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Histoires parallèles d’Asghar Farhadi

Un film d’Asghar Farhadi

Avec: Isabelle Huppert, Virginie Efira, Vincent Cassel, Pierre Niney, Adam Bessa, Catherine Deneuve, India Hair

En quête d’inspiration pour son nouveau roman, Sylvie espionne ses voisins dans l’immeuble d’en face. Quand elle engage le jeune Tomek pour l’aider dans son quotidien, elle ignore que celui-ci va bouleverser sa vie et son travail jusqu’à ce que la fiction qu’elle avait imaginée dépasse leur réalité à tous.

Notre avis : ★★★

Pour Histoires parallèles, Asghar Farhadi emprunte son histoire à Krzysztof Kieślowski, au décalogue sur commande du fidèle scénariste du maître polonais – dont Fahradi nous apprend le décès qu’il a lui même appris par un sms reçu alors qu’il montait les marches … le film autocite une autre de ses références, du côté de Simenon (Mr Hire), en cela, nous escomptond un cinéma « moral ». Fahradi opte d’emblée pour une forme chorale, use d’une image qui se joue des fenêtres et des miroirs pour observer à distance, instaurer cette distance avant de déployer un récit dont il possède le secret, démultiplié, ramifié par strates et de tout son long. Plus que la morale, il nous surprend en interrogeant la porosité entre fiction et réalité, le pouvoir insoupçonné de l’imaginaire à pouvoir contaminer le quotidien. Isabelle Huppert fait de l’Huppert, portant la fantaisie avec tout le talent qu’on lui connaît, Adam Bessa captive par sa patience, son attitude et son jeu empli de mystères, Virginie Efira ne dépareille pas et même Pierre Niney ou Vincent Cassel rentrent bien dans leur personnage. Un très bon cru pour Farhadi qui, pour la première fois, réussit un film à l’étranger, puisant son inspiration dans une forme contrainte qui lui réussit d’autant mieux que le modèle de départ, Le Décalogue, mais aussi Rouge de Krzysztof Kieślowski (le rôle d’écrivain misanthrope dévolu à Isabelle Huppert prolonge celui du voisin solitaire et acariâtre de Rouge qui revenait à Trintignant), rejoint quelques-unes de ses propres obsessions. Qu’il est agréable enfin que Farhadi évite frontalement le propos politique, – en second plan les observations et écoutes téléphoniques renvoient ceci dit, comme pour Rouge, au contrôle exercé par un État qui se méfie de ses concitoyens mais ils renvoient aussi au travail du cinéaste ou écrivain pilleur- ou le thriller sans sèves, et parvienne ainsi à prendre de la hauteur.

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