Mis à jour le 23 février, 2026
Un film d’Eva Trobisch
Avec: Frida Hornemann, Eva Löbau, Rahel Ohm, Peter René Lüdicke, Max Riemelt, Gina Henkel, Florian Lukas, Ida Fischer, Florian Geißelmann, Thomas Schubert
Lea passe une audition pour une émission de télé-réalité. Le producteur lui demande : « Qui es-tu et qu’est-ce qui te définit ? ». Lea reste sans réponse. C’est ainsi que commence sa quête d’identité. Pendant ce temps, dans sa ville natale, le musée fait l’objet d’une rénovation somptueuse financée par l’Union européenne, mais le bed & breakfast de sa famille peine à rester à flot. Les parents de Lea, Matze et Rieke, viennent de se séparer car Rieke attend un enfant d’un autre homme et ils ont encore du mal à s’habituer à cette nouvelle configuration familiale. Ses grands-parents sont également en proie à des problèmes, tant entre eux qu’avec leur hôtel forestier qui, dans cette région où les touristes font cruellement défaut, coûte plus cher qu’il ne rapporte. Sa tante Kati est un modèle d’indépendance pour Lea, mais en tant que directrice du musée, elle se fait peu d’amis dans cette petite ville de province. La meilleure amie de Lea, Bonny, est sur une autre planète depuis qu’elle est tombée amoureuse du cousin de Lea, l’activiste Edgar. Et c’est là que réside toute la complexité de la question : qui est Lea et qui veut-elle être ? Quelle histoire familiale peut-on tirer de l’histoire de sa famille ?
Notre avis : ★
Très germanique dans son essence et s’adressant à un public allemand contemporain, Eva Trobisch se lance dans un récit familial qui cherche à capter les changements, entre trois générations, suite à l’ouverture du mur de Berlin, et à capturer quelque chose de son temps. Elle inscrit donc son récit au présent, voire au future avec sa plus jeune héroïne, Léa, qui rêve une carrière musicale, vers laquelle son père la pousse, convoquant les images abrutissantes d’un show de télé-réalité semblable à la Star Academy en France. Le récit se tourne rapidement vers le passé, l’héritage laissé, la passion équestre, au sein d’une famille qui possède (rien ne sera dit sur les conditions qui ont permis d’accéder à cette propriété) des terres et une résidence hôtelière jadis luxueuse mais en déperdition, face aux changements d’habitude des touristes, quelque part en Allemagne de l’Est. La jeune réalisatrice allemande pense bon d’ouvrir et de s’attarder sur des tensions familiales, sur la difficulté du père à se stabiliser émotionnellement après sa rupture avec la mère de Léa. Bourgeois, complexe, et dans l’ensemble relativement creux et pédant, le film tente d’évoquer en sous-texte le schisme entre allemands de l’Est et de l’Ouest, là aussi avec prétention et maladresses; même si l’approche peut paraître subtile, par utilisation de sous-entendus, quelques incises dans des dialogues ici ou là, plutôt que des affirmations ou des démonstrations, le message sonne relativement creux et manque de force, ou d’une théorie sous-jacente élaborée et convaincante, nous restons à quai. Soit, pensons-nous. Restent le portrait plus intime et la réflexion sur l’ambition personnelle, qui affirme quand même quelque chose de notre époque, pour l’heure, assez universel (en tout cas dans le monde occidental et les valeurs qu’il prône).







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