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Le conte de la princesse Kaguya: un conte élégant et délicat

Le Conte de la Princesse Kaguya

Le Synopsis

Une minuscule princesse, Kaguya, «la princesse lumineuse», est découverte dans la tige d’un bambou. Élevée par un vieux coupeur de bambou et son épouse, elle devient une séduisante jeune femme. De la campagne lointaine jusqu’à la grande capitale, sa beauté suscite l’engouement auprès de tous ceux qui la rencontrent et fascine en particulier cinq nobles prétendants, qui vont devoir relever d’impossibles défis dans l’espoir d’obtenir sa main… Le temps venu, elle devra finalement affronter son destin…

Annecy et La quinzaine des réalisateurs

Le conte de la princesse de Kaguya a été présentée à la quinzaine des réalisateurs à Cannes, recevant un accueil favorable et au festival d’animation d’Annecy.

Isao Takahata, le Tombeau des lucioles

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Isao Takahata est un maître de l’animation japonaise. Sa notoriété en Occident vient principalement de son film Le Tombeau des lucioles, sorti en 1988, véritable bijou de sensibilité, de finesse, et de poésie, à la vision duquel il est fréquent de verser une larme – a minima de se laisser attendrir.

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Sur fond de guerre, l’innocence d’une jeune enfant, la pureté de sa  relation avec son frère, la force des sentiments, la poésie visuelle et sonore offre un contraste saisissant avec la gravité  du sujet, la profondeur du propos.

Isao Takahata, destin lié à celui de Miyazaki

Takahata a débuté avec Miyazaki au sein du studio d’animation Tōei Animation qui plus tard livrera des séries telles Albator, Goldorak, Galaxy Express 999, Dragon Ball. La « trilogie » Heidi, Marco et Akage no An, tous trois réalisés entre 1974 et 1979, constitue un âge d’or pour eux deux.  Leur  collaboration prend plus tard une nouvelle orientation lorsque Miyazaki dirige et Takahata réalise. Miyazaki invite ainsi Takahata à le rejoindre au sein du Studio Ghibli. Takahata en devient l’un des deux réalisateurs avec Miyazaki en 1985. Il réalise son premier film pour ce studio, en 1988, avec Le Tombeau des lucioles. Depuis lors, trois autres longs métrages se sont succédé.

Mihazaki a déclaré récemment prendre sa retraite, Takahata devrait le suivre selon certaines rumeurs …

La princesse qui ne voulait pas devenir princesse
Qui n’a jamais rêvé de mener une vie de princesse, ou de prince ? Voici une évidence qui n’en est pas nécessairement une, en tout cas la question est posée dans Le conte de la princesse Kaguya. Nous sommes très loin de l’univers Disney, volontairement plus enchanteur, l’envers du décor tient ici une place tout aussi importante que le décor lui même. Takahata s’intéresse au caractère noble qui accompagne un titre de princesse, aux codes qui se mettent en place, afin de se distinguer du peuple. Ces codes nécessitent un apprentissage, mais aussi des sacrifices auxquels on ne pense pas nécessairement de premier abord. Kaguya, enfant prodige, à la beauté rayonnante, mais avide de liberté ne se reconnaît pas dans cette voie, probablement en double de Takahata, qui livre ainsi tout à la fois un point de vue philosophique et politique.

Un conte pour enfant ?

Dans les salles, en cette période du fête du cinéma, on note qu’il y a peu de dessins animés, et les parents accompagnent leurs enfants voir Le conte de la princesse Kaguya, peut être par hasard, ou plus sûrement parce que le film reçoit une critique excellente. Et ils n’ont pas torts ! Non seulement les bambins en ont pour leur yeux, avec ces quelques planches très jolies qui font la part belle à la nature, aux animaux, aux paysages, dans des tons pastels gracieux, dans une grande fluidité, non seulement l’histoire a de quoi convier des imaginaires – le mot conte n’est ici absolument pas galvaudé -, mais surtout, à l’instar de Princesse Mononoke, le film ravira bien plus encore les parents ! Le propos est fluide, la narration fine, le sujet traité tout en délicatesse. Cette ode à la nature, à la simplicité de la vie au contact de la nature, comporte une réflexion existentielle, un sens de l’observation évident, une forme de sagesse. Ce conte se distingue cependant de Princesse Mononoke en ce qu’il emprunte bien davantage à des univers occidentaux. Quoi qu’il s’intéresse en premier à l’éducation d’une princesse, quoi que l’histoire prenne place dans la campagne japonaise, on sent une influence européenne, on pense notamment à  l’univers des poèmes de Jacques Prévert, référence avouée de Takahata. Son amour de la nature pourrait certes faire penser à ce courant naturaliste japonais, avec des figures telles Naomi Kawase, mais l’imaginaire déployé ici  ne convie pas les divinités, n’implore pas les forces de la natures, ou la magie de celle-ci, ne crée pas des animaux fantasmagoriques. En ceci, Takahata reste bien plus réaliste que Miyazaki, même si vous l’aurez compris, Le conte de la princesse de Kaguya est bien éloigné du réalisme, de la tristesse et de la gravité du propos du Tombeau des Lucioles.

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