21 nuits avec Pattie … nécrophilie et littérature

Les frères Larrieu sont un peu nos frères Coen ou Dardennes à nous français … Ils proposent d’année en année des films d’un genre en général légèrement à la marge, ou a la lisière, qui leur a valu, notamment en 2005 une sélection officielle au festival de Cannes avec Peindre ou faire l’amour. Nous les avions laissé avec L’amour est un crime parfait, thriller glacial qui sans être parfait comportait quelques jolies lueurs, à commencer par les quelques tirades de ce cher Mathieu Amalric, dans la peau d’un professeur de littérature à la vie dissolue, qui lui allait si bien.

Nous les retrouvons avec 21 nuits avec Pattie, au nom étrange et trompeur.  Etrange, car nous recherchons une référence peu immédiate – non les frères Larrieu n’ont pas tenté un remake de 9 semaines et demie, pas plus ont-ils livré une variante de 17 fois Cécile Cassard -, et que l’on s’égare à considérer ce nombre rond – 3 semaines en fait – qui en numérologie désigne une protection quasi divine, une indication de chance. Ce titre  est en ceci trompeur qu’il ne livre aucun secret sur les sujets traités, tout au plus s’attend-t-on à un portrait évolutif de la désignée Pattie.

Le casting pourrait sans doute vous apporter quelques indications plus précises. Réunir Isabelle Carré et André Dussolier par exemple, tend à ce que nous imaginions une chronique française ensoleillée, populaire plus qu’élitiste, accessible pour le moins. L’équation se singularise si l’on se réfère à la présence de Sergi Lopez, en général présent dans des films à la signature plus décalée. Elle se trouble bien davantage à considérer la présence de Karin Viard, à qui l’on prête en général un talent comique, et bien plus encore celle de Denis Lavant, découvert et relancé par Carax ! De ce joyeux mélange improbable, il est très délicat de se risquer à une classification a priori. Une comédie ? Un drame ? Un thriller ? Un film de genre ? Un récit art et essai ? Un peu de ceci, un peu de cela à vrai dire.

Karin Viard, par exemple, reprend quelque peu une partition que l’on a pu voir récemment dans le dernier Julie Delpy, basée sur le récit très fleuri – pour ne pas dire vulgaire – de ses rencontres sexuelles. Elle joue précisément Pattie. Il se dit que l’idée originelle du film vient d’un personnage similaire que les frères Larrieu auraient rencontré en ces même lieux du massif central, ce qui ne nous éclaire pas davantage – mais où diable sont-ils allés chercher leur sujet ?

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Les personnages centraux sont cependant ceux dévolus à Isabelle Carré et André Dussolier, dont la rencontre est placée sous le sceau de la littérature – serait-ce Jean-Marie Gustave Le Clézio ?-, de l’attirance naissante, et … de la nécrophilie.

Les dialogues tour à tour nous surprennent, nous étourdissent, nous égarent, parfois se répètent. Ils sont centraux. Un comique de situation s’instaure presque malgré lui, le fantastique lui aussi trouve sa place, aux côtés d’une trame très volontairement crédible.

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L’effet produit est tout comme le titre du film, étrange et trompeur. Le film nous questionne, on repart avec des interrogations et la sensation intrigante qu’une partie du sens continue de nous échapper quoi que tout fut paradoxalement parfaitement limpide.

Ces 21 nuits n’étaient ni fantastiques ni érotiques, et pourtant …

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