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Truly Naked de Muriel d’Ansembourg

Mis à jour le 23 février, 2026

Un film de Muriel d’Ansembourg

Avec: Caolán O’Gorman, Andrew Howard, Safiya Benaddi, Alessa Savage, Lyndsey Marshal, Juliet Aubrey, Cameron King, Hana Hrzic, Kate Kennedy, Helena Braithwaite

Pour Alec, qui vit seul avec son père Dylan, acteur X, le désir se confond avec le porno. Son quotidien devient de plus en plus difficile à dissimuler lorsqu’il se rapproche de Nina, une camarade de classe. Pour s’ouvrir à ses sentiments, Alec devra se libérer et accepter de se mettre à nu.

Notre avis : ★★

Un sujet relativement rare, et un angle intéressant, pour un film à mi-chemin entre une comédie romantique coming-of-age, un drame social à l’anglaise, un documentaire sociétal, trois films en un traités avec sincérité et psychologie. Toute proportion gardée, nous sommes un peu à la croisée entre Todd Solondz, Ken Loach et Coralie Trin-Hi ou Ovidie. Ici, le sulfureux sert de décor, de milieu, de caractère différenciant, de marqueur social. La misère sociale d’Alec vient de sa condition, beauf, celle de son père toxique mais intentionné, qui pour gagner sa vie n’a jamais connu que le milieu du porno, dans lequel il s’enfonce, et auquel il raccroche. Alec, son fils, présente une nature autrement plus respectueuse, tendre et sensible, même s’il ne lui viendrait pas à l’esprit de condamner moralement les agissements de son père, il s’en accomode, avec une certaine fatalité, mais aussi une part d’innocence. Ce portrait d’un jeune homme déboussolé, livré à lui même est celui que brosse Muriel d’Ansembourg, et pour mieux le faire ressortir, et brouiller les pistes, elle entraîne son jeune homme dans une histoire d’amour simple et sincère, sujet à comédie romantique. Le film entretient par nature un mystère, un équilibre entre ses deux composantes en apparence antagoniste, Alec marchant sur un fil va-t-il entraîner avec lui la jeune Nina, qui elle aussi aspire à échapper ou à s’évader de son climat familial. Deux cœurs brisés, deux adolescents en marge et faiblement intégrés à l’école, très attirés l’un par l’autre, qui s’épaulent, se comprennent et aspirent à vivre pleinement leur histoire. De ce fil narratif simple et efficace s’extirpe cependant la dimension sociale, voire documentaire, autour du milieu pornographique, à la manière par exemple de Virginie Despentes, un regard sincère. Les bons côtés du père sont mis en avant, la caméra ne se veut pas uniquement présente pour porter un message, en l’occurrence plutôt critique sur les agissement du père, elle cherche aussi à capter l’envers du décor, un père qui, malgré tout, éduque son fils selon ses propres codes, avance avec lui comme il avancerait avec ses amis dans la vie, luttant avec lui contre l’adversité sociale, cherchant à se sortir de la misère par tout moyen. Le film en cela, au delà de quelques scènes crues (et pour certaines drôles) légèrement provocatrices liés au métier du père, dénonciatrices, raconte aussi quelque chose de notre époque de plus large, ou pour subsister, gagner de l’argent, chacun se voit de plus en plus livré à lui même, de plus en plus isolé. Pour s’en sortir, Alec devra nécessairement s’affranchir de son père, et trouver sa voie, dans l’adversité sociale, puisque sans aucun appui.

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