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Wild Horse Nine de Martin McDonagh

Un film de Martin McDonagh

Avec: John Malkovich, Sam Rockwell, Steve Buscemi, Parker Posey, Tom Waits, Mariana Di Girolamo, Paola Giannini, Ailín Salas, Samuel Wayt

Peu avant le coup d’État chilien de 1973, deux agents de la CIA, Chris et Lee, sont envoyés de Santiago vers l’île de Pâques par leur supérieur, MJ. Au milieu des statues emblématiques de l’île, tandis que ces partenaires de longue date sont confrontés à leur sombre passé et aux complots en cours, Chris noue une relation avec deux étudiantes rebelles qui menace de faire basculer dans le chaos leur séjour dans ce paradis isolé…

Notre avis : ★★(★)

Wild Horse Nine nous divise. Nous y retrouvons un excellent John Malkovitch, qui travaille sa diction et son flegme (britannique plus qu’irlandais ?) en permanence pour donner du relief – et de la sympathie – à son personnage d’ancien agent FBI à la santé mentale binaire – des intuitions géniales, du vécu géopolitique, des souvenirs précis, qui côtoient une perte mémorielle, une perte totale de filtre propres à la démence, dans un récit de McDonagh pourtant moins caricatural que ses précédents films. Toujours malin, mais moins appuyé, moins burlesque, basé sur un procédé comique qui a fait ses preuves de longue date, le duo contrasté, les personnages éhontés. Wild horse nine s’aventure à marier la petite histoire avec la grande, à traiter une question sociétale moderne (l’accompagnement à la fin de vie), tout en allant photographier l’île de Pâque, aux paysages hautement cinégéniques. Divertissant, bien rythmé à défaut d’être parfaitement subtil, ou pleinement comique, et dans l’ensemble réussi, en ce qu’il parvient à sensibiliser et à en dire un peu plus que ses précédentes comédies; tout en restant très artificiel, un équilibre s’installe entre les moments prévus pour être idiots, purement divertissants, et ceux qui visent un peu plus à sensibiliser sur les questions que le film soulève, qu’elles soient politiques ou sociétale, McDonagh se gardant bien ceci dit de jouer les intellectuels donneurs de leçon, ou de se placer en moraliste, sa posture reste limpide, celle d’un metteur en scène partageant un spectacle pour faire sourire.

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