fit l’effet d’un véritable bol d’air frais à l’intérieur d’une  filmographie disneyenne contaminée par de nombreuses suites (Cars 2Planes 2 ; les innombrables versions de la Fée Clochette), des remakes photoréalistes couplés à une animation hyperréelle (Le Livre de la junglePeter et Elliott le dragon), et certaines réussites purement commerciales (le marketing littéralement assourdissant de La Reine des neiges).

Chaperonné par LasseterZootopie propose un rythme relevé, une caractérisation assez inventive de personnages somme toute sympathiques,  ainsi qu’une formidable énergie cartoonesque qu’on croyait ne pas revoir de sitôt du côté de chez Disney. Le bestiaire rappellera certains des classiques du genre, le film en profitant pour commenter la nature animale de ses protagonistes, un élément assez rare pour être souligné.

2. Kubo et l’armure magique

Le studio Laika est surtout connu pour ses productions inventives. Coraline (2009), L’Étrange pouvoir de Norman (2012), Les Boxtrolls (2014), c’est eux ! Une esthétique travaillée emportée par un tempérament décalé, voilà qui constitue la marque de fabrique de cette société de production qui joue aujourd’hui dans la cour des grands. Kubo et l’armure magique (Travis Knight) ne déroge pas à la règle. L’animation image par image défausse les volumes et les perspectives conférant au métrage la poésie d’un théâtre de marionnettes.

L’esprit nippon bat son plein, et on se souviendra longtemps de ces ombres venues hanter le jeune Kubo, toutes droit sorties d’un film de Hideo Nakata ou de Kiyoshi Kurosawa. La bande-son rock tire parfois du côté du psyché et le tempo de l’ensemble adopte une forme méditative. Travis Knight s’attarde sur un paysage et émaille son conte initiatique de trouées picturales qui confinent au sublime.

3. Le Bon Gros Géant

Steven Spielberg et le cinéma d’animation, c’est une grande histoire d’amour. Dès ses premiers films, le réalisateur cite les classiques de Disney (DumboPinochio), et définit à partir d’eux ses personnages les plus représentatifs. En 1993, son Jurassic Park enclenche une véritable révolution. Si l’on doit à James Cameron d’avoir ouvert la voie aux expérimentations de synthèse avec Abyss (1988) et surtout Terminator 2 (1991), Spielberg prouve leur viabilité économique et transforme de l’intérieur l’industrie hollywoodienne. Dès lors, le cinéaste ne jure que par le numérique. Celui-ci lui permet de développer à la foisson imaginaire enfantin (A.I.), mais aussi de servir le discours de ses productions plus matures (Minority ReportLa Guerre des mondes). En 2011, il signe aux côtés de Peter JacksonLes Aventures de Tintin qui le familiarise avec la technique de la performance capture, permettant de scanner la démarche, la gestuelle et les expressions d’un acteur, puis de l’affubler d’une enveloppe de synthèse. Cette particularité sert justement l’argument du Bon Gros Géant, adaptation d’un roman du génial Roald Dahl, en insistant sur l’interaction étroite de la réalité et de la fantaisie.

Si dans Jurrasic Park, l’image de synthèse visait la crédibilité photoréaliste, Le Bon Gros Géant affirme la présence de l’animation en reniant toute explication cohérente. Le passage du monde des humains à celui des géants est délimité par la substitution et la rencontre de deux esthétiques. Sur ce point, Spielberg semble avoir pris des leçons chez son meilleur élève : Robert Zemeckis qui avec Le Pôle Express (2004) et Le drôle de noël de Scrooge (2009) a signé deux des plus intéressants films d’animation de ces vingt dernières années.

À côté de ces films, on conseille à nos lecteurs la lecture d’un essai en lien avec notre thématique : La face cachée de Mickey Mouse de Clément Safra, publié aux éditions Vendémiaire, qui permet de poser un nouveau regard sur la célèbre créature des studios Disney.

 

 

 

 

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