Les actrices italiennes les plus marquantes

L’Italie, abritant la cité du cinéma, Cinecitta, a donné le meilleur cinéma au Monde -inoubliables Fellini, Rosselini, Visconti, De Sica, Bertolucci, Bolognini… Retour sur les inoubliables actrices italiennes qui peuplèrent les films de ces Grands Noms. et les autres aussi… Nous noterons cependant que, contrairement à d’autres pays, la beauté plastique, qu’il s’agisse du visage ou du corps, était très privilégiée, à quelques exceptions près, et que beaucoup de ces grandes actrices ont été remarquées dans des concours de Miss !

Sophia Loren

Issue d’une union illégitime et abandonnée par son père, Sophia Loren – de son vrai nom Sofia Scicolone – grandit dans un quartier pauvre dans la banlieue de Naples. Fascinée dès son plus jeune âge par le train de vie des stars hollywoodiennes, elle rêve secrètement de devenir actrice malgré sa nature timide et introvertie. Après avoir participé et gagné un concours de beauté l’année de ses quinze ans, sa mère l’inscrit à des cours de théâtre. Elle part alors à Rome tenter sa chance et se fait embaucher avec sa mère comme figurante sur le film de Mervyn LeRoy, Quo Vadis ? (1951).

Par la suite, elle pose pour des romans-photos et enchaîne plusieurs petits rôles dans des comédies populaires. C’est en remportant la seconde place pour le concours de Miss Rome qu’elle se fait remarquer par le producteur Carlo Ponti. A dix-huit ans, elle obtient son premier grand rôle pour le film La Traite des blanches de Luigi Comencini (1952) et signe un contrat d’un an avec son protecteur et futur mari Carlo Ponti. Elle devient alors la nouvelle muse de la jeune garde du cinéma italien. Mais c’est en interprétant le rôle d’une pizzaïola provocante et aguicheuse dans le film L’Or de Naples de Vittorio De Sica (1954) qu’elle devient une véritable star dans son pays. Elle brille aux côtés de Vittorio De Sica et Marcello Mastroianni dans plusieurs films tels que Dommage que tu sois une canaille d’Alessandro Blasetti (1954) et Par dessus les moulins de Mario Camerini (1955). Par la suite, Sophia Loren et Marcello Mastroianni forment un duo légendaire dans pas moins de quatorze films.

La Fille du fleuve de Mario Soldati (1955) l’a fait connaître mondialement et pendant le tournage du film La Chance d’etre femme d’Alessandro Blasetti (1955), elle prend des cours d’anglais en vue d’une carrière internationale. Deux ans plus tard elle se marie avec Carlo Ponti – de vingt et un ans son aîné – et tourne sous la direction de plusieurs réalisateurs étrangers, notamment avec le producteur et réalisateur américain Stanley Kramer pour le film Orgueil et passion (1957) avec Cary Grant et Frank Sinatra, qui lui ouvre les portes d’Hollywood.

Elle enchaîne alors les longs métrages avec les plus grandes stars hollywoodiennes, telles que William Holden et Trevor Howard (La Clef de Carol Reed, 1958), Peter Sellers (Les Dessous de la millionnaire d’Anthony Asquith, 1960), Clark Gable (C’est arrivé à Naples de Melville Shavelson, 1960), Anthony Quinn (The Black Orchid de Martin Ritt, 1958 et La Diablesse en collant roses de George Cukor, 1960) ou encore Gregory Peck (Arabesque de Stanley Donen, 1966).

Sa côte de popularité baissant en Europe, elle décide de revenir à ses racines et obtient le rôle principal du film de Vittorio De Sica, La Ciociara (1960). Sa prestation de femme du peuple lui vaut un Oscar. Elle continue donc sa collaboration avec ce réalisateur pour cinq autres films qui remportent un vif succès : Boccace 70 (1962), Les Séquestrés d’Altona (1962), Hier, aujourd’hui, demain (1963), Mariage a l’italienne (1964) et Les Fleurs du soleil (1970). Elle doit l’un de ses plus beaux rôles au film Une Journée particulière d’Ettore Scola (1977), où elle incarne une femme au foyer méprisée par sa famille. Elle y retrouve son complice de toujours, Marcello Mastroianni.

A partir des années quatre-vingt, sa carrière cinématographique ralentie. Elle tourne alors beaucoup pour la télévision, notamment dans un téléfilm autobiographique où elle tient à la fois le rôle de sa mère et le sien à ses débuts. Elle est récompensée pour l’ensemble de sa carrière en recevant un Oscar d’honneur en 1991. En 1994, le duo mythique Marcello Mastroianni / Sophia Loren est de nouveau réuni sur le film de Robert Altman, Prêt-à-porter. Elle revient sur les écrans dans le film Between Strangers d’Edoardo Ponti aux côtés de Gérard Depardieu et de Mira Sorvino.

 

Claudia Cardinale

Découverte après avoir été élue « La plus belle italienne de Tunis » , Claudia débute dans Le Pigeon de Mario Monicelli. Par la suite elle enchaîne avec les plus grands, pratiquement que dans des chefs-d’œuvres (sous l’égide de son mari/producteur Franco Cristaldi) : La fille à la valise (Valerio Zurlini), Rocco et ses frères (Visconti) et Le Guépard, Le bel Antonio (Bolognini) et La vaccia Le mauvais chemin de Bolognini,  Huit et demi de Fellini. On la retrouve aussi au-delà des frontières italiennes notamment dans La Panthère Rose de Blake Edwards, Cartouche de Philippe de Broca, Le plus grand cirque du monde d’Henry Hathaway, Les professionnels de Richard Brooks. Elle a tourné en tout 4 fois pour Viconti (Rocco et Le Gupard mais aussi Sandra et Violence) et a été dirigé par d’autres grands noms comme Bolognini, Comencini, Verneuil, Ferreri, Herzog… Peu étonnant que sa filmographie fasse l’objet de rétrospectives ou de festivals qui lui soient dédiés à sa seule filmographie !

Anna Magnani

Fille d’un Calabrais qu’elle n’a pas connu, Anna Magnani grandit à Rome auprès de sa grand-mère, de son oncle et de sa tante, car sa mère est partie vivre en Egypte quelques mois après sa naissance. Inscrite au conservatoire de Sante Cecilia, où elle apprend le piano pendant 8 ans, elle intègre ensuite l’Ecole royale d’art dramatique. Engagée par une troupe à 20 ans, elle se fait remarquer sur les planches, d’abord dans des rôles comiques. Elle devient une vedette de la scène, jouant et chantant dans des revues, aux côtés notamment de l’illustre Totò.

Si elle fait son apparition au cinéma dès 1928 dans Scampolo, ses premières prestations sur grand écran passent inaperçues. Remarquée pour son rôle d’artiste de music-hall dans Mademoiselle Vendredi de Vittorio De Sica, Anna Magnani s’impose vraiment dans l’univers du 7e art grâce à sa bouleversante composition de veuve dans Rome ville ouverte de Roberto Rossellini (1945) -elle approche alors la quarantaine. Devenue la compagne du réalisateur, elle est dirigée par celui-ci dans le diptyque L’Amore (1948), qui inclue le monologue de Cocteau La Voix humaine. Si son authenticité fait merveille dans les oeuvres néo-réalistes (L’ Honorable Angelina), l’actrice, très sollicitée, est toujours aussi à l’aise dans la comédie (Abbasso la ricchezza!). A la fin des années 40, elle reprend des rôles interprétés par la diva Francesca Bertini dans deux remakes de films muets.

Rossellini parti tourner Stromboli avec Ingrid Bergman, sa nouvelle conquête, Anna Magnani se venge en jouant dans Vulcano de William Dieterle en 1950. Elle fait bientôt deux rencontres majeures : Luchino Visconti, pour qui elle incarne une mère prête à tous les sacrifices dans Bellissima, oeuvre cruelle sur les rêves de célébrité ; puis Jean Renoir, qui lui offre le rôle de Camilla, comédienne de théâtre haute en couleurs dans Le Carrosse d’or, film incompris à sa sortie. Réclamée par Hollywood, la Magnani part y tourner La Rose tatouée, d’après une pièce écrite pour elle par Tennessee Williams. Ce nouveau personnage de veuve flamboyante lui permet d’être la première actrice italienne lauréate d’un Oscar en 1957. Elle sera ensuite la partenaire d’Anthony Quinn dans Car sauvage est le vent de George Cukor (1958) puis de Marlon Brando dans L’ Homme à la peau de serpent de Sidney Lumet (1960).

Poursuivant en parallèle sa carrière en Italie, elle incarne une nonne dans Suor Letizia (avec à la clé un Prix d’interprétation à Venise en 1956) avant de retrouver son vieux complice Toto dans une comédie signée Mario Monicelli (Larmes de joie, 1960) et de trouver son dernier rôle marquant, celui de Mamma Roma, prostituée en quête de rédemption, devant la caméra de Pier Paolo Pasolini en 1962. Les propositions intéressantes se font ensuite plus rares pour Anna Magnani, qui tourne de moins en moins. Appréciée pour ses prestations dans des téléfilms au début des années 70, elle joue son propre rôle dans Fellini Roma de Fellini en 1972. En 1973, des milliers d’Italiens assistent à l’enterrement de celle dont Tennesse Williams dira en 1988 : « Le visage d’Anna Magnani est celui de la réalité invincible, et sa beauté si profonde qu’il parait mêler la souffrance à l’extase. »

Silvana Mangano

Difficile d’oublier sa première apparition dans Riz amer, en short et haut moulant, et ces formes abondantes ! Fille d’une anglaise et d’un scicilien, elle a grandi dans la pauvreté.  Enfant elle a été formé à la danse mais fut mannequin avant d’avoir été élue Miss Rome. Ce qui la fait concourir à Miss Itaie, aux côtés de nombre de futures  Lucia Bosè (élue Reine), Gina Lollobridgida, Eleonora Rossi Drago, Eleonora Rossi Drago. A noter aussi que son premier amour fut Marcello Mastroianni, qui était alors, comme elle, inconnu.  Son mariage avec Dino De Laurentis (comme celui de Sophia Loren à Carlo Ponti ou celui de Cardinale avec Franco Cristaldi) joua dans sa carrière., laquelle fut riche. La première partie de sa carrière, où elle est une plantureuse jeune femme aux cheveux longs, la voit tourner pour De Sica, Monicelli, René Clément, Pasolini Visconti… Sa carrière peut se résumer par deux apparences différentes : la plantureuse jeune femme de Riz Amer, la maigre et élégante bourgeoise surmaquillée de Théorème, qui hante élégamment Mort à Venise.

Gina Lollobridgida

Fille d’un artisan, elle passe son enfance dans un petit village italien, puis entame des études de peinture et de sculpture. Après une brève carrière de modèle, elle participe à plusieurs concours de beauté et arrive troisième lors de la compétition de Miss Italie (ses deux rivales, Lucia Bose et Gianna Maria Canale, deviendront actrices elles aussi). Le cinéma italien ouvre les bras à la belle, qui y tourne une dizaine de films, ciné-romans et opéras filmés. Celle que l’on surnomme déjà  » Lollo  » en hommage à ses courbes généreuses devient la petite fiancée des français en jouant avec Gérard Philipe dans Fanfan la Tulipe en 1951 puis dans Les Belles de nuit deux ans plus tard.

Sa popularité augmente alors qu’une carrière internationale lui tend les bras : les cinéastes se l’arrachent, de John Huston avec Plus fort que le Diable à Carol Reed avec Trapèze ou Jules Dassin avec La Loi. Elle n’oublie cependant pas le cinéma italien, puisqu’elle sera La Belle Romaine pour Luigi Zampa, et jouera à quatre reprises pour son compatriote Luigi Comencini (Pain, Amour et Fantaisie, Pain, Amour et Jalousie, Les Poupees, Les Aventures de Pinocchio). Elle est connue pour être  » la meilleure chose qui soit arrivée d’Italie depuis les spaghettis « , talonnée de près par un autre brune de charme, Sophia Loren.

En 1956, Gina est l’inoubliable Esmeralda de Notre-Dame-de-Paris. Elle apparaît ensuite dans de nombreux genres et pour des metteurs en scène d’horizons différents : péplum chez King Vidor (Salomon et la reine de Saba), guerre chez John Sturges dans La Proie des vautours, mélodrame chez Robert Mulligan dans Le rendez-vous de septembre, comédie chez Frank Tashlin dans La Marine en folie, où elle se moque de son image de brune volcanique…tout est bon pour Gina ! Elle met sa carrière cinématographique entre parenthèses dans les années 70, pour se consacrer avec succès à la photographie, faisant poser des modèles aussi fameux que Paul Newman, Salvador Dali ou Fidel Castro.

Gina s’implique dans le milieu de la mode et du maquillage. Puis elle apparaît sur une scène où on ne l’attendait pas : la politique. Participant à la vie politico-sociale de son Italie natale, elle prend aussi le temps de jouer dans le film-hommage d’Agnès Varda, Les Cent et une nuits, aux côtés d’une autre icône du cinéma italien, Marcello Mastroianni. L’acteur était déjà son partenaire de La Loi, tourné quelques quarante ans plus tôt.

Lucia Bosè

Issue d’une famille modeste, Lucia Bosè entre à quatorze ans comme dactylo dans le cabinet d’un avocat. Elle devient ensuite vendeuse dans une pâtisserie. Une de ses amies envoie une photo de Lucia au comité d’un concours de beauté : elle franchit toutes les étapes jusqu’au titre suprême de Miss Italie 1947, malgré l’opposition de son père et de son frère. L’année 1947 est d’ailleurs à marquer d’une pierre blanche puisque Gianna Maria Canale, future reine des Amazones, arrive deuxième au concours et Gina Lollobrigida troisième.

Laurence Schifano, auteur de plusieurs ouvrages sur Luchino Visconti, éclaire d’une lumière plus intense et nuancée les débuts de Lucia :

« En entrant dans une pâtisserie de Milan (…) Luchino Visconti a remarqué une petite caissière de seize ans à la taille élancée, aux grands yeux mélancoliques, au maintien si racé qu’on la prendrait pour une Visconti. « Vous, lui a-t-il dit, vous ferez un jour du cinéma, j’en suis sûr. » Le lendemain, l’ami qui l’accompagnait revient […] : « Vous savez qui vous a parlé hier ?… Luchino Visconti… » Qui est Visconti, elle ne le sait pas, cette petite employée qui trime depuis l’âge de douze ans, qui est née dans une ferme des environs de Milan et a vécu son enfance dans la pauvreté et la peur des bombardements. Mon univers, dira-t-elle, se réduisait au comptoir d’une pâtisserie. L’évasion, pour moi, c’était la ligne 26, Monforte, Scalo, Porta Romana, Ripamonti, Porta Vigentina. Il y avait Sergio, mon premier amoureux, et l’Idroscalo (it). C’était tout. Jusqu’au jour, un an plus tard, où sa photographie s’étale en première page des journaux : elle vient d’être élue Miss Italie par le jury d’un concours de beauté présidé et financé par la GiViEmme, la célèbre firme de cosmétiques des Visconti. Du jour au lendemain, elle est couverte de cadeaux, d’invitations, de propositions. Le rêve de milliers de jeunes filles se réalise pour elle : 100 000 lires pour un sourire, raconte-t-elle… Un million et plus pour un beau visage… À l’époque, c’était la richesse, le succès. L’Italie, notre Italie d’alors vivait dans l’espérance du million capable de changer une vie… Sans aucun doute, c’est alors que naquit Lucia Bosè. Et que naquirent ses relations avec la famille Visconti : Edoardo [frère de Luchino] tombe amoureux d’elle, devient son amant. Luchino décide de lui faire tourner cette Chronique des pauvres amants que devrait financer son frère et qu’elle devrait interpréter au côté de Gérard Philippe et Marguerite Moreno. Mais les choses tournent mal, pour le film, et pour les amours de Lucia. Et Luchino la recueille chez lui, veille sur elle – elle souffre alors de tuberculose -, empêche Edoardo de la revoir… De la destinée de Lucia, quelque chose restera dans le futur Bellissima. »

— Laurence Schifano, Visconti, les feux de la passion, Flammarion 1989

Lucia Bosè tourne un essai pour Riz amer filmé par Giuseppe De Santis mais rate le rôle au profit de Silvana Mangano : l’héroïne, ouvrière des champs en short haut et ajusté, fait de Mangano une star internationale. Bosè débute au cinéma sous la direction du même réalisateur dans Pâques sanglantes (it:Non c’è pace tra gli ulivi), coscénarisé par Carlo Lizzani, au succès bien moindre.

C’est Michelangelo Antonioni qui la révèle, mystérieuse et émouvante dans sa réserve, dans deux joyaux méconnus, coécrits par Francesco Maselli. Pourtant, pour La Dame sans camélia, Antonioni souhaitait Gina Lollobrigida. L’actrice, consacrée par le nouveau cinéma italien, s’illustre encore dans Les Fiancés de Rome (Le ragazze di piazza di Spagna) de Luciano Emmer et Onze heures sonnaient de De Santis ; Mario Soldati, Giorgio Simonelli, Francesco Maselli la dirigent. Lucia est associée à plusieurs reprises au jeune premier Walter Chiari – à qui de brèves fiançailles l’unissent. Steno et Mario Monicelli, Francesco Rosi, Luigi Zampa, Ettore Scola participent à l’écriture de certains de ses films, dans ce temps de grande vitalité de la création cinématographique italienne.

En 1954, elle est éclipsée par une toute jeune Brigitte Bardot dans un mélodrame d’espionnage. L’année suivante, Lucia Bosè épouse le matador Luis Miguel Dominguin, qui vient de rompre avec Ava Gardner, et s’installe en Espagne. L’actrice travaille alors avec Juan Antonio Bardem (Mort d’un cycliste condamné par la censure franquiste) et Luis Buñuel. Après une apparition dans Le Testament d’Orphée de Jean Cocteau, Lucia Bosè se retire.

La mythique interprète d’Antonioni ne revient sur les écrans qu’en 1968, année de son divorce. Le fils issu de cet amour, Miguel Bosé, mène une carrière d’acteur et de chanteur en Europe, principalement en Espagne.

Certes l’ex-égérie du néoréalisme littéraire collabore de nouveau avec des compatriotes prestigieux : les frères Taviani et Federico Fellini, Mauro Bolognini à trois reprises, Liliana Cavani, au cinéma et à la télévision. Certes la rivale de Silvana Mangano, digne de succéder à Isa Miranda et Alida Valli, fréquente le meilleur cinéma d’auteur : Marguerite Duras, qui lui offre une improbable conversation avec Jeanne Moreau et Gérard Depardieu, Daniel Schmid, Jeanne Moreau (pour son film-essai sur les actrices Lumière) l’emploient. Certes l’icône joue George Sand, la comtesse Bathory, Dona Elvira dans L’Avare de Molière.

Cependant il manque à Miss Italie 1947 un premier rôle dans un film populaire. Lucia Bosè participe également au célèbre et polémique Chronique d’une mort annoncée de Francesco Rosi, cependant sa composition est reléguée au second plan. Discrète, comme elle était déjà à l’époque de sa gloire dans ses rôles les plus beaux, Lucia Bosè promène depuis quarante ans sur des écrans exigeants la nostalgie d’une époque bénie. Le cinéphile se souviendra de sa beauté ensorcelant Raf Vallone, Massimo Girotti ou Georges Marchal, dans Chronique d’un amour ou Cela s’appelle l’aurore

En 1981, elle chante sur un disque (‘Io Pomodoro’) au style minimaliste, pop et psychédelique, composé avec le musicien Gregorio Paniagua, alors en rupture de l’Atrium Musicae de Madrid (dont l’album ‘La Folia’, enregistré en 1980 pour Harmonia Mundi, ne sortira qu’en 1982).

Monica Vitti

Diplômée du conservatoire d’art dramatique de Rome, Monica Vitti tournera l’essentiel de ses films avec Antonioni, (dont elle était la muse, l’amante.) : L’Aventura, La Nuit, L’Eclipse, Le désert rouge, Le mystère d’Oberwald. Pour autant, cela ne la prive pas de tourner pour d’autres réalisateurs tels que René Clair, Vadim, Monicelli, De Sica, Scola, Dino Risi, Sordi, Bunuel, Joseph Losey.

Virna Lisi

Tantôt brune, tantôt glaciale blonde platine, la très belle Virna Lisi connaîtra une véritable consécration tardive, dans le rôle de Catherine de Medicis dans La Reine Margot. Elle recevra pour ce rôle le prix d’interprétation à Cannes mais aussi  le César du meilleur rôle féminin. Auparavant, elle aura débuté dans des films s’intéressant à son physique, puis avec des réalisateurs tels que Risi, Monicelli, Bolognini. Par la suite, elle fera une carrière éclair à Hollywood  (comment tuer sa femme, surtout pas avec sa femme). Mais être un avatar de Marilyn Monroe ne l’intéresse pas et sa carrière se fait plus européenne : Eva de Joseph Losey (1962) ou Les Bonnes Causes (1963), on la retrouve ensuite dans La Vingt-cinquième heure (1967) puis Le Serpent (1972) d’Henri Verneuil, Le Secret de Santa Vittoria (1969), L’Arbre de Noël (1969), Le Temps des loups (1970), Un beau monstre (1970), Barbe-Bleue d’Edward Dmytryk avec Richard Burton et Raquel Welch (1972), notamment. Dans les années 70 -80, voulant se consacrer à sa famille, on la voit moins, mais elle joue quand même pour Liliana Cavani, Albberto Lattuada (La Cigale, pour lequel elle aura un David di Donatello -équivalent du César en Italie),  Comencini.  Avant de revenir sur la scène mondiale avec La Reine Margot.

Stefania Sandrelli

Comme beaucoup de ses consœurs, elle a d’abord été connue comme Miss, à l’âge de 14 ans. Si elle est connue en France pour Mariage à l’italienne, Le Conformiste ou La clef ou Nous nous sommes tant aimés, elle est considérée comme l’actrice italienne la plus importante avec Loren et Cardinale. Bien qu’elle ait débuté à 15 ans, en 1961,  sa carrière atteindra son apogée dans les années 70, 80 et 90. Elle tournera trois fois pour Bertolucci (1900 et Partner, Beauté Volée  en plus du Conformiste) et d’autres grands noms italiens : Scola, Comencini, Brass, Monicelli… Côté français elle tournera pour Corneau, Mocky, Melville, Berri, Chabrol, Trintignant, Granier-Deferre. Contrairement à d’autres, sa carrière ne s’est pas enrayée à un certain stade et elle a eu l’intelligence d’aller tourner en dehors du binome italo-français : Jambon, Jambon de Bigas Luna, Un film parlé de Manuel De Olivera. En 2005, elle reçoit le Lion d’Or, pour toute sa carrière à la Mostra de Venise. Elle tourne toujours actuellement.

 

Laura Antonelli

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le destin de Laura Antonelli est sans doute le plus tragique de ces étoiles italiennes. Bien qu’elle ait débuté en 1965 elle sera révélée au grand public dans Ma femme est un violon, où son corps dénudé est notoirement mis en avant. Mais ce sera Malicia qui fera d’elle une star. Les films qu’elle tournera par la suite mettront toujours en avant sa nudité, sa plastique et son sex-appeal, qu’on la voie chez  Dino Risi  (Sexe Fou, Les Derniers Monstres), de Scola (Passion d’amour), Comencini (Mon Dieu Pourquoi suis tombé si bas ?), de  Chabrol Docteur Popaul ,  chez Griffi, (Divine Créature),  ou même Viconti (L’innocent)-ce dernier n’étant pourtant pas enclin a filmer ses acteurs frontalement et ostentatoirement nus ! A la ville, elle sera durant 7 ans la compagne de Belmondo. La carrière d’Antonelli chute à partir de 1985 et son dernier grand film sera La vénitienne de Bolognini. 1991 sera une année maudite. Après que la police ait découvert de la cocaïne chez elle, elle sera condamnée en première instance à 3 ans et 6 mois de prison -la procédure durera jusqu’à 2000. Par ailleurs, toujours en 1991, elle tourne la suite du film qui l’a consacrée : Malicia 2000. Elle fait des injections de collagène qui tourneront au désastre : une forte allergie lui laissera, sur le visage, des séquelles plus ou moins réversibles. Elle intentera un procès au réalisateur et au producteur du film. En 2011, la presse et le public découvre qu’elle vit obèse dans l’indigence, dévouée à la religion à demi folle et oubliée de tous.  C’est l’acteur Lino Banfi qui l’a retrouvée par hasard et a écrit une lettre ouverte le quotidien Il Corriere della Sera, réclamant aux pouvoirs publics l’application d’une loi en faveur des indigents du monde de l’art et du spectacle. On apprend par ce nouveau coup de projecteur qu’elle est sous tutelle. Aux journalistes qui appellent chez elle, elle dit : « Laura Antonelli n’existe plus ! » Quand elle a croisée Lino Banfi, elle lui a dit : « Tu as vu comme la vie a été méchante avec moi ? » Elle mourra  quatre ans plus tard, le 22 juin 2015.

Ornella Muti

Marco Ferreri la comparait, dans l’aspect pur et naïf de sa personnalité, à un personnage de Walt Disney. Ornella Muti est Napolitaine par son père et estonienne par sa mère. Rêvant d’être danseuse elle devient mannequin à l’âge de 14 ans. Elle débute sa carrière d’actrice en 1970 avec Seule contre la Mafia. Ferreri lui offrira trois rôles marquants dans La dernière femme, Contes de la folie ordinaire et Le futur est femme.  Pareillement, Dino Risi fera plusieurs fois appel à elle pour La chambre de l’évêque et Dernier amour et Les nouveaux monstres. Romances et Confidences de Mario Monichelli est un autre jalon important de sa carrière. Elle sera une Delon’s girl dans Mort d’un pourri. Muti est si connue pour sa beauté qu’on entend dans Ma femme s’appelle reviens « C’est pas Ornella Muti » pour dire d’une femme qu’elle n’est pas belle. Elle sera d’ailleurs élue plus belle femme du monde en 1994 par les lecteurs du magazine Class. A noter dans sa biographie qu’elle a été maman très jeune, à l’âge de 18 ans, sa fille, Naike Rivelli, interprétera le propre rôle de sa mère jeune dans le téléfilm Le comte de Monte Cristo. Si la carrière de Muti dans les années 90-2000 est moins intéressante pour les cinéphiles, on notera le génial Pour rire ! de Lucas Belvaux, et ses participations au Livre de Jérémie d’Asia Argento et à To Rome with love de Woody Allen.

Laura Morante

Fille d’un grand journaliste italien, Laura Morante est née dans une famille comptant huit enfants. Ancienne danseuse, elle monte très tôt sur les planches, avant de commencer sa carrière au cinéma sous la direction des frères Bertolucci. Giuseppe Bertolucci d’abord, dans Une femme italienne (1981), puis Bernardo Bertolucci pour La Tragédie d’un homme ridicule (1981). Son entrée dans le monde du septième art est des plus réussies, puisque ces deux films sont présentés à Cannes. La même année, elle est à l’affiche du Sogni d’oro de Nanni Moretti. Son personnage de Silvia vit une relation amoureuse difficile avec un réalisateur du nom de Michele, un rôle joué par Moretti lui-même, qui officie devant et derrière la caméra.

Leur relation de travail s’avère beaucoup plus calme que leurs aventures à l’écran. En effet, le cinéaste la fait tourner dans deux autres de ses œuvres. En 1983, elle est Bianca, une jeune femme professeur de français épiée par un voisin – toujours incarné par Nanni Moretti -, suspecté de meurtres. Dernière collaboration en date, La Chambre du fils (2001), film dans lequel elle joue l’épouse du réalisateur, confrontée à la mort d’un enfant. Le long métrage remporte un grand succès critique et Laura Morente est saluée pour sa prestation. Nommée à de nombreux prix, elle remporte un David de la Meilleure actrice (l’équivalent d’un César en Italie). Plus généralement, sa collaboration avec Nanni Moretti lui apporte une certaine renommée internationale qui lui ouvre les portes du cinéma européen.

Dès le milieu des années 80, sa carrière se partage entre son pays natal et la France (elle déménage à Paris). Portée vers le cinéma d’auteur et très scrupuleuse quant au choix de ses scénarios, elle privilégie les productions intimistes. En France, Laura Morante tourne notamment sous la direction d’Elie Chouraqui (1987, Man on fire) et de Pierre Granier-Deferre (1992, La Voix). Lorsqu’elle s’embarque sur la croisière de La Femme fardée (1990, adapté du roman éponyme de Françoise Sagan), elle joue avec les plus grands, dont Jeanne Moreau, Jacqueline Maillan et André Dussollier. Quand elle n’apparait pas sur le grand écran, elle s’illustre à la télévision dans des téléfilms exigeants. Elle est ainsi Lucie Dreyfus, la femme du capitaine, dans L’Affaire Dreyfus (1995), une réalisation signée Yves Boisset.

A l’aube des années 2000, elle tourne dans La Folie des hommes (2001, Renzo Martinelli) avec Michel Serrault et Daniel Auteuil, et dans le premier film de John Malkovich (2002, Dancer upstairs), un thriller politique où elle croise Javier Bardem. Elle amorce un virage vers une production d’action, L’Empire des loups (2004), porté par Jean Reno. Mais il ne s’agit que d’une parenthèse. Par la suite, Laura Morente rejoint le casting quatre étoiles de films chorals français (Fauteuils d’orchestre de Danièle Thompson, Cœurs d’Alain Resnais). Et comme il n’y a qu’un pas du film choral au théâtre, elle interprète Elmire Jourdain dans le Molière campé par Romain Duris. En 2012, avec La Cerise sur le gâteau, elle passe pour la première fois derrière la caméra. Mais la réalisatrice débutante ne délaisse pas pour autant la comédie, puisqu’elle tient le rôle principal de son propre film. Avec le personnage d’Amanda, elle se glisse dans la peau d’une femme qui souffre… d’androphobie.

Monica Bellucci

Monica Belluci a commencé par des études de droit. Pour payer ses études elle devient mannequin.  Elle rencontre un si grand succès dans ce « petit job » qu’elle devient top-model. Durant sa carrière de mannequin on la voit notamment dans le Dracula de Coppola et  un téléfilm de Dino Risi. L’appartement, qu’elle tourne à l’âge de 30 ans, marque ses vrais début au cinéma. A dater de ce moment, elle enchaînera les films à travers le monde. Ses films les plus marquants : Dobermann, Suspision, Malena, Asterix et Obelix, Irréversible, Souviens-toi de moi, Matrix Reloaded, Matrix Revolution, La passion du Christ, Combien tu m’aimes ?, Le deuxième souffle, Ne te retourne pas, Un été brûlant, 007 Spectre.

Maya Sensa

Maya Sensa est mi iranienne mi italienne et est née en 1975. Formée au théâtre, elle obtient son premier rôle via Bellochio : La Nourrice. C’est en 2004, dans un film du même réalisateur, qu’elle se fera vraiment remarquer : l’inoubliable Buongiorno, notte. Elle vit actuellement à Paris et a été beaucoup vue dans des films français : Les femme de l’ombre, Villa Amalia, Voyez comme ils dansent, Alceste à Bicyclette. Elle a retrouvé Bellochio pour un troisième film en commun en 2012 : La belle endormie.

Ottavia Piccolo

Elle est connue surtout en France pour avoir joué dans Mado de Claude Sautet et Bubu de Montparnasse de Bolognini. Pourtant elle a tourné dans 45 films, dont Le Guépard de Visconti, La veuve Couderc de Pierre Granier-Deferre, L’histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-Chemise de Nina Companez (le dernier film de Bardot) et a été trois fois sous la caméra de Bolognini ! Elle a remporté le prix d’interprétation à Cannes en 1970 pour son rôle dans Metello. Elle est par ailleurs connue pour être la doublure voix, en Italie, de la Princesse Leia –Star Wars.

Valeria Golino

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous l’avez sans doute vue dans Rain Man, Hot Shots 1 et 2 ou La putain du roi (ou pour l’anecdote, elle remplace Adjani)… Née  en 1966, moitié grecque moitié napolitaine, mannequin avant d’être actrice, Valeria Golino obtient le prix d’interprétation à la Mostra de Venise au bout de 3 ans de carrière, pour Storia d’Amore. Ensuite elle entame une carrière Hollywoodienne. On la retrouve ensuite dans des productions européennes. Elle fait une apparition très savoureuse en semi Monica Belluci dans Les Beaux Gosses. Elle passe à la réalisation en 2013 avec Miele, présenté à Un Certain Regard, à Cannes.

Asia Argento

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fille du réalisateur Dario Argento et de l’actrice Daria Nicolodi, Asia Argento commence sa carrière d’actrice à… 9 ans. On la remarque, encore enfant dans Palombella Rosa de Nanni Moretti. Jeune fille elle tient un rôle très marquant dans Les amies de coeur de Michele Placido. Son rôle dans La Reine Margot marque les esprit bien qu’il ne s’agisse pas d’un rôle principal. A la même époque, on la retrouve dans les films de son père, Le syndrome de Stendhal, Le fantôme de l’opéra. A l’image d’une Marilyn Monroe ou d’un Michael Jackson, Asia décide au début de la vingtaine de se forger un personnage : cheveux au carré teints en noir corbeau, lèvres écarlates, tatouages, attitude trash et provocatrices. C’est ce personnage qu’on retrouve dans New Rose Hotel, de Ferrara (ou elle récupère le rôle de Virginie Ledoyen) ou Scarlett Diva, film semi autobiographique qu’elle a elle-même réalisé.  C’est ce personnage qu’on retrouvera dans XxX, Last Days, Marie-Antoinette, Transylvania, Boarding Gate, Une vieille maîtresse. Elle a réalisé trois longs-métrages -Scarlett Diva donc, mais aussi Le livre de Jérémie et L’incomprise-, a publié un livre -Je t’aime Kirk- et mixe ou chante à ses heures perdues.

Jasmina Trinca

Toute jeune, Jasmine fréquente assidûment la salle de cinéma de son quartier. Salle gérée par Nanni Moretti, qui forme sa culture ciné pour la fait tourner dans La chambre du fils. Deux ans après, Nos meilleurs années de Giordana la lance. Elle tourne Romanzo criminale (M.Placido) et retrouve Moretti pour Le Caïman. L’appolonide, Une autre vie, Miele et Saint Laurent font partie de ses autres films notoires.

Valentina Cervi

Petite-fille de Gino Cervi (Peppone dans Don Camillo) et fille de producteur, Valentina Cervi est née en 1976.  Elle début à l’âge de 10 ans, en 1986,  dans Poratmi la luna. Elle se fait remarquer internationalement dans Portrait de femme de Jane Campion et Artemisa d’Agnès Merlet, en 1996. En France on la remarque dans Rien sur Robert ou Sensa.  On l’a vue dans Jane Eyre (2011) mais aussi dans la série True Blood.

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