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Wolfram de Warwick Thornton

Mis à jour le 19 février, 2026

Un film de Warwick Thornton

Avec: Deborah Mailman, Eloise Hart, Hazel May Jackson, Pedrea Jackson, Thomas M. Wright, Erroll Shand, Joe Bird, Matt Nable, John Howard, Ferdinand Hoang

À la frontière coloniale de l’Australie des années 1930, deux hors-la-loi arrogants font leur apparition dans une ville minière et déclenchent une vague de violence. Deux frères et sœurs saisissent l’occasion de fuir les surveillants blancs qui les ont forcés à travailler dans les mines. À la recherche d’une protection et d’un moyen de rentrer chez eux, ils traversent le « Sweet Country » de l’Australie centrale. Le film se déroule dans le même décor que Sweet Country, le film plusieurs fois primé de Thornton sorti en 2017, et séduit par les performances exceptionnelles de Deborah Mailman et des jeunes acteurs et actrices dans les rôles des frères et sœurs, qui doivent compter les uns sur les autres alors qu’ils cherchent la vérité sur eux-mêmes et leur famille, échappent à un cauchemar et nouent des liens inattendus sur le chemin de la liberté. Wolfram est un western de l’Outback, mais aussi un drame historique sur la survie, la vengeance, la résilience et l’amour.

Notre avis : ★★

Warwick Thornton, qui obtint la caméra d’or en 2009, propose avec Wolfram un « Eastern » appliqué, patiemment construit, qui cherche à raconter à la manière de, la création d’une nation, l’Australie, cousine des Etats-Unis, avec ses spécificités. La forme Western s’y prête allègrement, notamment en ce qu’elle permet de faire ressortir toute la violence de l’acte coloniale, toute la mentalité également des colons qui cherchent à s’établir, puis à faire régner leur loi, pour petit à petit pacifier la société, ou plus exactement, en avantageant outrageusement et protégeant les colons de tout esprit de rébellion qui pourrait naturellement naître face à l’acte invasif. De fait, le film évoque des thématiques d’hier hélas toujours d’actualité, revenant même sur le devant de la scène et désormais rendus (dans les discours autorisés) acceptables par réflexes conservateurs, notamment en insistant sur le racisme très primaire et naturel, sur l’esclavagisme, et la hiérarchisation des être humains. Bénéficiant d’un rythme patient, Wolfram se regarde plutôt avec intérêt, même si ses qualités deviennent rapidement ses défauts et limites; le film distille poliment, sagement, tranquillement un message, en même temps qu’il raconte son histoire relativement peu mystérieuse, malgré le secret dévoilé dans son final, à la portée relativement faible du fait de l’écrin général, trop propre et codifié, à l’instar de son titre (Wolfram/Tungstène), sans grand relief.

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