Mis à jour le 10 septembre, 2026
Un film de Nicolas Pariser
Avec: Melvil Poupaud, Chiara Mastroianni, Golshifteh Farahani, Léonie Simaga, Clara Pacini, Micha Lescot, Anaïs Demoustier, Nicolas Chupin, Nicolas Pariser, Sam Chemoul
Sur le point de se séparer de sa compagne avec qui il vit à Nancy, Léo, 49 ans, apprend la mort de son père biologique qu’il n’a jamais connu. Dans l’attente d’un rendez-vous avec un notaire en Italie, il passe quelques jours à Paris où il a vécu plus jeune. De discussions avec sa fille activiste en retrouvailles avec des fantômes de son passé, il interroge son rapport au monde et surtout sa relation aux femmes. A-t-il été droit, respectueux, aimant ?
Notre avis : ★★★
Un peu avant minuit se présente à nous d’emblée tel un film excessivement bavard, centré sur le verbe, aux dialogues intelligents et varié, mais au concept très bien étudié qui converge inéluctablement dans une direction que très vite nous souhaitons prendre en compagnie du personnage principal. Un concept qui nous réservera quelque surprises, quelques détours savoureux, des moments de fantaisie inattendus. Nous pouvons le rapprocher de ma nuit chez maud de Rohmer ou des quatre nuits d un rêveur de Bresson (ou de l’adaptation du même texte de Visconti, Nuits blanches, au titre proche), pour rejoindre notre panthéon de films réfléchissants sur l’amour cérébral, au masculin, par l’entremise de femmes conseillères. Melvil Poupaud ne nous avait pas autant impressionné depuis le plus bel âge, il fait preuve d’une très belle retenue, gravité, d’une intériorité saisissante, mais aussi traîne magnifiquement son spleen et ses remises en cause dans de très belles déambulations parisiennes où le politique se voit instauré comme un décor, comme une menace qui ourdit, Pariser se payant même le luxe de basculer dans de la politique fiction, à un moment où on s’y attend le moins, quand par ailleurs la réflexion raccrochait avec précision (et pertinence) au climat actuel. Le film présente aussi une qualité relativement rare dans sa narration, il parvient à ne jamais totalement résoudre ses nombreux récits dans le récit qu’il ouvre, laissant au spectateur une place pour deviner, ce qui aura été introduit. Ainsi la scène finale, annoncée métaphoriquement ne dira pas si le cinquantenaire que nous suivions retrouvera de l’élan dans la vie, se pardonnera d’être Homme et endossera la culpabilité d’être homme, vivra ses amours, acceptera l’héritage culturel de son père, se rapprochera de sa soeur, de sa fille, et de sa femme. Tous ces récits suspendus, en lien avec la vie en demi-ton jusqu’ici menée, du fait d’une ambition rapidement brisée, verront-ils une suite heureuse ou sont-ils le début d’un déclin crépusculaire ? Pariser réussit ici quelque chose qui jusqu’à présent ne s’était pas aperçu dans sa filmographie, un exercice littéraire, philosophique et poétique.









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