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Burgundy de Michael Dweck, Gregory Kershaw

Mis à jour le 4 septembre, 2026

Un film de Michael Dweck, Gregory Kershaw

Avec: Michael Dweck, Gregory Kershaw

En Bourgogne, les vins les plus célèbres au monde ne sont qu’une facette de l’histoire. Derrière chaque bouteille se cache un univers façonné par des rituels et des souvenirs, ainsi que par ceux qui se consacrent à les préserver ou à les transformer.
À travers le regard d’une nouvelle génération en quête de sa place, la Bourgogne ouvre les portes d’un monde qui se laisse rarement observer de l’intérieur, puis fait appel à l’imagination pour aller encore plus loin. Une aspirante sommelière, qui se forme aux côtés d’un grand maître, rencontre un jeune homme qui travaille dans les vignes et aspire à entrer dans un monde qu’il n’a jusqu’à présent pu qu’admirer de loin. Autour d’eux, un viticulteur aristocratique qui s’interroge sur ce qu’il laissera derrière lui, un maître d’hôtel légendaire à la recherche de son héritier et un critique œnologique voué à la quête du sublime. Dévouement, désir et tradition s’entremêlent dans un portrait où observation et invention deviennent indissociables.

Notre avis : ★★()

Un documentaire qui lorgne du côté de la fiction, ou une fiction qui se joue des codes du documentaire ? très difficile en tout cas de classer Burgundy, tant sa caméra semble en permanence méticuleusement positionnée pour capter ce qui est à capter, tant chaque scène semble scénographiée, prévue à l’avance, mais aussi évocatrice par elle-même, avec un timing assez millimétré, comme cela se fait souvent dans le cinéma de fiction, qui, pour éviter d’être ennuyeux, fait la chasse au superflu, aux longues marches et aux longs dialogues, aux instants suspendus qui ne nourrissent pas une dramaturgie. Ici, même l’histoire d’amour ou plutôt la potentialité d’une histoire d’amour entre protagonistes qui sera accompagnée d’une bluette de Francoise Hardy, semble calculée au plus haut point, – la séance au sauna, ou la conversation entre les deux apprenties sommelières se confiant l’une à l’autre sur leur curiosité pour le jeune naïf, sa pureté pour ne pas dire virginité, valent pour leur impudeur – tandis que par ailleurs, un microcosme se voit capturé par la caméra des deux réalisateurs, qui semblent s’être infiltrés dans ce petit monde si particulier, aux codes assez surréalistes, dans lequel évoluent des personnages eux aussi surréalistes, très éloignés de toute réalité sociale. Une sorte de bulle pleine d’illusions, sortie d’une autre époque, une époque que quelques illuminés continuent de faire vivre, pour certains par conviction, pour d’autres par intérêt personnel, pour d’autres encore, faute de mieux et par hasard. Différents portraits s’invitent donc à nos yeux, en même temps que les portes s’ouvrent au personnage principal, un jeune Johnny Hallyday (raillé comme tel par la musique de l’idole des jeunes), qui semble sorti d’une autre époque. Le film capture des instants rigolos, dramatiques, des espoirs, des illusions, des désillusions, des injustices, et s’intéresse avec bienveillance à la question de la transmission. Dans le même geste, il semble pourtant, la question étant de savoir si cela est intentionnel ou non, tellement s’appuyer sur l’image d’épinal qu’il en vient à faire ressortir tout le ridicule, cette fois-ci sans aucune bienveillance, sans, par exemple, ce regard clément et amusé qui accompagnait l’émission strip-tease, toujours intéressé par les personnages haut en couleurs, animés de certitudes. A se demander donc si le regard se veut réellement caustique – au second degré- et en cela critique, ou au contraire, s’il est admiratif, premier degré et dans ce cas, totalement déconnecté de la réalité du monde. Le premier cas de figure donnera ses lettres de noblesse au film, le second inviterait davantage à passer son chemin. Pour notre part, nous avons pris le parti d’en rire, en toute bienveillance, et le spectacle nous a plu.

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