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Forêt Ivre de Manon Coubia

Mis à jour le 23 février, 2026

Un film de Manon Coubia

Avec: Anne Coesens, Salomé Richard, Aurélia Petit

Les trajectoires croisées de trois femmes se relaient dans un refuge de montagne dont elles assurent le gardiennage. Au fil des saisons, au cœur de cette nature immense, les rencontres se multiplient, les liens se nouent et se dénouent. A travers ces trois portraits intimistes, le film observe le temps d’une saison des femmes qui ont choisi de s’extraire du monde d’en bas.

Notre avis : ★★★★

Forêt ivre fait indéniablement partie de nos coups de cœur de cette édition Berlinoise et a fortiori de la sélection Perspective, le jury ne s’y est d’ailleurs pas trompé en lui décernant une mention spéciale. (Interview à venir). Le film articule 3 portraits doux amers, de trois femmes, dans un même lieu, un refuge de montagne, dans une temporalité rapprochée (chacune sa saison). Il cherche à savamment, nous raconter quelque chose d’universel, de féminin probablement, qui traverse des destins à la fois ordinaire et à la marge. Il questionne le rapport au lieu, un refuge de montagne, son Histoire, qui parfois, renvoie à l’histoire personnelle de ses hôtes. Des personnages en transit, ou en errance pour certains, amenés à se rencontrer, à se parler par la force des choses, et à s’ouvrir les uns aux autres, avec simplicité, et réconfort. D’un principe très épuré, Manon Coubia, parfaitement aidée par ses trois excellentes actrices Anne Coesens – avec qui la réalisatrice travaille pour la première fois-, Salomé Richard et Aurélia Petit -avec lesquelles elle a déjà collaboré dans ses courts métrages précédents-, mais aussi par ses personnages masculins (dont l’un est interprété par Yoann Zimmer lui aussi déjà aperçu dans ses précédents travaux) touche, par sa minutie, son regard bienveillant et apaisé, son rythme idoine, et par sa capacité à transformer de petits riens en bouffée d’espoir, en éléments moteurs d’une réparation à venir, sa capacité à faire ressortir des personnalités, avec profondeur. De ce temps suspendu, de cet instant de transit (le film nous rappelle tout aussi bien Transit de Christian Petzold qu’Akerman), de ce triple portrait qui pourrait n’en être qu’un seul (celui de Manon Coubia) s’échappe naturellement dans ses premiers instants introspectifs, une douce mélancolie, qui peu à peu, mécaniquement et de façon fluide, laisse place à un retour au social, à la vie, à l’ouverture, un peu à l’image de la Nature.

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