Tout le monde le sait – même le spectateur


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A l’occasion du mariage de sa soeur, Laura revient avec ses enfants dans son village natal au coeur d’un vignoble espagnol. Mais des évènements inattendus viennent bouleverser son séjour et font ressurgir un passé depuis trop longtemps enfoui.

Asghar Farhadi revient une fois de plus avec un film dont il est difficile de dire du mal, tant la précision est de mise, tant le sujet est étudié, travaillé.  Le scénario tient une part prépondérante dans son cinéma, la forme ne se fait que peu remarquable pour mieux recentrer le spectateur sur un fond qui déroute quand il ne dérange pas – en restant toujours dans une ligne politiquement correct, sans heurt, sans provocation, sans perversion, et qui la plupart du temps instaure un jeu de pistes que le spectateur doit démêler. Ainsi de Todos lo saben, thriller hispanique – nous ne pensons pas ici faire injure au film en le classant de la sorte; qui convie le couple Javier Bardem Penelope Cruz – à la ville mais pas à l’écran-  dans un récit qui s’intéresse notamment aux différentes lectures que l’on peut faire des relations familiales.

 

Les différents portraits qui nous sont proposés ne sont pas poussés plus que cela, pour mieux laisser la place aux relations d’une part, pour autoriser une identification plus générale, plus floue, mais aussi et surtout pour mieux laisser planer le mystère, le doute, et inviter le spectateur à mener sa propre enquête au sein de cette famille, et de son entourage proche, puisque le puzzle s’y articule nécessairement. Cette thématique, que n’aurait pas renié Agatha Christie ou même Michael Haneke, Farhadi choisit de la traiter dans un tableau évolutif, qui peu à peu se laisse entrevoir. Nous partons des rires, sincères, nous partons de joies, non feintes, pour ensuite accompagner les angoisses, les méfiances, et découvrir quelques secrets, quelques souvenirs toujours présents (tout le monde savait).

Ceci dit, si Farhadi est très clairement adepte des traitements cliniques de son sujet, la perversion et la psychiatrie ne sont pas conviées comme elle pouvait l’être dans Caché d’Haneke par exemple, les mobiles du crime [parlons de crime sans trop vous en dire] semblent limpides et le spectateur ne sera pas amené à soupçonner le qui venant.

 

De fait, Everybody knows perd en intensité, par parti pris. Le spectateur peut alors porter son regard sur les détails qui servent ce récit, les belles interprétations de Penelope Cruz, Javier Bardem et Ricardo Darin, mais aussi des acteurs moins célèbres qui les accompagnent – citons Eduard Fernandez, Barbara Lennie, Inma Cuesta, Ramon Barea tous convaincants et à l’unisson, rappelant qu’Ashgar Farhadi peut être un très bon directeur d’acteur (comme on l’avait observé pour Une séparation plus que pour Le Passé), la mise en scène qui met en valeur le caractère hispanique (des personnages comme des paysages), à moindre titre la bande son très ordinaire. Le thème de l’enfance traverse également le récit, en ouverture principalement, façon conte. Peut être d’ailleurs vaut-il mieux retenir une grille de lecture applicable au conte pour apprécier la saveur de Todos lo saben, peut être que le temps lui même saura faire son effet. Il nous semble, pour la deuxième fois après le passé, qu’en s’éloignant de son pays, et même s’il fait preuve de qualités d’adaptations impressionnantes, qu’Ashgar Farhadi s’éloigne de ce qui fait la force de son cinéma, le message qu’il peut porter, universel.

Retrouvez également prochainement notre diaporama de la conférence de presse du film [mise à jour à venir de ce même article]:

 

 

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