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L’inconnue d’Arthur Harari

Un film d’Arthur Harari

Avec: Léa Seydoux, Niels Schneider, Victoire du Bois, Lilith Grasmug, Valérie Dréville, Shanti Masud, Alexandre Pallu, Radu Jude

À bientôt 40 ans, David Zimmerman est photographe mais personne ne le sait. Alors qu’il ne sort presque jamais de chez lui, des amis le traînent dans une fête insensée. Il y repère une femme dans la foule, ne peut en détacher le regard, la suit… Au coeur de la nuit, sa vie bascule. David se réveille… dans le corps de l’inconnue.

Notre avis : ★★★

Perché quelque part entre une production de Kiyoshi Kurosawa qui chercherait à exploiter une idée originale de Quentin Dupieux et dans une moindre mesure une réalisation qui s’essaie à reproduire une observation sociétale qu’aurait pu porter Krzysztof Kieślowski sur notre époque, L’inconnue d’Arthur Harari semble longtemps valoir essentiellement pour son concept mystérieux et schizophrénique (métaphore?) autour de la question d’identité. En parvenant dans son second tiers à le ramifier puis à le résoudre dans son final, Harari réussit à diffuser, en un geste symbolique, une interrogation politique voire sociétale, qui justifie les espoirs que nombre de critiques et spectateurs placent en lui. Outre cet art du rebond, il convient de souligner les transformations physiques opérées par les deux interprètes principaux, Léa Seydoux et Niels Schneider, tous deux très investis et parfaitement dirigés pour que leur regard et leurs gestes traduisent leurs angoisses et autres perditions. Si la forme peut sembler en retrait, elle vise juste. A la manière de Kieślowski ou du cinéma américain des années 70, la scénographie s’appuie non pas sur d’incessants ou d’ambitieux mouvements de caméras, des plans larges ou des séquences au cordeau, mais sur le rapport que l’œil du spectateur entretient naturellement avec celui derrière la caméra, mais aussi celui des protagonistes. Place donc aux zooms fluides et alentis, aux focus progressifs pour mieux ressentir la déformation du réel. Sciemment Harari verse dans un récit aux milles interprétations; lors de la séance officielle à Cannes, ses premiers mots anticipent que critiques comme spectateurs tenteront de lui faire avouer le message subliminal, d’autant que pléthore y vont déjà de leurs certitudes (transsexualités, identité sexuelle), dont nous ne sommes pas exempts quand nous avançons la question psychiatrique. Tout ceci pourrait relever de la seule malice, si nous n’y avions déceler une connaissance fine, voire intime, et que nous suspections assez fortement que ce message s’inscrive en premier dans un registre personnel plutôt qu’universel, le paradoxe demeurant que l’inverse pouvant tout aussi bien s’affirmer. Mystère, mystère. (à conserver)

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