Tiens-toi droite : un film bancal

tiens-toi-droiteAprès Pourquoi tu pleures ? en 2011, la réalisatrice Katia Lewkowicz, revient avec un nouveau long-métrage au titre apostrophant : Tiens-toi droite. Le film met en scène trois femmes, Louise (Marina Foïs), Sam (Noemie Lvovsky) et Lili (Laura Smet). La réalisatrice donne à voir un film chorale, où se mêlent divers personnages qui finiront par se rencontrer pour travailler sur le prototype d’une future poupée (l’équivalent de Barbie en somme). Nous suivons l’histoire de ces trois femmes qui ne se connaissent pas encore. Louise, pistonnée par son amant, quitte le pressing familial pour un travail dans une grande entreprise de fabrication de poupée. Sam, mère de famille nombreuse enchaine les boulots pour pouvoir subvenir aux besoins de sa famille. Et enfin Lili, Miss Nouvelle-Calédonie, qui vit une rencontre passionnelle avec un riche industriel. Laura Smet, qui incarne le rôle, revient sur les écrans après une longue absence, et elle tient le premier rôle.

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Un scénario fantasque mais faible

« Tiens-toi droite », c’est ce que toutes les mères répètent à leurs filles. L’intrigue commence par l’histoire de Lili, qui grandit dans une province normande. A l’âge de la puberté, la jeune fille est littéralement exilée en Nouvelle Calédonie sous le prétexte d’une puberté exacerbée. Cette excentricité peut paraître fantasque, elle l’est. Ce ne sera pas la dernière, il y aura aussi la gérante de pressing qui est soudain promue directrice marketing, la jeune petite boulotte star du Web qui devient la conseillère en chef d’une Miss et égérie d’une marque de poupées, ainsi que la mère de famille qui cache sa grossesse gémellaire jusqu’à son accouchement. Bref, autant de situations absurdes que mal amenées. Le film repose tout entièrement sur ces situations auxquelles il est difficile de croire, ce qui en soi ne constitue pas une tare. Le problème est sans doute la faiblesse scénaristique du film : les situations sont clairement incohérentes, on passe d’une excentricité à une autre, sans que cette dernière soit motivée.

Malgré de belles performances de comédiennes, on peine à comprendre les personnages qu’elles incarnent et leur histoire. Les libertés scénaristiques prises par la réalisatrice ne parviennent pas à nous convaincre.

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Un parti pris abscons

Certes, Katia Lewkowicz réussit à faire de son film une œuvre légère, qui diffuse un vrai message. Mais pour autant, la réplique de la scène de fin demeure incompréhensible : « C’est à elle (Lili) de s’adapter à la poupée ». N’est-ce pas ce que combat le féminisme ? Ne pas s’aligner sur les diktats de la mode mais au contraire, être soi en faisant fi de tout ce qu’impose aux femmes le marketing ? Certes, Katia Lewkowicz ne fait pas de grands sermons et, de plus, elle a le bon goût d’éviter la sempiternelle lutte des sexes. En effet, les hommes sont très peu présents dans l’œuvre.

En revanche, des incohérences subsistent : la rencontre de Lili avec un riche industriel est incompréhensible pour le spectateur. Elle lui tombe dans les bras mais s’avère très vite liée à lui par un contrat (qui n’est pas celui du mariage). Quant à la relation entre Louise (Marina Fois) et celui qui deviendra son charmant patron (Jonathan Zaccai), elle est tout aussi obscure : on ne comprend pas ce pourquoi ils ne parviennent à se mettre ensemble, on ignore si Stéphane (le directeur) est marié, ou non. Tiens-toi droite est sans nul doute une œuvre qui ne plaira pas à tout le monde. En effet, on peut très bien rester hermétique aux émotions que veut nous faire passer le film, tout simplement par le manque d’empathie que l’on peut facilement ressentir face aux personnages

En définitive, Tiens-toi droite est un film bien joué mais sans fil conducteur, et aux situations qui manquent de crédibilité

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