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L’Indomptable Feu Du Printemps : un magnifique voyage entre la vie et la mort

Âgée de 80 ans et doyenne d’un petit village isolé dans les montagnes du Lesotho en Afrique du Sud, Mantoa voit menacer sa maison et ses tombes. Pour contrer la construction d’un barrage, elle réveille l’esprit de résistance de sa communauté. Son récit si spectaculaire devient une légende éternelle.

Pour son deuxième long-métrage, le réalisateur sotho, Lemohang Jeremiah Mosese nous immerge dans un univers fort, douloureux, illuminé par l’espoir, inspiré de la vie de sa grand-mère. Il nous propulse dés les premiers instants, de façon merveilleuse, vers une autre culture, un autre monde.

La musique – Les choeurs, le son étouffé des instruments, les lumières orangées et le décor atypique et traditionnel instaure une ambiance chaleureuse dans la salle et nous prépare à la profondeur du récit qui nous attend.

Interprétée par Mary Twala Mlongo, Mantoa est présentée comme la puissance féminine remplie de déchirures et de force. Le réalisateur met en lumière sa beauté physique en usant de plans rapprochés sur les marques de son visage tout comme sur sa beauté intérieure par son courage et sa détermination d’affirmer ses convictions. Une réelle transparence des émotions nous est offerte afin de représenter la souffrance, le deuil, l’impuissance d’une femme seule. Mary Twala Mlongo porte le film, touche le public et représente l’image de la femme battante, à elle seule.

Lemohang Jeremiah Mosese illumine aussi avec délicatesse la sublimité de ses ancêtres. Lors du tournage, il a demandé à ses acteurs de ne pas jouer et a intégré des villageois locaux pour être au plus proche de la culture des habitants. Les silences planants, les longs plans fixes sur le brouillard des montagnes, sur un rideau volant au rythme des chants, ou sur un regard vide participent à notre émerveillement.

Les dialogues se font rares, probablement pour mieux nous transmettre des sentiments qui vont au-delà des mots. L’esthétique rend grâce à la richesse des traditions, à l’histoire, que ce soient les plans soignés – leur simplicité -, le format d’image quasi iconique, les images symétriques, presque chorégraphiques.

Le drame spirituel convoque les profondes douleurs du passé, mais aussi l’espoir d’aujourd’hui. Nous savourons l’histoire de Mantoa à travers son esprit, son pays et sa culture. L’émotion qui ressort de chacun des personnages, la précision des portraits, la forme générale retenue procurent à L’Indomptable Feu Du Printemps une élégance rare.

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