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La pièce rapportée: Antonin Peretjatko s’essaye au vaudeville

Mis à jour le 9 avril, 2022

Paul Château-Têtard, vieux garçon de 45 ans et pur produit du 16e arrondissement de Paris, prend le métro pour la première fois de sa vie et tombe amoureux d’une jeune guichetière, Ava.
Leur mariage n’est pas du goût de « maman », Adélaïde Château-Têtard, qu’on appelle aussi la Reine Mère. Pourtant cette dernière s’en accommode : un héritier serait le bienvenu. Mais le bébé tarde à venir… 
Une guerre sans pitié s’engage entre les deux femmes, la Reine-mère étant persuadée qu’Ava trompe son fils. Il doit bien y avoir un amant quelque part…

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Antonin Peretjatko s’est très vite fait remarqué, pour ses comédies déjantées à l’ humour décalé, au regard féroce sur la société (d’autant plus féroce qu’il est pertinent), qui accordaient à leurs acteurs (Vimala Pons, Vincent Macaigne) un espace de liberté important. L’univers très fantaisiste, mais aussi très créatif ainsi proposé a valu à Peretjatko d’être rapproché de la Nouvelle Vague (Godard principalement), et Les rendez-vous du samedi, son autre nouveau film réalisé en cette même période (le tournage de La pièce rapportée avait été arrêté du fait des décisions sanitaires) qui devrait sortir en Avril sur les écrans, ne manquera pas de conforter cette étiquette, en le rapprochant cette fois-ci, outre Godard, de Chris Marker. Le style de Peretjatko, volontiers visuel, au comique appuyé qui ne craint ni l’absurde, ni la dérision, ni la facilité, n’hésite également pas à emprunter, par instants, au comique de situation que l’on rencontre par exemple dans les films de Jacques Tati.

Mais avec La pièce rapportée, le talentueux réalisateur cherche, de manière assumée (cf. notre entretien ci- dessous) à casser son image et à se lancer dans un défi bien différent, celui du Vaudeville, ayant cette fois-ci en tête des références plus britanniques, comme les comédies de Blake Edwards.

Encouragé par ses producteurs, il convie dans son univers de nouveaux acteurs, là aussi pour surprendre. C’est ainsi que l’on retrouve Anaïs Demoustier, de plus en plus souvent dans des comédies, aux côtés de Philippe Katerine, Josianne Balasko, William Lebghil, Philippe Duquesne ou encore Sergi Lopez. Chacun y joue une partition bien délimitée, parfois à la limite de la caricature, dans le plus strict respect du Vaudeville. Si les portes de placard ne claquent pas comme au théâtre, si Peretjatko s’amuse à remplacer (comme sur l’affiche) l’homme en caleçon caché dans le placard par un personnage féminin (Anais Demoustier) sans ses vêtements dans un étui de violoncelle, le film est surtout l’occasion pour Antonin Peretjatko et son équipe de se faire plaisir au niveau des costumes et des décors, ce qui confère au film un univers déglingué, bien servi également par le jeu et la direction d’acteurs beaucoup moins naturaliste et libre que pour ses films précédents.

La plus grande réussite du film se situe probablement au niveau de la narration en surimpression (plus que l’histoire en elle même, somme toute prévisible). Le réalisateur fait le choix d’une voix-off maline (sa propre voix), qui commente, prend parti et s’amuse également des situations qui sont mises à l’écran. Ce procédé permet des fantaisies supplémentaires, mais aussi de s’autoriser une analepse qui permet d’attiser la curiosité du spectateur, de façon plutôt ludique.

Le résultat est une comédie plutôt alerte, qui manque parfois un peu de férocité – un parti-pris assumé de ne pas vouloir vampiriser ses personnages – et verse un peu trop dans la facilité, mais qui dans l’ensemble nous fait passé un bon moment.

Quelques mois après le FID à Marseille, où nous nous étions déjà entretenu avec Antonin Peretjatko, au sujet de son excellent moyen métrage Les rendez-vous du samedi, nous le retrouvons au Festival Européen du film court de Brest, où nous avons découvert le film. Il y est accompagné de celle qui signe les costumes de la Pièce rapportée: Sidonie Pontanier. L’interview (long format) qui suit nous a permis d’en savoir plus tout à la fois sur les intentions et l’envers du décor:

Retrouvez enfin la bande-annonce du film

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