Mis à jour le 19 février, 2026
Un film de Tizza Covi, Rainer Frimmel
Avec: Alois Koch, Brigitte Meduna
Le musicien de blues Al Cook vit dans un appartement rempli de souvenirs. Dehors, le monde continue de tourner sans lui. Mais lorsque son logement est condamné à la démolition, un rêve longtemps oublié refait soudainement surface parmi les ruines de son existence.
Notre avis : ★★★
S’inspirant très fortement d’un personnage, de son identité, de son histoire personnelle, se jouant avec brio de ce que permet la fiction quand elle se situe au plus près du réel, quand elle puise sa nature dans le documentaire, reconstitue avec poésie et application tout un univers, en le sublimant quelque peu, The Loneliest Man in Town de Tizza Covi et Rainer Frimmel, dés ses premiers plans séduit par son regard, posé, affirmé, bienveillant. Nous sommes aux côtés d’Al Cook (Alois Koch), et non à distance de lui, au plus proche de son univers, tout entier consacré au Blues, avec constance et érudition. Un personnage, que la caméra suit dans une fiction, taillée pour lui, car très proche de sa véritable histoire, de qui il est, de sa gestuelle et de ses souvenirs. L’entreprise rappelle très fortement ce qu’a pu faire Kaurismaki avec Little Bob (Le Havre), ou les Leningrad Cowboys (Leningrad Cowboys Go America), ce qu’a pu faire Jarmush avec Iggy Pop et Tom Waits (Coffees and Cigarettes) , ou encore Paul Auster et Wayne Wang (Smoke, Brooklin Boogie), rendre grâce, par le truchement de la caméra et des instants choisis, triés sur le volet pour ce qu’ils renferment de simplicité, à une figure locale, à un ami. The Loneliest Man in Town touche juste, fait parler les objets, transmet une passion vintage qui anime naturellement Alois Koch, jusqu’à son humour, ses quelques anecdotes normalement tout droit sortis de la biographie de ce dernier. Fin, élégamment mis en scène, à l’atmosphère empreinte du blues si cher à son protagoniste, jamais vide mais toujours épuré, le film séduit également en ce qu’il adopte un regard qui ne soit ni théorique, ni moralisateur, mais rock’n’roll sans considérations bourgeoises, dans une compétition berlinoise où de trop nombreux films à messages, à sujets, voire à questions, ou s’intéressant à une population semblant hors monde (le bourgeois gaze) aux formes le plus souvent appuyées – voire faussement provocatrice, ont trouvé place.






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