Cocktail Molotov

Cocktail Molotov  (1980), second film de Diane Kurys, ressort ces jours-ci, à l’occasion du cinquantenaire de Mai 68.

Si les mouvements sociaux de cette année-là s’invitent bien en toile de fond, l’intrigue se porte pourtant sur le jeune couple formé par Anne (Elise Caron) et Frédéric (Philippe Lebas). La famille bourgeoise d’Anne n’accepte pas les origines modestes de Frédéric, et le couple décide de fuir en compagnie de leur ami Bruno (François Cluzet, qui fait une première apparition au cinéma déjà remarquée). D’un voyage prévu pour Israël, ils s’arrêteront finalement à Venise…

Si la réalisation apparaît datée, on prend un certain plaisir à suivre les pérégrinations du trio, qui affronte les événements de la vie avec désinvolture, baladé d’un endroit à l’autre au gré de leurs rencontres. Tandis qu’à Paris, les barricades s’installent et les pavés sont lancés, les trois amis s’agacent de ne pas être au bon endroit au bon moment. Rien n’est jamais grave, tout est sujet à plaisanterie. Ils savourent ces moments de vie passés ensemble, qui sonnent le glas de l’adolescence et l’entrée dans une vie adulte faite de problèmes et de contraintes (les quelques adultes présents dans le film sont tous sujets à quelques névroses). Les personnages vivent un autre Mai 68, mais qui est aussi bien représentatif de la période. Le propos est moins naïf qu’il ne peut le laisser croire: derrière chaque petite anecdote et rencontre se cachent les maux de l’époque (contraception, reproduction sociale…); la petite histoire rejoint alors la grande, sous l’œil aiguisé d’une Diane Kurys qui confie à Elise Caron un rôle de jeune femme libre, inspirée et inspirante .

Philippe Lebas (Frédéric), François Cluzet (Bruno)

Le road movie qui nous est proposé, au delà de l’intrigue amoureuse, au delà du regard décalé sur un évènement majeur de l’histoire de France, bénéficie d’un rythme plaisant, aux accents de liberté, de voyage, et particulièrement porté par un trio d’acteurs à l’unisson et complémentaire. Le charme du jeune François Cluzet opère,  dans un style surprenant, en ce qu’on peut lui découvrir un air de ressemblance avec Vincent Lacoste ou encore Jeremy Elkaim que l’on ne lui retrouve plus aujourd’hui.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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