Mis à jour le 5 septembre, 2026
Un film d’Ann Sirot, Raphaël Balboni
Avec: Ninon Borsei, Sandrine Blancke, Lucas Meister, Naidra Ayadi, Jo Deseure, Peter van den Begin, Geoffrey Carey
Diane déteste les hommes autant qu’elle les désire. Sa mère a été victime d’un viol trois ans avant sa naissance. Lorsque Diane l’apprend, elle n’a plus qu’une idée en tête : venger sa mère. Mais celle-ci ne veut qu’une chose : devenir enfin la femme qu’elle aurait dû être. Entre celle qui voudrait qu’on se souvienne et celle qui voudrait qu’on oublie, tout se crispe.
Notre avis : ★(★)
Partant sur de très bonnes bases, avec son esthétique assumée nouvelle vague – notamment le recours excessif et parfaitement assumé aux jump cut – , ses répliques bien senties, la belle écriture de son personnage central, Diane, conférant de beaux instants d’humour, très loin du plus pataud et rébarbatif le syndrome des amours passés, un détour par Diane hélas manquera quelques virages, quelques instants clés, qui en auraient fait un objet plus sympathique encore, et surtout plus essentiel. En son cœur, s’invite une ligne directrice jusqu’alors évitée, celle d’un scénario qui mène quelque part, en l’occurrence dans la commune balnéaire du Coq en Mer, où une partie du destin familial s’est joué. Jusqu’alors nous étions sur un joli portrait de femme, atypique mais parlant au nom de toutes les femmes avec une vitalité débordante voire excessive, une franchise et une hardiesse percutantes, mais aussi une relation mère fille mystérieuse, laissant entrevoir une complexité, une profondeur, des zones sensibles et douloureuses. Dés lors que les deux cinéastes belge entrainent leur héroïne dans une action devenue déterminée, dans une quête identifiée, la sortant de son agissement régi par le hasard et le « être là », étrangement, le film en vient à stagner, voire littéralement à s’enliser. Les répliques percutantes se font plus rares, les moments d’humour et les bonnes idées de mises en scène également [là aussi, nous notions jusqu’alors de belles idées en terme de dynamicité, mais aussi de variété, qualité déjà présente dans Le Syndrome des amours passés) . De surcroit, à mesure que le récit s’inscrit dans une problématique concrète, le rapport de la jeune femme avec le fantôme de sa grand mère perd totalement de sa part d’ombre, à en devenir même futile et superflu, sa fonction basculant alors dans un registre purement narratif, et non plus en évocation d’une souffrance psychologique qui affleurait. Ni la comédie romantique, ni le message sociétal, ne viendront réveiller ce qui germait pourtant, une cavalcade sincère, resserrée, enflammée, un portrait générationnel entre rires et larmes.










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