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Ma Frère de Lisa Akoka et Romane Gueret

Mis à jour le 12 janvier, 2026

Un film de Lise AkokaRomane Gueret

Avec: Fanta Kebe, Shirel Nataf, Zakaria-Tayeb Lazab, Mouctar Diawara, Idir Azougli, Yuming Hey

Shaï et Djeneba ont 20 ans et sont amies depuis l’enfance. Cet été là, elles sont animatrices dans une colonie de vacances. Elles accompagnent dans la Drôme une bande d’enfants qui comme elles ont grandi entre les tours de la Place des Fêtes à Paris. À l’aube de l’âge adulte, elles devront faire des choix pour dessiner leur avenir et réinventer leur amitié.

Notre avis: **

un film qui a les qualités de ses défauts à l’exception de son actrice principale, remarquable découverte, d’une authenticité brute, qui n’aurait pas déplu à Kechiche (un je ne sais rien d Adèle Erxarchopoulos dans l’expressivité et le grand naturel sans toutefois allé jusqu’au free style de  Jessica Pennington). Vis a vis de Kechiche nous pouvons justement ressentir une influence, notamment cette volonté de dépeindre une jeunesse ordinaire, celle qui d’ordinaire détourne les regards, ou encore dans cette permanente recherche de restituer un langage d’époque. Mais nul naturalisme, l’artificiel s’invite par démesure, bien-pensance – film tract quelque part cherchant a cocher des cases sans grande sincérité, ou du moins dans une sincérité bien trop écrasante et visible. Les scènes s’étirent assez inutilement dans un flux permanent de dialogues surécrits à en perdre, disions-nous, tout naturel, mais laissent la place à quelques saillies plus ou moins lumineuses dans un récit majoritairement, et de façon très inégale, mélodramatique. Ce Scout toujours, revisité pour coller non à notre époque mais en une vision fantasmée de celle-ci, déconstruit donc, cet anti Préparez les mouchoirs, touche parfois juste, lorsque les deux jeunes réalisatrices posent un peu plus leur regard, leur caméra, et laissent s’exprimer les actrices en femmes, et les enfants comédiens en enfant, et non les cantonnent dans leur personnage par trop théorisés, dans un carcan où les préoccupations de jeunes adultes diffusent bien trop dans les esprits de gamins que l’on apprécierait plus naturels, dont on eut pu louer l’innocence. En comparaison de leur précédent film, Les pires, docu fiction dardennienne très remarquée mais aux accents de déja vus limitantes, Romane Guéret et Lise Akoka montrent ceci dit une progression cinématographique, le film à défaut de briller par sa singularité porte clairement leur signature, et marque une évolution formelle appréciable.

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