The diary of a teenage girl, meilleur film de l’année ?

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The diary of a teenage girl est un bijou indé, et sans aucun doute l’un des meilleur films de 2016… Et pourtant il sort en VOD. Manque d’acteurs connus en France ? Sujet subversif ? En tout cas on ne peut que vous exhorter à voir ce film supérieur à tout ce qui est à l’affiche en ce moment sur grand écran.

Le sujet du film est tiré du roman graphique éponyme de Phoebe Gloeckner -la version française du livre s’intitule Vite, trop vite et est édité aux éditions « La belle colère ».

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La film raconte l’histoire purement autobiographique sinon autofictionnelle de Gloeckner : celle d’une adolescente perdue dans un monde, un contexte et une époque qui n’avaient pas de limites : le San Francisco des années 70, dans une famille monoparentale totalement irresponsable. La mère boit, se drogue, s’enivre, a des aventures prêtant peu d’attention à ses deux filles. Minnie l’aînée des deux -qui fait 13 ans à tout casser-  découvre l’amour et la sexualité auprès du petit ami de sa mère, un trentenaire prénommé Monroe. C’est une très jeune fille peu sûre d’elle, qui ne demande qu’à être aimée, déteste l’école, se sent mal dans ses baskets et a déjà un sérieux penchant pour la BD – elle est notamment fan de Crumb et dessine beaucoup. Elle narre son « histoire d’amour » à un « journal intime » des plus cru et impudique. Étant donné l’absence de limites de l’endroit, la ville l’époque, de la famille où elle vit, et les bouillonnements des hormones adolescentes, elle va, malgré son amour pour Monroe, enchaîner les aventures, les partenaires, enfreindre toutes les limites -drogues, prostitution, penchants autodestructeurs…

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Ce n’est cependant pas un film glauque, bien au contraire et c’est là toute la subtilité du film et le talent de la réalisatrice. L’image est impeccable -une photo, une mise en scène et des cadrages splendides- les sujets les plus scabreux sont filmés avec pudeur voir grâce, l’animation -les dessins, les bandes dessinées, les versions dessins animés des personnages- se fond joliment et parfaitement au film. La distribution est impeccable : Minnie est jouée par l’étrange Bel Powley -24 ans dans la réalité mais qui ressemble totalement à une petite à peine pubère- dont son physique, étrange, nous fait penser à un personnage de Todd Solondz ; la mère de Minnie (la jeune fille) est interprété par la géniale et très drôle Kristen Wiig (Mes meilleurs amies), qui livre une prestation de composition en mère irresponsable, belle, paumée, narcissique ; quant à Alexander Skargrad, il campe parfaitement le playboy/loser/irresponsable, qui n’hésite pas à sortir et avec la mère et avec la fille -fille qu’il a vu grandir du reste. Le San Francisco des années 70 est si bien rendu qu’on s’y croirait transporté. The Diary est ce qu’on peut trouver de meilleur dans les films indé américain, genre qu’on dit pourtant à l’agonie. La jeune réalisatrice a choisi un angle féministe (le fameux empowerment si en vogue en ce moment) et positif dans son adaptation, de l’aveu même de la vraie Minnie, Phoebe Gloeckner, qui elle, avait une version plus dark sur sa propre histoire.

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On vous aura prévenu : si vous ratez ce film, vous aurez raté un des meilleur films de l’année. Quelque part entre le culte Ghost World et les films du grand Todd Solondz -la cruauté et le cynisme en moins.

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