Personal shopper

Maureen, une jeune américaine à Paris, s’occupe de la garde-robe d’une célébrité.
C’est un travail qu’elle n’aime pas mais elle n’a pas trouvé mieux pour payer son séjour et attendre que se manifeste l’esprit de Lewis, son frère jumeau récemment disparu.
Elle se met alors à recevoir sur son portable d’étranges messages anonymes…

Olivier Assayas s’essaye au film de genre chic, cherchant à ce que le cinéma classique se réapproprie un genre dont les codes ont, selon lui,  trop enlevé le caractère métaphysique, interdisant l’imaginaire et l’interprétation subjective. Son ambition est bien de mettre en boîte ce qui nous échappe, de le capturer, de le saisir, de le faire ressortir. L’intention est  donc artistique quand il confie à Kristen Stewart un rôle de medium, à l’instar de Rebecca Zlotowski qui confie un rôle miroir à Natalie Portman et Lili-Rose Depp dans Planetarium. Mais là où Zlotowski parvient à nous troubler, nous séduire même – que ce soit en ce qu’elle renouvelle ou réveille un cinéma tombé en désuétude, par le truchement d’un univers classieux, inattendu, lumineux et fortement coloré ou en ce qu’elle convoque et se réapproprie des références, Assayas se loupe manifestement.

Personal Shopper est bien et avant tout un film de genre, nul doute à cela. Son thème est explicite, jamais implicite. Si Kristen Stewart s’en sort très honorablement et si son personnage parfois captive, le reste ne suit nullement. Personal Shopper est aussi vide que Sils Maria ou Irma Vep étaient riches. Derrière le personnage principal certes mystérieux et un peu sombre, ne transparaît qu’une histoire vaine et très peu originale, une mise en scène froide, et non des ramifications psychologiques subtiles, ou des envolées subliminales. Nous ne sommes pas si loin malheureusement -en étant caricatural avouons-le,  de Belphégor, au plus prêt d’une action très alentie…

Assayas n’a malheureusement pas le talent – ou en tout cas la constance –  d’un Im Sang-Soo par exemple à qui ce sujet aurait assurément beaucoup mieux convenu, et nous espérons qu’il reviendra sur un terrain qui lui convient mieux, quand il mêle cinéma d’auteur à la française et fantasmes.

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